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Manon Lescaut Etude Linéaire Incipit

Manon Lescaut Etude Linéaire Incipit

Ne pas oublier de rajouter le numéro des lignes pour les citations du texte.

Etude linéaire « Je dois avertir le lecteur… » à « …traitait d’importunités » Extrait de Manon Lescaut de l’Abbé Prévost, 1731.

Plan:

1 er mouvement: Le récit cadre (jusqu’à la ligne 8 « lui »)

2 ème mouvement: Le Chevalier avant Manon (de la ligne 8 « lui » à « l’Académie » ligne 29)

3 ème mouvement: Le portrait de Tiberge (de la ligne 8 « l’Académie » à la fin)

Le XVIII ème siècle a eu la passion des idées. Après des années d’absolutisme, le pouvoir des rois et l’Ancien régime seront redéfinis. La société d’ordres (tiers état, séculier, noble) n’a plus lieu d’être. Sans parler d’opportunisme, l’époque -en particulier la fin du XVIII ème- sera celle des changements de carrière et des retournements de veste. Avec une légèreté de ton encore jamais expérimentée en littérature, le mouvement philosophique du libertinage sera l’un des exemples de la fissure de l’Ancien Régime. L’un des romans les plus emblématiques du mouvement sera L’Histoire du Chevalier Des Grieux et de Manon Lescaut rédigé en 1731 par l’Abbé Prévost. En effet, l’ouvrage traite de l’histoire passionnelle du Chevalier des Grieux, noble de son état, et de Manon Lescaut, une libertine qui lui fera accomplir les pires actions. Dans ce roman de la passion et du risque, l’auteur nous donne ici l’un des premiers exemples de l’anti-héros et de ses malheurs. Les premières pages du roman soumises à notre étude nous placent le cadre de l’action de l’aventure de Manon Lescaut. Pour autant, ce début de roman ne nous fait pas que nous présenter le Chevalier des Grieux. Qu’est-ce qui fait de cet incipit un texte original? Afin de répondre à ce projet de lecture nous analyserons le texte en trois mouvements. Le premier s’attèlera à montrer le récit cadre qui annonce le texte, le deuxième montrera le portrait que le Chevalier donne de lui-même, et le dernier mouvement dressera le portrait qu’il fait de son ami Tiberge.

1 er mouvement: Le récit cadre (jusqu’à la ligne 8 « lui »)

  • Le pronom personnel « Je » est répété à deux reprises: cela montre que nous sommes dans le genre de l’autobiographie. Une personne cherche à nous raconter ses souvenirs. La première proposition est au passé simple, ce qui nous place tout de go dans l’action de premier plan.
  • La première proposition est assez longue, et la ponctuation nous renseigne sur les étapes de la succession des actions.
  • Les connecteurs logiques « et » et « par conséquent » permettent un rapport de cause à effet: après avoir entendu son histoire, le narrateur s’est mis à l’écrire, la véracité des propos n’est pas à prouver.
  • La présence de « plus exact » et « plus fidèle » permettent le superlatif dans un parallélisme de construction. Très clairement, le narrateur cherche à nous convaincre.
  • Le narrateur reprend l’adjectif « fidèle » de la ligne précédente pour insister sur la véracité de ses propos. La conditionnelle de manière « jusque dans la relation des réflexions » indique les conditions de réalisation du procès.
  • L’usage du superlatif « meilleure grâce au monde » nous permet de voir l’exagération du narrateur.
  • Le présentatif « Voici » nous place dans le domaine de la double énonciation: tout ce qui précédait formait le récit cadre qui annonce les aventures du jeune homme.
  • La négation partielle « rien que ne soit de lui » exprime donc que toute l’histoire concernera le Chevalier des Grieux.

2 ème mouvement: Le Chevalier avant Manon (de la ligne 8 « lui » à « l’Académie » ligne 29)

