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La peau de chagrin Le duel Etude linéaire

La peau de chagrin Le duel Etude linéaire

Ne pas oublier de rajouter le numéro des lignes pour les citations du texte.

Etude linéaire de « Il est encore temps… » à « …petite feuille de chêne ». Extrait de La Peau de chagrin, Honoré de Balzac, 1831

1 er Mouvement: Le discours de Raphael

2 ème Mouvement: La réaction de Charles

3 ème Mouvement: Le tir

Le XIX ème siècle sera celui de l’occulte et du fantastique. Avec la modernisation des villes et l’amélioration des modes de transport, les faubourgs se remplissent d’êtres venus d’ailleurs. Cette nouvelle population venue de l’étranger ou simplement de la campagne rempli les villes. Le fantastique, ce genre venu de Grande-Bretagne, commence à marquer de son empreinte les ouvrages de l’époque. Parmi les auteurs que ce genre nouveau attirera, Honoré de Balzac, écrivain fleuve, sera l’un des premiers séduits. Journaliste, Balzac cherche à dépeindre les caractères humains dans ces romans. Avec La Comédie Humaine, il rassemble en plus de quatre vingt dix ouvrages un tableau complet de la société de son époque. La Peau de Chagrin (1831) est l’un des premiers tomes de La Comédie Humaine. Cet ouvrage relate les aventures de Raphael, une jeune homme dévoré par l’ambition. Ce dernier va faire un pacte avec le diable pour obtenir ce qu’il désire. Raphael devient très riche grâce à la peau de chagrin. Néanmoins, la nouvelle vie de Raphael lui amène aussi des ennemis. Dans l’extrait soumis à notre étude, Raphael se bat en duel contre Charles, un marquis. Il fait le souhait de gagner le duel et sait que la Peau de Chagrin rétrécira après son souhait. Alors, par quel tour de force Balzac fait-il monter le suspens dans ce texte à l’atmosphère fantastique? Pour répondre à ce projet de lecture, nous répondrons en trois mouvements. Le premier mouvement ira de la ligne 1 à 11 et montrera le discours que Raphael fait à Charles pour tenter de le dissuader, alors que le deuxième mouvement ira de la ligne 11 à 23, et montrera la réaction de Charles. Enfin, le dernier mouvement ira de la ligne 23 à la fin et montrera les conséquences du tir de balle sur Raphael et la peau de chagrin.

1er Mouvement: Le discours de Raphael

  • Le duel commence par une parole qui sonne comme un glas. Cette énonciation débutée par un indéfini est antithétique par rapport à la situation de Raphael. En réalité, ni Charles ni Raphael n’ont le temps, et leur vies ne tiennent qu’à la réalisation du souhait de Raphael. L’adverbe « encore » apparaît alors comme un euphémisme.
  • La « légère satisfaction » de la ligne 1 est une périphrase: Raphael souhaite que Charles refuse le duel. Il lui conseille sous la forme d’un impératif de satisfaire ce désir, dans le verbe « donnez-la-moi » de la ligne 2. L’antéposition de l’adjectif « légère » met en relief le substantif « satisfaction ».
    • Raphael s’exprime au présent de vérité générale dans la ligne 2 « vous comptez ».
    • L’exclamatif « Eh ! » de la ligne 4 permet à Raphael de développer sa rhétorique. Il l’exprime dans un parallélisme « je suis généreux, je vous préviens de ma supériorité »: Raphael veut passer pour celui qui fait une faveur à Charles, alors qu’il sait très bien qu’il gagnera le duel comme il est en possession de la peau.
  • Raphael s’exprime grâce à une énumération de circonstancielles de condition des lignes 5 à 6: « pour anéantir votre adresse… pour vous tuer même ». Les circonstancielles encadrent la principale: « il me suffit de le désirer »: c’est un effet de suspens qui annonce le véritable pouvoir de Raphael, la peau de chagrin.
  • Raphael s’exprime par périphrases pour éviter de dévoiler qu’il a la peau en sa possession, il désigne plutôt: « mon pouvoir », à la ligne 8. Dans la même ligne, Raphael utilise le futur prophétique: « vous ne serez pas le seul à mourir ».
  • Raphael nous laisse à voir la scène qui va se passer, grâce à la conditionnelle « Si donc vous vous refusez », on remarque la présence de l’adverbe « donc » qui insiste sur cette idée, laissant aussi à Charles la possibilité de faire le bon choix. Raphael fait aussi référence au passé de Charles « malgré votre habitude de l’assassinat », à la ligne 10.

