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La Rouge et le noir chapitre 10

La Rouge et le noir chapitre 10

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Etude linéaire de l’extrait du chapitre X, Le Rouge et le noir, Stendhal, 1830, de « J’ai gagné une bataille …» à « serait-ce un jour la sienne? » .

Plan:

1er Mouvement: La satisfaction intérieure de Julien

2 ème Mouvement: Julien au sommet

3 ème Mouvement: Un héros ambigu

4 ème Mouvement: Un tableau romantique

Au XIX ème siècle, le mouvement littéraire du romantisme commence à apparaître en France. Venu d’Allemagne, le courant s’inspire de la nature et de son immensité. Plusieurs écrivains français s’inspireront de ce mouvement dans leurs écrits. Ce sera le cas de Henri Beyle, dont le pseudonyme littéraire sera Stendhal. Dans ses romans, l’auteur mêle histoire de France et fiction avec un goût prononcé pour l’Italie, Napoléon ainsi que les émotions individuelles. Dans Le Rouge et le Noir, l’auteur nous présente Julien Sorel, jeune homme jeté dans une époque qu’il hait. Malgré cela, le lecteur suivra Julien dans sa formation intellectuelle et amoureuse. Ce dernier s’élèvera dans la société bien au-delà de sa condition et de ses rêves romantiques. Dans le chapitre X intitulé « Un grand coeur et une petite fortune », Julien a échappé de peu que Madame de Rênal, la femme qu’il aime et l’épouse de M. de Rênal, ne trouve un portrait de Napoléon, héros que Julien admire en secret. De plus, la liaison entre Julien et Madame de Rênal est au beau fixe, et Monsieur de Rênal vient même d’augmenter le traitement de Julien. Tout semble sourire à Julien dans ce passage qui nous le montre en proie à la réflexion. Comment l’ascension de Julien nous donne t-elle à voir tableau romantique mais aussi l’ambiguïté de notre héros? Le premier mouvement s’attellera à montrer l’ascension de Julien face à M. de Rênal. Le deuxième mouvement tentera de montrer que Julien est aussi au sommet de son ascension personnelle. Le troisième mouvement nous montrera l’ambiguïté de ce héros, qui apparaitra tel un tableau romantique dans le quatrième et dernier mouvement.

1er Mouvement: La satisfaction intérieure de Julien

  • Dans les premières lignes du texte, le discours indirect libre nous laisse entrer dans les pensées du protagoniste. Julien emploie le champ lexical de la guerre avec le verbe « gagné » (ligne 1) et le terme « bataille » (ligne 1). la subordonnée circonstancielle « aussitôt qu’il se vit dans les bois et loin du regard des hommes » (ligne 1) nous indique que Julien est désormais seul.
  • Le jeune homme admire le mot « bataille » (ligne 2). Ce terme rappelle les « batailles napoléoniennes » de son héros, Napoléon, que l’on retrouvera dans la suite de l’extrait. La métaphore de la ligne 3 « peignait en beau » nous laisse penser que Julien tente d’écrire une page de son histoire, à la manière d’un peintre. L’expression « peindre en beau » signifie ici qu’il se dépeint, il s’imagine une situation qui lui plait: avoir gagné la « bataille ». Devant ce calme paysage intérieur, son « âme » est désormais tranquille.
  • Le dialogue intérieur se poursuit dans la ligne suivante. Le subjonctif passé de la ligne 6 « ait eu » suppose que Julien ne sait pas ce qu’est la « belle peur » (ligne 6) que ce dernier a infligé à M. de Rênal. L’interrogative qui suit le confirme: Julien ignore la raison de sa victoire.
  • M. de Rênal apparait bien comme l’ennemi de Julien. Les deux adjectifs « heureux » et « puissant » de la ligne 7 indiquent bien ce comment cet homme est vu par Julien.
  • Le passé simple « fut » (ligne 9) brise un peu ce bouillonnement intérieur, Julien peut « presque » (ligne 9) admirer la nature autour de lui pendant sa promenade.
  • Les lignes suivantes tentent de décrire la forêt dans laquelle évolue Julien. Les arbres sont « aussi haut » que les « rochers » (ligne 11 et 12), donnent à la forêt une allure étonnante, qui rafraîchit Julien.

