Image Fiche de lecture
Les liaisons dangereuses fiche complète

Fiche de lecture Les Liaisons dangereuses 

Choderlos de Laclos

Plan de la fiche:

I Présentation de l’auteur

II Résumé détaillé

III Personnages Principaux

IV L’écriture

V Citations

VI Conclusion

I Présentation de l’auteur:

Choderlos de Laclos est un écrivain français né en 1741. Militaire, il publie de nombreux écrits sur la Révolution Française à laquelle il participera du côté du Roi. Avant cela, il participa à la Guerre de Sept ans qui opposa la France et l’Autriche à la Grande Bretagne et la Prusse. Pierre Choderlos de Laclos s’illustre par un raisonnement militaire fin et des stratégies discrètes. A la fin de la guerre, il rejoint sa garnison dans laquelle il restera jusqu’à la Révolution de 1789. Le jeune homme s’y ennuie et regrette la compagnie de ses semblables, des soldats grossiers qui ne comprennent rien à la littérature. Pourtant, Laclos a des idées, et les rédige sous forme de propositions de réformes au sein de l’armée. Visionnaire, réformiste, non conformiste, il est véritablement « l’original » de sa garnison. Cette originalité est contrecarrée par un grand talent militaire et un sérieux à toute épreuve. Néanmoins, il s’essaie à l’écriture et rédige pour son plaisir de petites pièces et un opéra comique, Ernestine. La pièce ne sera représentée qu’une seule fois en 1777, mais elle sera devant Marie-Antoine (épouse de Louis XVI). Admirateur de Jean-Jacques Rousseau, il lit et adore La Nouvelle Héloise, roman épistolaire théâtre des amours d’Héloïse et Pierre Abélard. En 1778, il commence la rédaction des Liaisons Dangereuses. Le roman est publié en 1782. Après avoir été envoyé à La Rochelle dans le but de se faire oublier après le succès de la publication du livre, il tombe amoureux de sa femme avec laquelle il a des enfants. Père attentionné, mari fidèle, Laclos est l’antithèse totale de Valmont, le héros de son roman. A la Révolution, il s’engage du côté des royalistes et sera emprisonné en 1793, après des années riches en évènements. Il échappe de justesse à la guillotine. Il meurt en 1803.

II Résumé détaillé:

La première lettre des Liaisons Dangereuses est une lettre de Cécile de Volanges à son amie du couvent, Sophie Carnay. Dans cette lettre, le lecteur apprend que Cécile vient de sortir du couvent et qu’elle va se marier. Elle ignore avec qui, et se rend à des dîners au cours desquels elle s’endort. Sophie et son amie avaient une haute idée de la vie en dehors du couvent, et de celui que Cécile épouserait. Cécile écrit à son amie, toujours au couvent, que les dîners sont ennuyeux et que la vie n’est pas si merveilleuse que ce qu’elles l’avaient espéré.

La lettre suivante est une lettre de la marquise de Merteuil au vicomte de Valmont. La marquise apprend au vicomte que sa mère compte marier Cécile à un comte, M. De Gercourt. Mais comme elle souhaite se venger de lui pour une raison que l’on ignore,  elle demande à Valmont de séduire Cécile et de lui ravir son pucelage, afin que le mariage n’ait pas lieu. Le vicomte refuse, car il est occupé par le Présidente, l’amie chez qui il séjourne, qui n’est d’autre que l’amie de la mère de Cécile. Le chevalier Danceny est un jeune homme qui vient rendre visite à Cécile et qui la courtise. Ensemble, ils font de la musique. On apprend dans une lettre des deux femmes que la réputation du vicomte le précède, et qu’il est décrit comme sulfureux et libertin. La mère de Cécile le décrit en des termes dégradants.

Dans les échanges entre la marquise et le vicomte, le lecteur ressent l’influence et la domination que la marquise souhaite exercer sur le jeune homme. Elle lui vante les plaisirs de l’amour, de la séduction, du pouvoir de certaines lingeries des plus subtiles. Elle lui raconte ses aventures amoureuses pour lui donner envie de faire de même avec Cécile de Volanges. Dans une lettre, la Présidente vante les mérites de Valmont à Mme de Volanges. Le lecteur comprend que c’est le premier rouage d’une vengeance qui se met en route.

La marquise de Merteuil se rapproche de Cécile et l’emmène à l’opéra, accompagnée du chevalier Danceny, qui donne une lettre à Cécile. Cette dernière est sous le charme du chevalier, et souhaite se confier à la marquise de Merteuil. Elle parle aussi de son amour à sa confidente, Sophie, dont le lecteur ne voit pas les réponses.

