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Le Mimosa explication linéaire Francis Ponge

Le Mimosa explication linéaire Francis Ponge

Ne pas oublier de rajouter le numéro des lignes pour les citations du texte.

Etude linéaire de Le Mimosa, de « Ainsi, après avoir beaucoup tourné » à « disons-lui au revoir ! », Francis Ponge, extrait de La Rage de l’expression, 1952:

Plan:

1er mouvement: l’échec de la description du Mimosa, du début jusqu’à « ceci »

2 ème mouvement: la description éclatante du mimosa, de « chaque » à « soleil »

3 ème Mouvement: description de la fleur et de la branche du mimosa, de « Toutes » à « réciproquement »

4 ème mouvement: évocation du mimosa pour Ponge, de « l’on dit » à la fin.

Le XX ème siècle est celui des deux conflits mondiaux. A la fin de la Seconde Guerre mondiale, les auteurs se demandent comment décrire un monde plus que jamais en recherche d’identité. Cette quête touchera particulièrement les poètes tel Francis Ponge, qui sera personnellement marqué par les guerres. Dans La Rage de l’expression, le poète explore les confins de la création littéraire et remet sans cesse en cause sa façon d’écrire. Dans Le Mimosa, l’auteur explore cet arbre simple, jaune et très odorant. Hélas, alors que l’auteur tente de faire la description la plus fidèle de l’arbre, Ponge se heurte à l’échec. C’est particulièrement le cas dans la fin du poème qui constitue notre extrait à analyser aujourd’hui. Ainsi, alors que l’écriture est si douloureuse pour Ponge, comment l’auteur fait-il pour nous faire voir toutes les nuances du mimosa? Afin de répondre à ce projet de lecture, nous analyserons le poème en quatre mouvements bien distincts: le premier montrera que Ponge nous partage d’emblée son désespoir face à l’écriture de son poème sur le mimosa, mais qu’il rebondit et tente tout de même de nous le décrire avec « plus de nuances » (deuxième mouvement). Un troisième mouvement montrera à quel point l’auteur nous décrit la branche et la fleur de l’arbre avec une grande précision, et que finalement, il arrive à nous montrer ce que l’arbre évoque pour lui.

1er mouvement: l’échec de la description du Mimosa, du début jusqu’à « ceci »

  • Une seule phrase constitue le premier paragraphe de ce poème. L’adverbe « Ainsi » nous place d’ores et déjà dans un temps passé. A l’aide d’infinitifs passés, « avoir tourné », « avoir désespéré », « avoir dénaturé », Ponge nous montre les différents échecs auxquels il a fait face pour réaliser son poème.
  • Les deux superlatifs « plus souvent désespéré que joui » et « plus dénaturé qu’obéi » nous montrent à quel point l’écriture du poème fut difficile pour Ponge.
  • Les deux interrogatives à sujet inversé « en reviens-je » et « me trompé-je encore ? » insistent sur les hésitations du poète à décrire l’arbre.
  • L’insertion des parenthèses qui encadrent la dernière interrogative nous rappelle le caractère testimonial du poème. En nous livrant ses pensées les plus secrètes, Ponge se place dans le cadre du journal intime.
  • Ce n’est qu’à la fin de la phrase que le lecteur découvre que Ponge a tenté de nous décrire un mimosa. Au moyen de la ponctuation « : » qui rappelle une définition duedictionnaire, Ponge nous décrit l’arbre à sa façon. Ce procédé est régulièrement utilisé dans La Rage de l’expression.
  • Les deux adjectifs « glorioleux » et « découragé » caractérisent donc le mimosa selon Francis Ponge. Le lecteur est alors désarçonné face à ces deux adjectifs, particulièrement « glorioleux », qui n’existe pas en français. La gloriole, elle existe, et signifie la « vanité dérisoire » (source CNRTL).
  • La conjonction de coordination à valeur d’opposition « Mais » et le retour à la ligne nous indiquent que malgré la difficulté, Ponge souhaite persister et nous décrire ce mimosa avec « plus de nuances ». On note aussi l’usage du terme « mettre » qui nous place presque dans le registre culinaire. L’auteur nous laisse voir la recette parfaite du parfait poème (on note aussi que le mimosa est le nom d’un cocktail alcoolisé).

