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Le Loup et le chien étude linéaire

Le Loup et le chien étude linéaire

Ne pas oublier de rajouter le numéro des lignes pour les citations du texte.

Etude linéaire du « Loup et du chien»,  Extrait des Fables, Livre I, La Fontaine, 1668.

Plan détaillé:

1 er Mouvement: Un présentation des acteurs de la saynète v 1 à 12

2 ème Mouvement: Le dialogue et l’argumentation du chien v 12 à 29

3 ème Mouvement: La réponse du loup v 29 à la fin

Le XVII ème siècle est celui de l’instruction. En effet, face à une population de plus en plus lisante et éclairée, les auteurs de ce siècle tenterons de donner des conseils à travers de courts textes. L’un des mouvements qui tentera de réaliser ce projet sera le classicisme. L’un des auteurs de ce mouvement, Jean de La Fontaine, aura pour crédo: « Plaire et instruire ». Dans ses Fables, l’auteur raconte les aventures d’animaux pour instruire les Hommes. Dans Le Loup et le chien, situé au livre I, deux modes de vie s’opposent: l’indépendance, la liberté jugées plus précieuses que le confort, et de l’autre côté la servitude permettant de conserver gîte et couvert. De cette manière, La Fontaine espère toucher les courtisans qui seront prêts à tout pour obtenir ou conserver leurs privilèges, tandis d’autres, souhaitant conserver leur liberté perdent tout ou partie de  leurs avantages. Alors, comment La Fontaine s’y prend t-il pour nous donner à voir la morale de sa fable? Comment le dialogue du loup et du chien peut-il marquer et instruire les contemporains de La Fontaine? Afin de répondre à ce projet de lecture, nous analyserons le texte en trois mouvements distincts. Le premier mouvement ira du vers 1 à 12, et montrera les acteurs de cette « saynète ». Ensuite, les vers 12 à 29 proposerons le dialogue entre les deux animaux et l’argumentation du chien. Enfin, la réponse du chien et la morale nous serons donnés du vers 29 à la fin.

1 er Mouvement: Un présentation des acteurs de la saynète v 1 à 12

  • C’est d’abord présenter à quel point les deux animaux sont opposés qui occupe La Fontaine. On remarque que l’indéfini « Un Loup » s’oppose au pluriel « les chiens ». La solitude du loup, suggérée par le singulier indéfini, est opposée au pluriel signe d’un groupe social organisé.
  • Le premier imparfait du texte est à valeur de description et nous permet de contempler un portrait physique du loup, qui « n’avait que les os et la peau ». Le loup n’a pas de statut social et n’a droit qu’à deux caractérisations, cette tournure de négation restrictive est bien sur dévalorisante.
  • Le chien, lui, est plus longuement décrit. D’ailleurs, si le vers 1 est un décasyllabe, la description du chien aux vers 3 et 4 est réalisée au moyen de deux alexandrins, les vers les plus nobles. Leur portraits s’opposent au moyen de l’antithèse renforcée par la rime : « peau »  et « beau ».
  • Dès le vers 4, le chien est décrit par un vocabulaire mélioratif: « gras », « poli », puissant », « beau ». Néanmoins, on peut noter que cette admiration est vue du point de vue du loup, on s’aperçoit donc que La Fontaine n’est pas neutre et qu’il adopte le point de vue du loup.                                        
  • On suit les pensées du loup dans les vers 5 à 6, ce dernier pense à se battre mais renonce. Les infinitifs nous font entrer directement dans la tête du loup. Le connecteur logique « donc » prouve aussi que le narrateur adopte le point de vue du loup : c’est parce que le dogue est puissant que le loup « donc l’aborde humblement ».
  • La première prise de parole est celle du loup: le discours narrativisé dans les vers 10 à 12 flatte le chien et qui, conscient de son infériorité physique, « l’aborde humblement ».