  • Le Chevalier débute son récit par de l’imparfait de narration: « J’avais », « j’achevais « .
  • Le nom de lieu Amiens nous donne des précisions sur le passé du Chevaler. L’évocation du nom de cette ville rend le récit plus réaliste.
  • La subordonnée relative « qui sont d’une des meilleurs maisons de P. » complète le nom « parents » et est épithète apposée. Cette proposition donne plus de détails sur les parents du Chevalier.
  • Le verbe « m’avaient envoyé » au plus-que-parfait est en fin de proposition, ce qui provoque un effet d’attente. Les virgules participent à cet effet.
  • Les deux superlatifs « si sage et si réglée » sont placés sous forme de parallélisme. Ces deux adjectifs complètent le nom « vie ». Le complément du nom « du collège » complète « exemple ».
  • L’adverbe « Non » fait partie du groupe adverbial « Non que » et se place avant un subjonctif imparfait « je fisse ». Le COD « des efforts extraordinaires » nous donne des indices sur la vie du Chevalier, au moyen de la litote « efforts extraordinaires » qui dit le moins pour dire le plus, c’est à dire qu’il ne fait pas beaucoup.
  • La conjonction de coordination à valeur d’opposition « Mais » tempère cet effet d’atténuation et l’adverbe « naturellement » rappelle les discours sur la nature qui agitent l’époque (Rousseau). Cet adverbe montre surtout la personnalité très naïve, juvénile du Chevalier.
  • Cette idée de nature revient dans les lignes suivantes, avec l’adjectif « naturelle » qui complète le terme « aversion ». Les « vertus » du Chevalier s’opposent au « vice » qu’il évoque en fin de proposition.
  • Le Chevalier nous montre ensuite l’admiration générale qu’il provoque au moyen de la gradation « Ma naissance, le succès de mes études et quelques agréments extérieurs ». Le Chevalier utilise la périphrase des « agréments extérieurs » pour nous préciser qu’il se trouve séduisant.
  • Cette admiration concerne « tous les honnêtes gens de la ville », l’adjectif « honnête » reprenant le lexique des qualités qui domine cette ligne.
  • L’usage du passé simple « J’achevai » nous indique que le rythme change, les actions de premier plan sont à nouveau racontées. L’évocation de « Monsieur l’Evêque » rend à nouveau le récit plus réel et place la vie du Chevalier dans un cadre très religieux.
  • Le Chevalier utilise les paroles rapportées pour nous relater les propositions professionnelles que l’évêque lui donne. On remarque les verbes de parole « proposa », « disait-il ». On remarque que l’usage du superlatif « plus de distinctions » nous donne une vision très hiérarchisée de l’Eglise et de ceux qui la composent. La subordonnée relative « auquel mes parents me destinaient » complète le nom « Malte » et nous donne des informations sur ce que les parents du Chevalier attendent de lui.
  • La ligne suivante nous montre une image christique, qui montre que le Chevalier commente le comportement de ses parents et l’adverbe « déjà » nous donne des indices sur les futurs actions des parents du Chevalier. C’est un double jeu, un double sens sur l’expression « porter la croix ». Le groupe prépositionnel « avec le nom de Chevalier des Grieux » livre au lecteur, pour la première fois, le nom du héros.
  • La situation temporelle change avec le participe présent « arrivant », l’imparfait « préparais », et « avait promis ».

3 ème mouvement: Le portrait de Tiberge (de la ligne 8 « l’Académie » à la fin)

  • Le Chevalier des Grieux nous fait ensuite le portrait de son ami Tiberge, et nous indique qu’il est « tendrement » « uni » à lui. L’utilisation de l’adverbe « des plus » signifie ici que Tiberge ne possède pas grand chose. Le Chevalier indique que Tiberge « était obligé de prendre l’état ecclésiastique ». Avec le verbe « obligé », le Chevalier nous montre qu’il sait bien la position fortunée dans laquelle il est, et ce comment il est supérieur à Tiberge.
  • L’imparfait de description « Il avait » nous donne dresse le portrait de Tiberge.
  • La remarque que fait le Chevalier dans la suite du récit, nous est donnée a posteriori, comme il connait le rôle que tiendra Tiberge dans son récit. En faisant référence à l’Antiquité, Tiberge se place dans la lignée des héros de la culture occidentale. En utilisant le terme « histoire », le Chevalier est bien conscient qu’il raconte une histoire.
  • L’imparfait du subjonctif « j’eusse » nous place dans l’hypothèse, relevé avec l’adverbe « Si » qui ouvre la conditionnelle. La principale au conditionnel « j’aurais été » nous laisse voir ce qu’aurait pu être la vie du Chevalier.
  • La seconde conditionnelle donne un tour tragique à l’issue des malheurs du Chevalier. Ce dernier désigne ses aventures au moyen de la périphrase « le précipice », et de la personnification « m’ont entrainé ».
  • Dans la dernière proposition, le Chevalier se trouve « ingrat » et se met à la place de son ami. Il nous donne des indices sur la fin de son histoire.

Dès notre première rencontre avec le Chevalier des Grieux, l’issue tragique nous est déjà donnée à voir. Pourtant, le Chevalier se présente comme un modèle de vertu que rien ne poussait à tendre vers le vice de manière si dangereuse. Cette figure du jeune homme pieux, respectable et respecté n’est pas sans nous rappeler celle de Paul dans le roman de Bernardin de Saint Pierre Paul et Virginie, en 1788.

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