2 ème Mouvement: La réaction de Charles

  • L’incursion du passé simple avec le verbe « interrompirent » à la ligne 11. Le discours de Raphael est terminé, l’action va commencer. Le complément circonstanciel « En ce moment » nous permet de changer notre regard ainsi que la focalisation du texte.
  • Les plus-que-parfait « avait… dirigé » «(ligne 12), « s’était redressé » (ligne 13) montre que les actions se succèdent. L’oxymore « insupportable clarté » nous indique que le danger approche.
  • La ligne 13 nous donne à voir un tableau effrayant que permet la comparaison « semblable à celui d’un fou méchant ».
  • Le discours direct interrompt à nouveau le récit: « Fais le taire! ». Le verbe à l’impératif indique que le duelliste a perdu patience. Ce dernier impute à Raphael son mal de ventre, en personnifiant « sa voix ».
  • D’ailleurs, le lexique du médical avec à la ligne 16 « chirurgien » et « entrailles » à la ligne 15 domine le passage.
  • Le dialogue continue dans les préparatifs du combat « Ce jeune homme a t-il des dispositions à prendre? », ligne 17.
  • La scène devient vraiment effrayante, et Charles a peur. Il reste « debout, immobile », ces deux adjectifs apposés le rendant figé.
  • D’un autre côté, son adversaire, Raphael, possède une « puissance presque magique », grâce à la comparaison entre l’homme et l’animal: « comme un oiseau devant un serpent ». La pression des mouvements de l’oiseau est à mettre en lien avec le parallélisme de la proposition « il le fuyait, il revenait sans cesse », ligne 21.
  • Le dialogue entre Charles et son témoin prend des allures de dernières volontés, quand ce dernier lui demande de l’au avec l’impératif « Donne-moi de l’eau».
  • On observe une métaphore dans l’image « l’oeil de cet homme est brulant » à la ligne 22. L’oeil est aussi personnifié, comme on peut le voir avec le verbe « fascine ».
  • On retrouve le motif du temps qui ouvre le passage à la ligne 23.

3 ème Mouvement: Le tir

  • Le passé antérieur « furent placés » (ligne 24) décale le regard et retrouve la vision omnisciente du narrateur.
  • Les imparfaits « ils avaient » et « ils devaient » ont une valeur de description. Le duel est caractérisé par la périphrase « cette cérémonie », rappelant les funérailles qui toucheront l’un ou l’autre.
  • Le dialogue se poursuit pour augmenter le suspens. La question directe « Que fais-tu Charles » aggrave l’atmosphère.
  • Charles sent déjà la mort approcher dans l’hyperbole « Je suis mort », il devance un peu son destin en rejetant la faute sur le soleil.
  • Raphael le contredit avec une voix « grave et solennelle », ligne 30 qui rappelle la cérémonie funèbre. Il joint la parole à l’action grâce au gérondif « en chargeant » son pistolet. La négation à double détente « ni du signal ni du soin «  augmente le suspens des derniers instants de vie de Charles. Raphael n’a pas besoin de « s’inquiéter », comme il est protégé par la peau.
  • Le récit rejoint le genre fantastique avec les deux adjectifs « surnaturelle » et « terrible » de la ligne 32, qui se poursuit dans la ligne 33 avec l’adjectif « cruelle ».
  • Le participe présent « jouant » nous indique que Raphael est en pleine action, alors qu’il tire sur son adversaire, grâce à l’imparfait de simultanéité de la ligne 34. Raphael s’adresse à son domestique, Jonathas, alors qu’il tire.
  • Le passé simple « essuya » replace l’action au premier plan. Cette action de premier plan se poursuit grâce aux verbes « alla » et « ricocha ».
  • Le gérondif « en tirant » auquel est accolé un adverbe « au hasard » complément circonstanciel de manière, nous redirige vers Raphael. La subordonnée circonstancielle de manière « sans faire attention à la chute de ce jeune homme ».
  • La dernière comparaison grâce à l’outil de comparaison « comme » nous permet de visualiser clairement la taille du talisman. On remarque que l’antithèse « plus grand que comme une petite » rappelle le côté surnaturel de la peau.

Dans cet extrait de La Peau de Chagrin d’Honoré de Balzac, nous plongeons dans le coeur de l’action et des conséquences que la possession de la peau aura sur la vie de Raphael. En trois mouvements, nous avons montré comment Balzac s’y prend pour nous montrer un certain suspens dans une scène dont nous savons déjà la fin. Cet effet d’attente sera particulièrement développé dans un ouvrage rappelant le thème de la Peau de Chagrin, Le Diable Amoureux, de Cazotte.

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