2 ème Mouvement: Le dialogue et l’argumentation du chien v 12 à 29

  • La réponse du chien débute par une tournure restrictive: « Il ne tiendra qu’à vous »., qui indique que ce destin peut être à la portée du loup.
  • Sa réponse est marquée par les impératifs, notamment à la ligne 15: «  Quittez les bois, vous ferez bien ». Ce rythme régulier du vers 15 (4/4) donne un ton très assuré à la phrase, montrant que cette vérité est indiscutable.
  • Le chien continue à l’impératif au vers 21: « Suivez-moi ».
  • La réponse du loup « Que me faudra-t-il faire ? » au vers 22 est au futur, ce qui montre qu’il se projette déjà dans le destin promis par le chien. Il est donc déjà conquis. De plus, la brièveté de sa réponse, encadrée par les deux longs discours du chien, révèle sa position de dominé.
  • L’auteur donne aussi un point de vue négatif sur la vie du chien par la description que celui–ci en fait aux vers 23 à 25 : « Donner la chasse aux gens / Portant bâtons et mendiants ; / Flatter ceux du logis, à son maître complaire » : on voit que l’embonpoint du chien est obtenu au détriment de la compassion envers les humbles et de la sincérité à l’égard des maîtres. Les valeurs humaines et morales sont donc bafouées, ce qui n’a aucune importance à ses yeux : l’expression « moyennant quoi » montre que pour le chien tous les moyens sont bons, seul compte le résultat pour lui. Bafouer la morale et l’humanité, ce n’est rien, l’important est de sauvegarder son confort, comme le montre l’énumération des avantages obtenus : « force reliefs de toutes les façons, / Os de poulets, os de pigeons, / Sans parler de mainte caresse. »
  • L’anaphore de « Os de », permettant de renforcer l’impression d’abondance et de diversité des nourritures, et destinées à endormir la conscience du loup et le persuader. De plus l’absence de coordination au vers 28 suggère que la liste des victuailles n’est pas close. Le champ lexical de la nourriture est d’ailleurs très développé dans le discours du chien pour montrer son esprit pragmatique.
  • De même, sa réaction aux vers 30-31 montre qu’il est séduit.

3 ème Mouvement: La réponse du loup v 29 à la fin

  • Le retournement s’opère au vers 32 et constitue une chute, puisque rien ne faisait attendre une telle issue : lorsque le loup remarque le « col du chien pelé », signe de servitude, il interroge pour la deuxième fois le chien qui tout à coup perd son éloquence, répond par quelques syllabes ou bien par une phrase dont la complexité révèle son embarras : « Le collier dont je suis attaché / De ce que vous voyez est peut-être la cause ».
  • Le loup a la réplique la plus longue du vers 38 à 40, pour la première fois en alexandrins. Le pronom personnel en position initiale au vers 39, les négations renforcées (« je ne veux en aucune sorte, / Et ne voudrais pas même… »), le choix d’un octosyllabe pour le vers 39 (affirmation plus brève qui semble donc plus cinglante)  montrent son assurance.
  • Il a d’ailleurs droit au titre de « maître Loup » au vers 41, ce qui montre que sa réaction lui redonne de la dignité. Le dernier vers passe du passé simple « s’enfuit » au présent d’énonciation, qui nous fait voir le loup qui « court encor », comme pour nous montrer la pérennité de la liberté que rien ne peut enfermer.

La morale de cette fable est donc que mieux vaut être libre avec le ventre creux que vivre repu dans la servitude. Une question reste tout de même: comment expliquer la générosité du Chien qui n’avait aucun intérêt à persuader le loup de mener la même vie que lui ? Force est de constater que Jean de La Fontaine  nous propose une double morale: la générosité fait aussi partie des vertus enseignées par le moraliste classique. La fable peut rappeler La Chanson des gueux de Jean Richepin (XIX ème) : « les « bourgeois (…) troublés de voir passer les gueux ».

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