La marquise de Merteuil souhaite faire de Cécile son apprentie libertine. Le vicomte fait en sorte de prouver à la présidente qu’il est plus vertueux que sa réputation ne le laisse entendre: il s’illustre au village près de chez elle en faisant l’aumône à une famille dans le besoin. Mais il raconte son aventure à la marquise de Merteuil en montrant bien qu’il a fait exprès dans le but de se faire valoir auprès de la Présidente.

Les vrais visages des deux protagonistes se montrent peu à peu: ils sont calculateurs, manipulateurs, intéressés. Madame de Tourvel (la Présidente) loue les bonnes actions réalisées par Valmont à la mère de Cécile Volanges. Le plan du vicomte pour séduire Mme de Tourvel avance de plus en plus: il est près du but, et raconte tout à la marquise de Merteuil sous la forme de « bulletins », de petits rapports qu’il fait à la marquise. La marquise lui promet de se donner à lui s’il réussit à séduire Madame de Tourvel. Alors que Cécile joue avec Chevalier Danceny en se refusant puis en se laissant embrasser, elle se rapproche de la marquise de Merteuil. Cette dernière prête des livres à Cécile, lui dit comment se tenir, comment écrire. La manipulation est totale.

La marquise apprend à Cécile qu’elle doit épouser le comte de Gercourt. Très éprise du vicomte, Madame de Tourvel demande au vicomte de quitter son château. Ses lettres se retrouvent entre les mains de la marquise, tout est sût aux yeux de tous. Le vicomte écrit à la présidente qu’il est désespéré d’avoir quitté son château, alors qu’il relate ses aventures de passage sur le chemin de Paris à la marquise de Merteuil. Le double discours du vicomte est total.

Cécile Volanges et le chevalier Danceny jouent au chat et à la souris- leur aventure n’avance pas.  Le lecteur comprend que la marquise de Merteuil entreprend une liaison avec Danceny, tout en étant agacée que l’affaire entre lui et Cécile n’avance pas. Elle s’en plaint au vicomte de Valmont. Cécile confie à son amie du couvent qu’elle considère la marquise comme une véritable amie. La duperie est totale. Valmont écrit à Danceny et les deux hommes deviennent amis.

La mère de Cécile découvre son aventure avec Danceny. C’est en fait la marquise de Merteuil qui a révélé l’aventure à la mère de Cécile. Les deux amants sont désespérés. Pour assagir les deux amants et calmer sa fille, la marquise conseille à Mme Volanges d’envoyer sa fille à la campagne… chez la tante du vicomte, qui sera là bas lui aussi. Le piège semble se refermer sur Cécile Volanges.

Le vicomte déconseille à la marquise de se rapprocher de Prévan, un séducteur qui prétend conquérir son coeur. Cécile se rapproche du vicomte qui la séduit alors qu’elle est désespérée de sa situation. Il apparaît comme le sauveur de ses malheurs. Il lui demande de lui confier une clé de sa chambre pour pouvoir lui apporter des lettres de Danceny. Il s’introduit dans sa chambre et lui vole un baiser et Cécile ne le repousse pas. Le vicomte relate tout à la marquise dans la lettre XCVI. Troublée, elle explique son aventure à la marquise de Merteuil qui lui conseille de prendre Valmont comme amant. Elle accepte. Dans le même temps, le vicomte continue la séduction de Mme de Tourvel. Pour cesser son petit jeu, Mme de Tourvel décide de quitter le château. La marquise dit au vicomte que plus leur plan avance, plus elle l’aime et le désire. Comme le vicomte souhaite savoir ce que fait Mme de Tourvel alors qu’elle a quitté le château, il engage Azolan, son maître de chasse, pour l’espionner. Il réussit à revoir Mme de Tourvel et lui dit qu’il se tuera si elle refuse son amour.

Enfin, Mme de Tourvel lui cède et se donne à lui. Le comte de Gercourt écrit à Mme Volanges pour savoir où en est le mariage prévu avec Cécile. La liaison entre la marquise de Merteuil et le chevalier Danceny continue. Le vicomte rappelle sa promesse à la marquise de Merteuil: se donner à lui lorsqu’il aurait séduit Mme de Tourvel. La marquise refuse le pacte mais dit qu’elle consentira s’il écrit une lettre de rupture à Mme de Tourvel. Le vicomte s’exécute et cette dernière, brisée par le déshonneur, s’enferme au couvent. Il est temps pour le vicomte de rejoindre la marquise, qui s’échappe de lui à chaque fois. Comme elle ne respecte pas le pacte, les relations deviennent tendues entre le vicomte et la marquise. Comme Danceny est lui l’amant de la marquise, le vicomte le provoque en duel.

