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Scarron Roman Comique étude linéaire

Scarron Roman Comique étude linéaire

Ne pas oublier de rajouter le numéro des lignes pour les citations du texte.

Etude linéaire de « Lecteur, qui ne m’a jamais vu…» à « … comme je suis fait.»

 Extrait du Roman Comique, Scarron, 1651. 

Plan:

1 er Mouvement: Scarron selon les autres

2 ème Mouvement: Scarron selon lui-même

Le XVII ème siècle est le siècle de la comédie. C’est au théâtre que l’on va rire et se moquer des autres. Deux mouvements littéraires s’opposeront: le classicisme et le baroque, dans des objectifs bien opposés. SI le théâtre se fait représentatif des vertus, une autre veine, celle du comique, commence à s’imposer. Les auteurs de ce siècle dépeindront des personnages hauts en couleur, dans leurs pièces mais aussi dans leurs romans. Scarron, auteur prolifique de cette période, sera l’objet de nombreuses rumeurs. Evoluant dans les bas fonds mais aussi dans les hautes sphères de Paris, cet auteur se livre dans Le Roman comique, qui laissera voir un personnage que le lecteur n’est pas prêt d’oublier. Dans l’incipit de texte, l’auteur nous donne à voir un portrait en négatif à plusieurs égards, ponctué de saynètes, de tableaux, d’anecdotes toutes plus dépréciatives les unes que les autres. Cet autoportrait nous donne terriblement envie de lire la suite. Par quel tour de force Scarron réussit-il cet exploit? Pourquoi avons nous envie de connaître cet homme qui parle si mal de lui? Afin de répondre à ce projet de lecture, nous analyserons le texte en deux mouvements: le premier s’attèlera tout d’abord à montrer le portrait que les autres font de Scarron, le deuxième nous montrera le portrait que Scarron préfère faire de lui-même.

1 er Mouvement: Scarron selon les autres

  • Le titre du chapitre se présente comme une apostrophe. L’auteur s’adresse à une personne fictive et postule que cette dernière n’a jamais lu un de ses livres. On peut faire une remarque sur la présence de l’adverbe « jamais » qui place le lecteur dans une découverte totale du livre, et de la personne qu’est Scarron.
  • La première proposition du texte fait 7 lignes. Sa longueur place tout de go l’apostrophe sous le signe de la justification. Scarron souhaite expliquer quelque chose à son lecteur.
  • La première subordonnée relative est apposée au nom qu’elle complète, elle est séparée par une virgule, créant un effet d’attente. Scarron part du postulat que le lecteur ne se soucie pas de l’auteur du livre qu’il tient entre les mains.
  • On remarque qu’un adverbe synonyme de « jamais » (en référence au titre du chapitre), « guère » est placé ligne 2. La forme « à cause qu’il » est une forme ancienne, qui n’est plus correct aujourd’hui.
  • On peut à nouveau remarquer le verbe « voir », homophone de « vu » de la ligne 1, cette « vue » étant qualifiée d’un complément du nom « d’une personne ». La comparaison au moyen de l’outil de comparaison « comme » nous fait voir la personne qu’est Scarron.
  • Le conditionnel « soucierais » suit logiquement le subjonctif « sache », tout comme l’imparfait du subjonctif « tu me visses ». Cette concordance des temps nous place tout de suite dans le domaine de l’irréel, du possible, d’un éventuel discours avec son lecteur.
  • La conditionnelle « si je n’avais » comporte une négation, et vise les autres, les détracteurs, périphrase des « beaux esprits facétieux » qui le « dépeignent d’une autre façon » qu’il est fait. On remarque que l’auteur se considère comme « misérable » ligne 6.
  • Scarron débute un portrait en négatif de ce que les autres pensent de lui, au moyen de l’anaphorique « les uns », « les autres ». L’utilisation répétée de ces indéfinis inscrit le portrait dans l’anecdote, dans ce qui est raconté, dans la légende de ce que Scarron serait.
  • La première complétive qui suit le verbe « disent » de la ligne 7 est complétée par l’attribut de la ligne 8 « cul-de-jatte ». La deuxième complétive est une négative totale « n’ai point de cuisses ».
  • La troisième complétive « que l’on me met » de la ligne 9, est complétée par une circonstancielle de lieu « sur une table dans un étui », ramenant Scarron à l’état d’objet qui se trouverait dans une maison, déplaçable facilement. Avec ces deux images, l’auteur fait preuve d’humour sur son infirmité.
  • L’image se poursuit grâce au complément circonstanciel de lieu « où je cause comme une pie borgne », qui est aussi une comparaison avec un oiseau. L’image est inattendue, car Scarron décrit l’infirmité d’un oiseau, dont le chant n’est pas très gracieux.
  • L’ultime image que Scarron utilise est celle de la marionnette, dont les membres et les accessoires sont tirés au moyen d’une « corde qui passe dans une poulie ». Tel un pantin, son « chapeau » se meut dans un langage non verbal.
  • Ces images que l’auteur propose participent un peu à la légende qui serait celle qui entourerait le personnage de Scarron.