2 ème Mouvement: Julien au sommet

  • Les deux verbes d’action « prenait » et « se remettait » ligne 14 montrent Julien en train d’entamer une ascension. L’imparfait à valeur de description place le narrateur comme extérieur à l’histoire. La solitude de Julien est totale.
  • Néanmoins, l’adverbe de temps « bientôt » ligne 15 nous indique que la montée se fera petit à petit, par étapes. Ainsi, Julien prend un chemin qui comme son ascension, fait des détours et des pauses.
  • A la ligne 15, le groupe prépositionnel « à peine marqué » et la subordonnée relative « qui sert seulement aux gardiens de chèvres » montrent à quel point l’itinéraire de Julien est parsemé d’embuches. Seuls les « des gardiens de chèvres », ces êtres vivant seuls dans les pâturages empruntent le sentier de Julien. Le passé simple « il se trouva » insiste sur la pause que Julien fait dans sa marche. A partir de maintenant, la contemplation du paysage peut commencer. Julien s’est trouvé sur « un roc immense », qui lui permet de surplomber le paysage devant lui. L’adverbe « bien sûr » insiste sur sa volonté de se vouloir « séparé de tous les hommes ». Julien souhaite être seul.
  • Sa position « debout » le place comme surplombant la scène, et cette supériorité « fait sourire » Julien. Rappelons-le: l’ambition est une des qualités de Julien, même si cette dernière lui jouera des tours. Le sourire de Julien quant à sa position dominante nous rappelle ce trait de caractère. Cette nature le représente symboliquement : « elle lui peignait la position qu’il brûlait d’atteindre au moral ». Le verbe « brûlait » de la ligne 17 permet la métaphore du feu montre qui monte en lui: son ambition n’a d’égale que son impatience.
  • « L’air pur » de la ligne 18 a une signification a une signification symbolique: Julien n’est plus tourmenté par ses tracas précédents.
  • « L’air » permet « sérénité » et « joie à son âme ». Cette inspiration permettra à Julien de contempler le paysage devant lui et de se mettre en condition pour recevoir la réflexion qu’il portera sur sa propre vie. L’idée de la nature comme bienfaitrice et actrice d’une réflexion sur l’homme et l’individu est une idée romantique, mouvement littéraire qui transpirera désormais de la suite du texte.

