Image étude linéaire Baccalauréat
Mme de Sévigné Lettre à Pompone Etude Linéaire

Mme de Sévigné Lettre à Pompone Etude Linéaire

Ne pas oublier de rajouter le numéro des lignes pour les citations du texte.

Etude linéaire de « Il faut que je vous conte… » à « …jamais la vérité. » Extrait des Lettres de Madame de Sévigné, 1664.

Plan détaillé:

1 er Mouvement: Le cadre de la lettre

2 ème Mouvement: Le dialogue entre le courtisan et le roi

3 ème Mouvement: La leçon de Madame Sévigné

Le XVII ème siècle sera le siècle de l’absolutisme. A Versailles se pressent les courtisans qui entourent les rois de France pour essayer d’obtenir ses faveurs. Ce comportement ne réussit pas à tout le monde, et certains, comme Fouquet  s’approcheront trop près du soleil et se bruleront les ailes. Les courtisans sont aussi soumis au regard perçant des portraitistes. Mme de Sévigné est née à Paris et elle reçoit une solide éducation qui lui fait apprendre le latin, l’italien et l’espagnol. Elle épouse le marquis de Sévigné dont elle devient la veuve, suite à un duel, à l’âge de vingt-cinq ans. Elle se consacre à ses deux enfants et lorsque sa fille la quitte pour suivre son époux, le Comte de Grignan en province, c’est un véritable déchirement. Se met alors en place une correspondance à usage intime qui devient célèbre alors qu’elle est encore en vie. Le roi lui-même aura lecture des lettres de Mme de Sévigné devenue écrivain malgré elle. Au travers de ses échanges épistolaires avec sa fille elle souhaite la faire participer à la vie parisienne, en la tenant informée des événements survenus à la Cour. Dans cette lettre du 1er décembre 1664, l’épistolière relate une anecdote, révélatrice de la position des courtisans. Ainsi, quelle image du courtisan est ici donnée à voir au lecteur ? Afin de répondre à ce projet de lecture, nous analyserons le texte en trois mouvements. Le premier verra le cadre de la lettre, alors que le deuxième montrera le dialogue entre le courtisan et le Roi. Enfin, le dernier mouvement montrera la leçon que Madame Sévigné tire de cette mésaventure.

1 er Mouvement: Le cadre de la lettre

• La première ligne désigne le destinataire de cette lettre de Mme de Sévigné. On remarque que le surnom « Pomponne » est affectueux, de par le répétition du préfixe « Pom- » et par le suffixe « -onne ».

• Dès la deuxième ligne, Madame de Sévigné utilise un indéfini et un verbe d’obligation. Cette addition des deux termes laisse croire à l’urgence de la lettre. De plus, l’autrice utilise le terme « conter », qui fait écho au « Il » en début de phrase rappelant « Il était une fois »: une histoire va nous être racontée. La double énonciation qu’induit la lettre propose au lecteur d’être aux premières loges. Le suffixe « -iette » accolé à « historiette » peut aussi faire penser à un conte court. Le pléonasme qu’induit d’ailleurs « conter une historiette » de la ligne 1 montre l’empressement de la narratrice à nous livrer l’histoire. Les deux subordonnées relatives apposées qui complètent d’ailleurs ce nom « qui est très vraie et qui vous divertira » rappellent la fonction narrative de la lettre.

• Le complément circonstanciel de temps « depuis peu » présent à la ligne 2 nous précise le cadre spatio temporel de l’histoire. Dans la même ligne, pour renforcer son effet de réel, Madame de Sévigné utilise deux noms propres, ceux de deux courtisans, visiblement connus des deux épistoliers.

• Le complément circonstanciel de manière « comme il faut s’y prendre » mettent le passe temps du roi au rang d’une fantaisie. Le « Roi » apparait comme novice en la matière.

• La litote « pas trop joli » montre que Roi est lucide et conscient de son niveau en terme de poésie. Elle introduit ensuite un nouveau personnage, un courtisan, le maréchal de Gramont.