2 ème mouvement: description éclatante de l’arbre de « chaque » à « soleil »

  • Le paragraphe suivant est numéroté et nous laisse voir une description précise du mimosa. Pour Ponge, « chaque branche est un perchoir à petits soleils tolérables ». L’adjectif « petits » est répété dans la ligne suivante, formant un parallélisme ADJ + Nom au pluriel + ADJ. Ce parallélisme participe au rythme ternaire de la phrase. Ce parallélisme instaure une harmonie entre les branches décrites. De même, la tonalité se fait plus gaie, comme on peut le voir avec le nom « enthousiasmes » et l’adjectif « joyeuses », tous deux au pluriel.
  • Dans la phrase exclamative suivante, Ponge démarre avec une interjection (« Oh! ») qui traduit sa peine et sa lassitude. Le verbe « est » au présent de vérité générale montre à quel point ce désespoir est devenu chose commune pour l’auteur.
  • La « morale » se poursuit dans la phrase suivante, lorsque Ponge personnifie véritablement l’arbre, en le qualifiant « d’être en développement ». Il en va de même avec l’utilisation du terme « succès ».
  • Ponge compare les branches de mimosa à « un feu d’artifice » à l’aide de l’outil de comparaison « comme ». Le champ lexical se fait ici astral, comme on peut le voir avec les termes « fusées » et « soleils ».

Troisième mouvement: description de la fleur et de la branche du mimosa, de « Toutes » à « réciproquement »

  • Dans le troisième paragraphe, Ponge utilise à nouveau le comparatif « plus » afin de prouver l’intérêt du mimosa. Le choix typographique de l’italique nous laisse penser que Ponge souhaite attirer notre oeil sur ce mot. L’auteur utilise une autre comparaison à l’aide l’outil « comme » pour caractériser « l’éclosion » du mimosa. Les adverbes « vraiment »,  « purement », « simplement », associés à « vrai » montrent ici que Ponge souhaite nous convaincre.
  • Ponge va maintenant s’attarder à décrire la fleur du mimosa. L’auteur utilise la périphrase pour les désigner: « papilles turgescentes » et « petites gloires ». Cette façon de décrire la fleur du mimosa rappelle à quel point les fleurs sont petites. Ponge utilise ensuite l’énumération d’adjectifs « éteintes, contractées, jaunissantes, mortes », pour nous rappeler le passage des saisons, du printemps à l’automne, quand l’arbre perd ses feuilles. L’énumération rappelle le sens cycliques des saisons. Si le rameau présente des signes de « découragement » et de « désespoir », ces deux adjectifs servent à Ponge pour rendre l’arbre humain.
  • Cette personnification de la branche se poursuit dans le paragraphe suivant. La remarque « Disons mieux » nous rappelle un dialogue que Ponge ferait pour lui-même mais aussi avec ses lecteurs. Ponge rappelle que même au début du printemps (le mimosa fleurit début février, dans des endroits chauds (sur la côte Atlantique par exemple), le feuillage semble désespéré. On note que Ponge répète les mêmes complètements du nom « signes », « de désespoir ».
  • L’usage de l’impersonnel « On dirait que » rappelle l’exposé botanique, comme si Ponge nous plongeait au sein d’un dictionnaire des fleurs et des arbustes.

Quatrième mouvement: évocation du mimosa pour Ponge, de « l’on dit » à la fin.

  • L’indéfini est à nouveau utilisé dans le début du paragraphe suivant, dans les paroles rapportées « L’on dit que » et qui introduisent l’attribut du sujet « des plumes » dans une interrogation directe rhétorique. Grâce à cette construction syntaxique, Ponge semble nous poser une question, et s’étonne avec nous de la croyance populaire.
  • Ponge nous décrit ensuite les plumes des autruches, qui ressembleraient aux fleurs du mimosa. L’auteur nous donne l’autre utilisation de ces plumes d’autruche, lorsqu’il évoque les « chasse-mouches orientaux ». L’incapacité des autruches à voler est rappelée ici.
  • Le dernier paragraphe débute par une conjonction de coordination « Mais » et introduit le « parfum » de l’arbre. Selon Ponge, ce dernier est « violent », et forme un oxymore. Plus encore, Ponge personnifie le parfum du mimosa qui, si ténu, si marqué, lui fait pensé à un « oracle » aux yeux « exorbités ». L’auteur utilise le verbe « s’extravase » pour  rappeler la sonorité « x » d’ « exorbité » à la ligne précédente.
  • Ponge conclurera son poème grâce à deux ultimes conjonctions de coordination « Et donc » qui introduisent la conjonction de subordination « puisque ». La subordonnée circonstancielle « jusqu’au prochain printemps » complète le verbe « disons-lui », qui reprend le discours direct. Ponge nous place ainsi dans le temps temps du futur.

Dans le poème Le mimosa, Francis Ponge se met en difficulté et nous prouve qu’il arrive, avec « plus de nuances », à décrire l’arbre de façon très précise. Dans ce travail sans relâche, nous avons montré à quel point il est douloureux pour l’auteur de ne pas arriver à décrire l’objet de son poème. Cette quête du mot juste sera le fil conducteur de La Rage de l’expression et elle ne sera pas sans nous rappeler les règles rigides des auteurs classiques comme Jean de la Fontaine, dont Ponge était le fervent admirateur.

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