3 ème Mouvement: Un héros ambigu

  • La réflexion permet à Julien de relativiser. La colère contre le maire de Verrières, le mari de la femme qu’il aime, « n’a rien de personnel ». Dans une forme d’introspection et de monologue intérieur, Julien réalise que: « Le maire…était bien …le représentant de tous les riches…mais… ». Cette périphrase montre que Julien en veut toujours à M. de Rênal, maître de l’hyperbolique « tous les riches et de tous les insolents de la terre ». Le retour à la terre semble comme un retour à sa volonté de se battre. L’exagération anime Julien qui se sent seul au monde. La proposition est coupée en deux par la conjonction de coordination à valeur d’opposition « mais ». En effet, la proposition subordonnée relative « qui venait l’agiter », épithète du nom « haine » montre dans une métaphore l’agitation qui nait dans le jeune homme. La métaphore se poursuit dans l’adjectif et son complément « bouillant de colère » ainsi que dans l’expression « violence de ses mouvements ». Néanmoins, la haine de Julien « n’a rien de personnel », et c’est peut être à ce moment là que notre héros s’en rend véritablement compte. Seule règne pour Julien la frustration de ne pas accéder aux classes dirigeantes dont M. de Rênal fait partie.
  • Le subjonctif plus que parfait « qu’il eût cessé » insiste sur le retour en arrière que Julien opère dans le monologue intérieur qui va suivre. Les pensées du personnage sont retranscrites grâce au discours indirect libre qui permet à Julien de revivre la scène et de nous partager ses sentiments.  Julien tente de se persuader qu’en « en huit jours, il l’eût oublié ». L’énumération des pronoms possessifs + nom dresse la liste de tout ce qui ne manquerait pas à Julien à la ligne 22 : «  son château, ses chiens, ses enfants ». Notons que Julien ne mentionne pas « sa femme », pourtant l’objet de tous les tourments de Julien.
  • Le champ lexical de la guerre et du combat dans les lignes qui suivent montrent l’état d’esprit dans lequel est Julien: « bataille » ; « victoire » ; « forcé » ; « danger » ; « sacrifice ». Les périphrases mettent en valeur la puissance et le rang social de son « ennemi », M. de Rênal: « le maire de verrières » ; « l’homme heureux et puissant ».
  • L’insertion du pronom personnel « Je » de la ligne 23 montre que nous restons dans le discours intérieur de Julien.
  • L’exclamatif « Quoi! » introduit ici un dialogue fictif entre Julien et M. de Verrières, lorsque ce dernier insiste sur l’augmentation de salaire qu’il vient d’obtenir. La périphrase suivante, « le plus grand danger » fait ici référence au portrait de Napoléon que Mme de Rênal a presque découvert dans les affaires de Julien. qui aurait pu le faire renvoyer. Julien se demande quelle est « la seconde victoire sans mérite »: il ne comprend pas ce qui a provoquer une augmentation de son salaire par M. de Rênal.
  • Néanmoins, il souhaite profiter du cadre et « remettre à demain les pénibles recherches ».

4 ème Mouvement: Un tableau romantique

  • La position de Julien est dominante et élancée, la ligne 27 nous indique que: « debout sur son grand rocher ». Le complément du nom soleil, « d’août », nous donne à voir un tableau pittoresque.
  • La tonalité du texte prend presque un tour lyrique dans la ligne 27, puisque « les cigales chantaient ». L’imparfait de description vient renforcer cette sensation auditive, presque hypnotisante. Le silence entraîné par l’arrêt de leur chant contraste avec le bruit incessant des cigales.
  • Sa position élevée le renforce, l’immensité l’exalte intérieurement et est accentuée par le connecteur spatio-temporel « vingt lieux de pays » de la ligne 29.
  • L’indéfini « quelque » permettra à Julien de s’identifier à « l’épervier » qui tourne autour de lui en des « cercles immenses ». Le champ lexical de la vue est ainsi développé  : « l’oeil » ; « regardait » ; « voyait » ; « était aperçu » ; « suivait machinalement ».
  • On a alors l’impression d’une forme de lucidité. Julien se tient, tel une peinture romantique, regardant devant lui son avenir.
  • Il réfléchit en même temps qu’il observe et enregistre les éléments qui l’entourent : « il enviait » est répété pour souligner l’exaltation qui s’empare du personnage à cette vue. L’oiseau symbolise Napoléon, perpétuellement présent à l’esprit de Julien.
  • C’est ainsi que peut se comprendre la dernière question: « C’était le destin de Napoléon, serait-ce un jour la sienne ? » de la ligne 34. Le parallélisme construit sur un rythme binaire permet à Julien de s’identifier à son héros. Par cette question ouverte, le choix de l’avenir de Julien reste lui aussi ouvert : tout semble possible mais c’est à l’appréciation du lecteur de le décider.

Ce passage correspond à un moment de détente dans le roman où Julien Sorel fait le point. L’ascension de la montagne devient le symbole de son ascension sociale future :  elle sera difficile et exaltante. Le héros représente ici des valeurs romantique de sensibilité et d’exaltation, de désir de société fondée sur le mérite, sur l’énergie comme son modèle : Napoléon. Il représente aussi la valeur de l’ambition à l’image de son héros. On peut faire une ouverture sur le tableau de David-Kaspar Friedrich : Voyageur au dessus d’une mer de nuages, même époque, même impression.

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