2 ème Mouvement: Le dialogue entre le courtisan et le roi

• Dès la ligne 5, Madame de Sévigné introduit le discours direct afin de rendre son récit plus vivant. Les deux impératifs « lisez », « voyez », l’usage du passé composé « avait jamais vu » rendent le récit vivant, donnant la parole au Roi. Néanmoins, on remarque que le Roi oriente le jugement du maréchal, qui ne possède aucune liberté d’expression.

• La subordonnée de cause « Parce qu’on sait que », composée d’un pronom indéfini prévient de l’éventualité: le courtisan se doute que le madrigal a été écrit par le Roi.

• La reprise du récit au discours direct, l’adverbe « divinement « , et les deux superlatifs « le plus sot et le plus ridicule » donnent l’impression que la scène se déroule sous les yeux du lecteur. En effet, la monarchie tient sa légitimité du droit divin, la flatterie devant un Roi omniscient, possédant un savoir infini est commune mesure et nécessaire à l’époque.

• L’infinitif « donner » donne une valeur générale au jugement du courtisan: il pense monter dans l’estime du Roi avec sa réponse.

• La question rhétorique de la ligne suivante nous montre la volonté du Roi d’enfoncer un peu plus le clou de la farce qu’il tend au courtisan.

• Malheureusement, le courtisan reprend sa diatribe au moyen d’une phrase déclarative: « Il n’y a pas moyen de lui donner un autre nom. ». On remarque que le courtisan ne juge pas le poème mais l’auteur de ce dernier. Cela montre l’ambiance qui règne à la Cour où les courtisans ne sont pas solidaires les uns avec les autres.

• L’exclamation et les adverbes d’intensité: « si bonnement » montrent la satisfaction du Roi, qui retarde la chute de sa farce, mettent aussi en relief l’identité de l’auteur.

• La double exclamation et la proposition subordonnée conjonctive « Que votre majesté me le rende » traduisent l’effroi et la surprise du courtisan prêt à retourner « sa veste » et qui tente de se justifier.

• La négation « Non » et le superlatif « les plus naturels » montrent le refus d’entendre la justification. Le Roi semble sincère et compréhensif, satisfait de son piège.

3 ème Mouvement: La leçon de Madame Sévigné

• Lorsque Madame de Sévigné reprend le récit dans les dernières lignes de sa lettre, elle désigne la cour dans le pronom « tout le monde ». Elle fait à la fois preuve de compassion et de satisfaction tout en évoquant l’âge du courtisan qui montre que personne n’est à l’abri des pièges du Roi.

• L’usage du pronom personnel dans la dernière proposition montre que l’’épistolière juge, émet un avis personnel. Elle souhait une Cour un peu moins hypocrite d’hypocrisie à la Cour. La lettre se termine sur un mot clé, « vérité » qui évoque l’ambiance mensongère de la Cour du Roi de France.

Mme de Sévigné donne ici une leçon édifiante en montrant un courtisan soumis, prêt à tout pour satisfaire le Roi. Il renie son jugement et ne dispose d’aucune liberté d’expression. L’épistolière ose ici émettre une critique sur l’atmosphère qui règne à la Cour en dénonçant le mensonge et l’hypocrisie qui règnent en maîtres. Elle prend des risques en portant un jugement sur le Roi et le conseil qu’elle donne n’est pas sans rappeler la célèbre phrase de Figaro, un siècle plus tard dans Le Mariage de Figaro, pièce de Beaumarchais : « Sans la liberté de flatter, il n’est point d’éloge flatteur. »

Visitez notre boutique pour plus de cours et de fiches.

Notre Blog

Compte Youtube: @mesfichesdefrancais
Compte Tik Tok: @mesfichesdefrancais

Compte TIk Tok Brevet: @mesfichesdefrbrevet

Instagram: @mesfichesdefrancais

Toutes nos fiches

Notre Blog

Toutes nos fiches