Image étude linéaire Baccalauréat
Le jeu de l’amour et du hasard étude linéaire Marivaux

Ne pas oublier de rajouter le numéro des lignes pour les citations du texte.

Etude linéaire de l’acte I scène 8 du Jeu de l’amour et du hasard, de Marivaux, 1730. 

Plan:

1er mouvement: Le rencontre entre Silvia et Arlequin  (jusqu’à « qu’il soit fait »)

2 ème mouvement: Une jeune fille piégée… (de jusqu’à « qu’il soit fait » à la fin)

Le XVIII ème siècle est celui du renouveau du théâtre en France. Si la comedia dell’arte est désormais bien installée en France, le français Marivaux porte le genre à son apogée. Dans ses pièces, valets, maîtres, et belles jeunes filles se verront travestis et pris au piège. Chacun sera dupé, et ce sera en particulier dans la pièce Le Jeu de l’Amour et du hasard que Marivaux publiera en 1730. Dans cette pièce, Dorante et Arlequin échangent leurs places pour jouer un tour à Sylvia. C’est ce qui peut nous amener à nous demander: comment la ruse se met-elle en place? Quels seront les stratagèmes en présence? Pour répondre à ce projet de lecture, nous montrerons dans le premier mouvement que la rencontre entre Silvia et Arlequin laisse voir de nombreux ressorts comiques. Ensuite, nous montrerons le piège dans lequel la jeune fille est tombée.

1er mouvement: Le rencontre entre Silvia et Arlequin (jusqu’à « qu’il soit fait »)

  • La scène débute par une exclamation. Arlequin s’adresse à quelqu’un en le traitant de « Bourguignon! ». Arlequin personnifie son « porte-manteau » dans une interrogative totale.
  • Dorante s’exprime ensuite par la négative au moyen de la complétive « qu’on nous reçut mal ». Cette double négation induit que Dorante a été bien reçu.
  • Arlequin s’exprime au moyen de deux adverbes de lieu « là-bas » et « ici ». L’indéfini « Un domestique » et « on» place le discours d’Arlequin dans l’éventualité, dans le domaine des paroles rapportées par quelqu’un dont on ignore l’identité.
  • Silvia s’exprime au moyen de l’exclamative. Elle désigne Arlequin avec le nom « monsieur » qui est placé en fin de phrase, ce qui le met en avant.
  • Arlequin continue avec une exclamation. Le parallélisme « je viens pour épouser et ils m’attendent pour être mariés » montre bien que l’idée est très claire dans la tête d’Arlequin. L’affirmation « cela est convenu », entrecoupé par les virgules et au passé composé met le groupe verbal en relief. La subordonnée relative « qui est une bagatelle » complète le nom « cérémonie ». Cet euphémisme nous laisse penser qu’Arlequin ne considère pas cet acte comme important.
  • La reprise de la « bagatelle » pour insister sur l’importance du terme, et lui ajoute une subordonnée relative « qui vaut bien la peine qu’on y pense ».
  • Arlequin répond par l’adverbe « Oui », reprend le verbe « pense » au passé composé et le réactive au présent. Cette façon de passer du passé composé au présent rend Arlequin sur de lui même. L’adverbe « plus » insiste sur la fin de la réflexion.
  • Silvia s’adresse à Dorante en aparté. Elle critique Arlequin dans son dos en le qualifiant « d’homme à bon marché ».
  • Arlequin l’interrompt dans une interrogative partielle en désignant Dorante comme « mon valet ».  Il désigne Silvia comme « la belle », ce qui montre qu’il souhaite la séduire.
  • SIlvia rétorque par un adverbe de la négation « Rien » et et dévie la discussion au moyen de la subordonnée complétive: « que je vais faire descendre monsieur Orgon ».
  • Arlequin lui pose alors l’interrogative totale de la ligne suivante. Il souhaite que SIlvia et lui utilisent les mêmes termes comme on peut le voir au moyen de la comparaison « comme moi? ».
  • SIlvia répond au moyen de la négation totale « C’est qu’il ne l’est pas encore. ».
  • Dorante prend la défense de Silvia au moyen du COD « raison ». La négation totale « n’est pas » contredit Arlequin.
  • Arlequin reprend le verbe « faire » et y ajoute le COD « le » désignant le mariage. De cette manière, Arlequin se présente comme le sauveur, celui qui dénouera la situation.
  • Dorante utilise l’impératif pour se faire obéir d’Arlequin: « Attendez » et ajoute l’adverbe « donc » pour insister.

2 ème mouvement: Une jeune fille piégée… (de jusqu’à « qu’il soit fait » à la fin)

  • L’expression « Pardi » rappelle la condition modeste d’Arlequin et joue sur le comique de mots. Le présentatif « Voilà » permet à Arlequin d’argumenter. L’antithèse « veille ou du lendemain » provoque le rire.
  • La conversation prend un tour philosophique avec la réplique de Silvia: « être mariée ou ne pas l’être? » qui montre bien la naïveté de Silvia mais surtout son refus d’épouser qui que ce soit. L’antithèse se poursuit dans « Oui, monsieur, nous avons tort ».
  • Arlequin désigne sa femme dans la réplique qui suit. Il complimente Sylvie de manière insistante au moyen du superlatif « vous qui êtes si jolie ».
  • Silvia se fait passer pour la bonne (elle a échangé son rôle avec Lisette) et confirme ce que lui a dit Arlequin. Les rôles sont ainsi inversés et la comédie peut prendre place.
  • Arlequin est ravi d’avoir Silvia comme bonne, il l’exprime au moyen de « je m’en réjouis ». Deux interrogatives, la première totale et l’autre partielle lui permettent d’en savoir plus sur sa nouvelle maison.
  • Silvia donne son avis sur le physique d’Arlequin mais laisse planer le doute au moyen de la ponctuation: « Je vous trouve… plaisant ».
  • Arlequin répond à nouveau par une exclamative non verbale qui montre sa joie: « Bon, tant mieux! ».
  • La dernière réplique de Silvia est adressée au public qui connaît l’issue du déguisement: ce dernier peut rire à loisir de la jeune fille. Le comique de situation est à son comble.

Dans la scène VIII de l’acte I, Marivaux met en place un stratagème bien connu de la comedia dell’arte: le déguisement. Les rôles ont été échangés: Arlequin a pris la place de Dorante, et Lisette celle de Sylvia. Malheureusement, l’origine sociale ne trompe pas et il est facile de voir qu’Arlequin n’est pas un jeune homme noble. Le comique de mot et le comique de situation s’allient à la perfection pour faire rire le public. Marivaux utilisera le même stratagème dans Les Fausses Confidences, en 1737.

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