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Mon rêve familier commentaire composé

Mon rêve familier commentaire composé


Commentaire littéraire  de « Mon rêve familier », Extrait des Poèmes Saturniens, Paul Verlaine, 1866

Pan détaillé:

I Le désespoir du poète

II La femme idéale

Au XIX ème siècle, le romantisme, ce mouvement littéraire venu d’Allemagne, se développera en France. Ainsi, Paul Verlaine, poète français, fait paraître son premier recueil poétique, Poèmes Saturniens à l’âge de vingt-deux ans, en 1866. Très tôt porté et détruit par l’alcoolisme, l’auteur cherche dans le rêve le moyen de s’échapper. C’est notamment avec un femme qu’il trouve le moyen de survivre. Cet amour et ce rêve sont célébrés dans « Mon rêve familier », extrait des Poèmes Saturniens. Dans ces deux quatrains et ces trois tercets, l’auteur nous décrit une femme rêvée. Véritable plongée dans l’intime, l’auteur raconte son rêve. Mais dans ce rêve, le poète apparaît désespéré, et la femme idéale. Comment? Avant de mieux définir les contours de cette femme rêvée, nous regarderons les indices de la plainte du poète.

Tout d’abord nous montrerons que le poème peut se lire comme une plainte. Inconstance, besoin et solitude seront les trois caractéristiques de cette plainte.

L’angoisse est d’abord due à l’inconstance de la femme que le poète cherche en rêve. Le vers 4 nous indique que la femme que le poète aime n’est « ni tout à fait la même ni tout à fait une autre ». Le parallélisme de construction de la négation exceptive souligné par l’enjambement suggère l’inconstance de cette femme. L’antithèse « même/ autre » des vers 3 et 4 montre l’opposition des deux faces de cette dernière. La voix de la femme est « lointaine », son écho ne résonne pas. La détresse du poète est la raison de son angoisse. Le vers 7: « les moiteurs de mon front blême » le prouve bien. Néanmoins, la chaleur est soulagée par la fraîcheur des larmes (« rafraîchir » du vers 8). Le champ lexical du doute « je l’ignore » (vers 9) et « je me souviens » (vers 10) renforce l’imprécision. La fièvre pourrait rendre les contours de la femme encore plus flousLa plainte « hélas! », mis en relation avec le nom « problème » à la rime du vers suivant montre que cette plainte est forte. De plus, l’allitération du son (m) des vers 2 à 4 souligne le problème qui existe entre l’amour du poète et l’identité cachée de la femme.

L’amour du poète se présente comme un besoin d’être aimé. On peut le voir avec  les pronoms de la première personne: « je » (vers 1, 2), « m’ », « me » (vers 2, 4, 5 et 7), « mon » (vers 5). De plus, dans le premier quatrain, ces pronoms sont qualifiés par des subordonnées relatives à fonction épithète: au premier « que j’aime » du vers 2 répondent les trois « qui m’aime » du même vers, « et (qui) m’aime », « et (qui) me comprend », du vers 4. L’anaphore de cette subordonnée insiste sur le besoin du poète. Toute la plainte semble tournée vers lui. Le poème s’ouvre sur un pronom personnel « Je » du vers 1 et se clot sur le « tue » du dernier vers, signifiant à la fois la mort et par homophonie, le pronom personnel de la deuxième personne. Ce mouvement du poète vers la femme est bien à sens unique.

Mais c’est surtout la solitude qui peine Verlaine. Les reprises en position de rejet du vers 8 « elle seule », donnent à l’adjectif épithète « seule » plus d’impact. De plus, la femme quitte le poète. Le passé simple du vers 11 marque son départ: « exila ». La « vie » au vers 11, permet de dire peut-être que la femme rejoint ceux qui sont morts. Le poète reste seul face à sa solitude. Le terme « exila » souligne qu’il n’y aura pas de retour, et que le départ de la femme est irrévocable. Le silence sera aussi celui des autres: les « voix se sont tues » du vers 14. La solitude éprouvée par le poète est générale, elle n’est pas seulement due au départ de la femme qu’il aime. C’est pour cela que son coeur est « transparent » vers 5, il n’est remarqué par personne. L’isolement de l’adjectif en position  de rejet insiste sur cette idée.

Dans cette première partie, nous avons vu que le désespoir du poète se décline de trois manières: d’abord parce que la femme qu’il aime ne cesse de lui échapper, puis que sa douleur est personnelle, enfin car c’est surtout la solitude qui lui pèse. Il est désormais temps de décrire la femme rêvée présentée par le poète.

Dans le Dictionnaire, « idéale » correspond à trois choses: parfait, pas concerné par les cinq sens, et enfin imaginée. Ces trois caractéristiques seront nos trois façons de voir cette femme.

Tout d’abord, la femme décrite par le poète est décrite comme parfaite pour lui. Elle « aime » (vers 2) le poète. Il la revoit « chaque fois » (au vers 3), cette régularité le conforte. Mais cette femme est surtout mystérieuse, elle est « inconnue » (vers 2). Le poète ne sait pas à quoi elle ressemble : « Est-elle brune, blonde ou rousse ?  Je l’ignore. » (au vers 9). L’énumération des couleurs de cheveux ne permet pas de savoir à quoi la femme ressemble. Le tiret rend la réponse plus directe. Sa voix est « calme » (vers 13) et « grave » (vers 13), son nom est « doux » (vers 10). Au vers 12, le poète fait une comparaison entre la statue et la femme, les statues étant une représentation d’un idéal de beauté.

C’est aussi parce qu’elle ne peut être perçue par les sens du poète que la femme est idéale. La vision est suscitée par le regard mais ce dernier est « pareil au regard des statues » (vers 12). L’audition est suscitée par la voix que le poète entend: le nom de la femme est « sonore » (vers 13). Le toucher est sollicité par l’adjectif « doux » du vers 10. Néanmoins, l’odorat, le goût ne sont pas évoqués dans le poème, ce qui conforte l’idée selon laquelle cette femme serait « idéale », elle ne peut être perçue par tous les sens.

Cette femme est surtout imagée. Elle sort d’un « rêve » au vers 1. Au vers 2, nous pouvons voir que cette femme est « inconnue ». Le poète, paradoxalement, aime une femme qu’il ne connaît pas. C’est pour cela qu’elle n’est pas « tout à fait la même » du vers 3. De plus, on peut s’interroger sur le sens même du titre du poème. Un rêve peut-il véritablement être « familier »? Chaque rêve n’est-il pas unique? Ici, l’auteur nous laisse penser que nous serions plus dans la rêverie que dans le rêve.

Dans une première partie, nous avons pu observer que le poème peut se lire comme une plainte. Le désespoir du poète est du à l’inconstance, à son besoin d’être aimé, mais surtout à sa solitude. Dans une deuxième partie, nous avons vu que la femme est idéale car elle est parfaite, pas concernée par les cinq sens, et imaginée. Le thème de la femme mythifiée telle une statue sera une des inspirations de Guillaume Apollinaire dans Alcools.

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