Image étude linéaire Baccalauréat
Zone Apollinaire Etude Linéaire

Ne pas oublier de rajouter le numéro des lignes pour les citations du texte.

Etude linéaire de « Zone » extrait d’Alcools, de « A la fin… » à « avenue des Ternes », Guillaume Apollinaire, 1913.

Plan:

1 er mouvement: Le rejet d’un monde ancien.

2 ème mouvement: Un manifeste pour une poésie du quotidien.

Le XX ème siècle sera celui de la modernité. Guillaume Apollinaire, écrivain engagé, publie son recueil Alcools en 1913. Ce recueil regroupe des poèmes rédigés entre 1898 et 1912. Dans ce recueil, l’auteur développe les thèmes du poète mal-aimé, et du temps qui passe. En 1912, Apollinaire lit à ses amis le poème qui porte pour le moment le titre « Cri », qui prendra plus tard le nom de « Zone ». En tête d’ouvrage, le poème constitue un manifeste pour un art poétique de la poésie moderne, en vers libres. La poésie traditionnelle est mise au ban pour mieux annoncer et annoncer de nouveaux thèmes, une nouvelle façon d’écrire. La ville, associée au monde moderne et à l’industrialisation, est un thème majeur de ce poème et traduit ici aussi une volonté de renouvellement. Mais de quel renouvellement parle t-on? Quelle forme de modernité l’auteur cherche t-il dans Zone? Dans un premier temps, nous verrons qu’Apollinaire rejette un monde ancien. Dans un second temps, nous verrons qu’il prône un manifeste pour une poésie du quotidien.

1 er mouvement: Le rejet d’un monde ancien.

  • L’adverbe de temps des premières lignes peut surprendre: « A la fin », placé au début du poème, nous interpelle. De quel « monde ancien » parle t-on? La deuxième personne du singulier « tu » semble elle aussi étrange : qui est ce « tu » ?  Le poète semble se parler à lui même, imaginant un double, un pastiche: une chose reproduite à l’identique.
  • La Tour Eiffel est ici personnifiée, elle est la « bergère » du « troupeau des ponts ». Ici les ponts de Paris sont vus comme de petits animaux placés les uns derrière les autres. L’image est claire et frappante. La métaphore sonore sera reprise dans la suite du poème.
  • Le vers suivant confirme et amplifie le rejet du monde classique « tu en as assez », la modernité arrive.
  • Mais le poète parle bien d’ »ici ». Le vers suivant exprime le désir du poète de se projeter dans un monde encore plus neuf. Les « automobiles » ont l’air d’être « anciennes», l’adjectif attribut plaçant la vision sous le signe du doute. Le trouble sur les époques est bien net: la situation d’énonciation est difficile à identifier.
  • Le poète s’intéresse maintenant à l’institution de « la religion ».
  • Le champ lexical de la religion est ici présent: le christianisme, puis le pape Pie X. Le christianisme est invoqué grâce au « ô » interpellant la religion. Un peu d’histoire de la technique nous permet d’expliquer ce lien entre la religion et l’aviation. En 1912, le pape bénit les trajets en avion. Un aviateur se posa même au vatican. L’adjectif  « moderne » peut ainsi être placé en début et en clausule du vers. D’ailleurs, le poète change de point de vue, il passe d’« Europe » à « Européen ». La modernité touche le groupe.
  • A partie de « Et toi », le poète se retourne vers lui et espère faire son introspection. « Et toi que les fenêtres observent, la honte te retient/ D’entrer dans une église te de t’y confesser ce matin ». Le lyrisme du « Je » poétique se mêle ici avec les inquiétudes de l’auteur. Son déchirement entre ancien et moderne se fait dans la douleur.
  • Seuls les « prospectus, les catalogues, les affiches » distraient le poète: l’énumération montre bien ces distractions sous forme de liste.

Après avoir expliqué la nécessité de la modernité, Apollinaire précise ensuite les envisage comme une littérature nouvelle.

2 ème mouvement: Un manifeste pour une poésie du quotidien.

  • Le deuxième mouvement débute le présentatif « Voilà ». Le manifeste est clairement déclamé. Le poète montre la modernité des nouvelles, la rapidité de la publicité et de la presse. Rapide, fluette, sensationnelle, telle doit désormais être la poésie.
  • Les autres présentatifs « il y a » proposent d’autres distractions. Les feuilletons, en particulier, sont un genre dont les parisiens sont friands à l’époque, ils s’arrachent les « aventures policières » des « livraisons à 25 centimes ».
  • Le prix des « aventures » contraste avec les « mille titres divers ».
  • Le poète s’attarde sur une rue particulière. Le « j’ai vu ce matin » rappelle le lyrisme du poète devant la nature. Ici il n’en est rien, et le poète décrit la rue comme un spectacle romantique. Pourtant, la découverte de cette rue est un hasard. Il en a « oublié le nom ».
  • Les adjectifs épithètes qualifient cette rue: « jolie », « neuve et propre ». L’adverbe « grâce » rend ce qu’elle véhicule visible. La métaphore par synesthésie « du soleil elle était le clairon » brouille les sens visuels et auditifs.
  • Les métiers de l’époque « directeurs, ouvriers » ou encore les « sténo-dactylographes » ancrent le récit dans une époque précise: celle du début du XX ème siècle.
  • La régularité de la vie quotidienne est réglée par les jours de la semaine « lundi matin au samedi soir ». Ces thèmes « prosaïques » du quotidien étonnent et contrastent avec le lyrisme du poème.
  • La métaphore auditive se poursuit avec « la sirène y gémit » et plus bas, « cloche rageuse y aboie à midi ».
  • La métaphore de la ruelle est aussi visuelle: les « inscriptions, enseignes, plaques, avis » contrastent de leurs couleurs, avec les couleurs des « perroquets » dont les couleurs sont criardes. Les verbes au présent d’habitude rendent les gestes du quotidien sublimés.
  • L’admiration pour la rue et la modernité est perceptible dans l’aveu « j’aime la grâce… « : la modernité plaît à Apollinaire.
  • Encore une fois, la localité de cette ruelle (nom de la rue oubliée par l’auteur) reste toutefois précise: « entre la rue Aumont-Thiéville et l’avenue des Ternes ».

La modernité est au coeur de ces vers de Zone. Cette nouvelle forme s’exprime dans un charivari de sons et de perceptions visuelles. Nous avons montré dans un premier  à quel point le monde ancien est rejeté par l’auteur, au profit d’une modernité sublimée par la ville dans un second mouvement. Cette ode à la modernité parisienne sera reprise dans Le Pont Mirabeau, autre poème du recueil.

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