Après avoir laissé imaginé le lecteur toutes ces apparitions plus fantasques les unes que les autres, Scarron dévoile dès à présent la vérités sur sa personne.

2 ème Mouvement: Scarron selon lui-même

  • Scarron utilise désormais la première personne pour se décrire: « Je pense ».
  • La circonstancielle de manière de la ligne 13 « en conscience de les empêcher de mentir plus longtemps » justifie le projet de Scarron. Cette remarque prouve aussi son ironie.
  • Une circonstancielle de but poursuit la même idée dans la ligne suivante « c’est pour cela que… » et interpelle le lecteur grâce au pronom personnel « tu ».
  • La planche désigne la gravure qui représente Scarron et qui est l’oeuvre de Stephano della Bella.
  • L’auteur s’adresse au lecteur au futur « tu murmureras » qu’il modalise au moyen de « sans doute », anticipant déjà la réaction de son lecteur.
  • Scarron ne se dévoile pas dans le portrait, et il utilise la négation « de ce que je ne me dévoile que par le dos ».
  • L’adverbe « Certes » agit comme une manière de se justifier, et Scarron nous fait à nouveau voir un tableau comique: « montrer le derrière à la compagnie ». On peut remarquer que le lecteur fait aussi partie de cette « compagnie ».
  • L’auteur nous permet de voir un portrait inversé et de dos, et justifie cette position par une explication ubuesque. Il explique en effet dans un chiasme que: « le convexe de mon dos » est plus lisse que « le concave de mon estomac ». Avec ces substantifs géométriques, se dessine la forme d’un corps bossu.
  • Le portrait se poursuit avec la « tête penchante ». Le complément circonstanciel de lieu « par ce côté-là aussi bien que de l’autre » nous donne des précisions sur le physique de l’auteur.
  • Le COD « la situation » fonctionne comme une périphrase pour désigner la silhouette de l’auteur, tandis que ce dernier se corrige lui-même au moyen de l’adverbe « plutôt » qui désigne « le plan irrégulier de ma personne.
  • Scarron utilise à nouveau la périphrase pour désigner son portrait par un « présent » qu’il ne souhaite pas « prétendre faire ». Les parenthèses continuent la justification au moyen de la conjonction de coordination « car ». Scarron invoque les Muses Grecques et se pense bien loin de la figure d’un Dieu de l’Olympe). L’évocation de tels canons de beauté contraste avec le portrait dépréciatif que Scarron nous donne de lui.
  • A nouveau l’auteur nous fait voir une image qui n’existe pas, en expliquant au conditionnel présent qu’il se serait « fait peindre » et de la conditionnelle composé de l’indéfini et du plus-que parfait « si quelque peintre avait osé l’entreprendre ».
  • Dans une ultime invitation à la lecture, Scarron explique son projet: à la manière d’un peintre, il va parler de lui-même dans son ouvrage.

  Dans cet extrait, Scarron nous laisse voir une personnalité joueuse et taquine.  Cet homme plein d’autodérision se présentera dans la suite de son Roman Comique. Dans ces deux mouvements, nous avons pu observer comment les autres le perçoivent, même si Scarron reste lucide quant à son physique. La critique physique sera l’un des tours du comique de geste, et sera exploité dans Le Malade imaginaire de Molière.

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