Le vicomte meurt à l’issu de ce duel, ce qui fait mourir de chagrin la Présidente au couvent. La tante du vicomte menace Danceny de le poursuivre pour avoir tué son neveu. Pour expliquer l’histoire, Danceny confie à la tante de Valmont toutes les lettres. La machination de la marquise apparait au grand jour: elle est huée partout où elle va. Elle quitte Paris atteinte d’une maladie. Cécile, déshonorée, finit sa vie au couvent.

III Personnages principaux:

La marquise de Merteuil: elle est l’initiatrice du complot décrit dans ses lettres. A l’origine de cette cabale, une histoire de vengeance contre le futur mari de Cécile de Volanges. Véritable diablesse, elle est une prédatrice implacable qui chasse ceux qui se mettront sur son passage. Femme de lettres, elle manie à la perfection l’art de la manipulation pour se jouer de ses victimes dans le roman.

Le vicomte de Valmont: libertin dont la plus grande volupté est de séduire les femmes et de les abandonner aussitôt. Nombreuses seront ses victimes dans le roman: la Présidente de Tourvel, Cécile, et d’autres au passage. Ce séducteur calcule ses effets bien en avance, scrute les réactions de ses victimes pour pouvoir les toucher de la manière la plus perverse qui soit.

Cécile Volanges: jeune noble sortant tout juste du couvent, elle sera la première cible du duo de manipulateurs. Naïve, ingénue, elle se laissera avoir par Valmont et la marquise.

La Présidente de Tourvel: dévote, elle résistera longtemps aux manigances de Valmont. Mais elle cédera, sa conquête étant racontée dans la lettre CVVX de Valmont à la marquise de Merteuil. Elle aime passionnément Valmont.

IV L’écriture:

C’est bien sûr le caractère épistolaire qui fait de ce livre un chef d’œuvre. Parfaitement agencé, il permet de développer une polyphonie qui inclut le lecteur comme destinataire de toutes les lettres. On assiste même à un dépassement du point de vue interne agrémenté par des incursions de discours direct dans certaines lettres. Les lettres « se donnent à voir » comme une myriade de scènes enchevêtrées les une aux autres et pourtant suivant une trajectoire fixe: la vengeance.

Si le libertinage est visé par Laclos, ce n’est pas le cas de la noblesse. Rappelons-le: Laclos est noble et se battra aux côtés du Roi lors de la Révolution. Pas de critique de la noblesse ou de volonté d’anéantir ses privilèges, au contraire, ce sont bien les idées libertines des Lumières qui sont attaquées ici. Cette nuance fait des Liaisons Dangereuses une voix très à part dans la littérature française: on se se souvient peu des perdants.

On notera le lexique de la chasse et des armes – c’est cohérent au vu de la carrière militaire de Laclos. De façon surprenante, c’est aussi un roman sur la place des femmes sous l’Ancien Régime, la marquise de Merteuil pouvant apparaître comme une femme libérée et maîtresse d’elle-même.

V Citations:

« Je suis sûre que si j’avais le bon esprit de le quitter à présent, il en serait au désespoir ; et rien ne m’amuse comme un désespoir amoureux. Il m’appellerait perfide, et ce mot de perfide m’a toujours fait plaisir ; c’est, après celui de cruelle, le plus doux à l’oreille d’une femme.  »
Lettre V, Marquise de Merteuil

On comprend bien ici les intentions de la marquise, son talent d’écrivain et le style précieux plébiscité par Laclos que revêtent les lettres.

VI Conclusion

Constitué de 175 lettres, Les Liaisons Dangereuses est l’un des premiers romans épistolaires. Effrayante perversité de deux êtres blasés et cyniques, la marquise de Merteuil et Valmont sont épris du mal pour le mal. Les luttes et les faiblesses de leurs victimes seront au coeur de l’intrigue de la pièce. SI le sujet est inquiétant et pervers, le texte -selon Choderlos de Laclos- doit se lire comme une leçon de morale, tant il évite les scènes scabreuses et prend soin de punir les corrupteurs à la fin du roman.

Selon Marcel Proust, écrivain du XX ème siècle, Les Liaisons Dangereuses est « le plus effroyablement pervers des livres » (La Prisonnière).

Visitez notre boutique pour plus de cours et de fiches.

Notre Blog

Compte Youtube: @mesfichesdefrancais
Compte Tik Tok: @mesfichesdefrancais

Compte TIk Tok Brevet: @mesfichesdefrbrevet

Instagram: @mesfichesdefrancais

Toutes nos fiches

Notre Blog

Toutes nos fiches