Image étude linéaire Baccalauréat
La condition humaine incipit étude linéaire

Ne pas oublier de rajouter le numéro des lignes pour les citations du texte.

Etude linéaire de

« Tchen tenterait-il…» à « … c’était toujours a lui d’agir.»

 Extrait de La Condition humaine, André Malraux, 1933.

Plan:

1er Mouvement: La découverte de l’homme à tuer

2 ème Mouvement: Le dilemme de Tchen

Le XX ème siècle est celui de la remise en question de l’individu. Après le premier conflit mondial en particulier, l’époque se fait existentialiste, et remet en cause la place de l’homme dans l’Histoire. André Malraux, le premier ministre de la culture français, fut aussi un grand écrivain. Dans des oeuvres comme La Condition Humaine, il va chercher au plus profond de ses héros cette ambivalence qui donnera à son oeuvre cette visée philosophique. L’extrait soumis à notre étude se situe au début du livre. Si le titre annonce une réflexion sur la condition humaine, le roman débute par le récit d’un meurtre. L’homme confronté à la mort sera l’une des thématiques centrale de l’œuvre. Si l’on attend du début d’un roman qu’il nous situe le contexte spatio-temporel, qu’il présente les personnages et les enjeux de l’action, force est de constater que ces certitudes sont remises en cause dans cet incipit. A la place, l’auteur choisit plutôt ici d’intriguer son lecteur, de susciter sa curiosité. Comment réussit-il à nous présenter l’action tout en nous plongeant dans les pensées étranges du personnage de Tchen, lui-même entouré d’une atmosphère étrange et angoissante. Afin de répondre à ce projet de lecture, nous analyserons ce texte en deux mouvements distincts. Dans un premier mouvement, nous analyserons comment la découverte de l’homme que Tchen doit tuer nous est décrite. Enfin, dans un second mouvement, nous verrons que cette décision est accompagnée d’une réflexion profonde sur la mort.

1er Mouvement: La découverte de l’homme à tuer

  • Les deux premières propositions du texte sont deux interrogatives partielles. Le conditionnel « tenterait » et « frapperait » nous montre que nous sommes dans une focalisation interne.
  • L’auteur utilise une métaphore pour nous montrer le trouble interne qui agite ne narrateur. « L’angoisse lui tordait l’estomac » : on montre ici son hésitation et son incapacité à agir devant le meurtre « n’était capable(…) que  d’y songer avec hébétude». Tchen est paralysé de peur, comme on peut le voir dans les lignes 3 à 4. Cela montre une contradiction interne: il est à la fois déterminé et aussi « incapable » d’agir (ligne 3).
  • Le COD « tas de mousseline blanche» nous précise ce qui fait paralysie Tchen. L’adjectif participe passé nous montre d’ailleurs qu’il est « fasciné » par cette matière.
  • Le lexique de la lumière et de l’ombre dominent la ligne 5 avec les termes « visible » et « ombre ».
  • La focalisation se fait de plus en plus précise, comme une caméra de cinéma qui vient zoomer sur un détail. Les deux adverbes de la ligne 5 et 6 « seulement » et « quand même » nous montrent que Tchen n’éprouve pas de sentiments envers la personne qui est endormie devant lui.
  • L’imparfait de description de la ligne 7 « venait » et « rayait » ligne 8, nous permet d’avoir des détails sur la scène qui est train de se passer.
  • On remarque que le « rectangle » que forme la lumière est personnalisé, il est « pâle ».
  • La comparaison « comme pour en accentuer le volume et la vie » nous donne une image plus précise de la scène. Néanmoins, cette figure de style insiste sur « la vie » qui émane de cette personne. Insister sur le côté vivant de cette personne nous permet de comprendre que l’acte que Tchen s’apprête à réaliser est dur à faire pour lui.
  • Le passé simple brise cette description de la chambre comme on peut le voir à la ligne 10. Cette interruption est aussi sonore, comme il s’agit de « klaxons ».
  • Le participe passé de la ligne 10 nous plonge au coeur des pensées de Tchen: il doute d’avoir été « Découvert ». Dans un dialogue avec lui-même, il se persuade de continuer à « combattre », le verbe est d’ailleurs répété deux fois.
  • Dans la ligne 11, la subordonnée relative qualifie le mot « ennemis » et se termine par une exclamation.
  • La métaphore « La vague de vacarme »  nous replonge dans la chambre. La ligne 12 est partiellement répétée, dans le terme « quelques embarra de vacarme ». Les parenthèses qui encadrent le deuxième occurence nous plongent dans le discours indirect libre, celui de Tchen.
  • De retour dans la chambre, Tchen se « retrouve devant la tache molle », qui est une périphrase pour parler du pied de l’homme qu’il doit tuer. Il retrouve tant bien que mal ses repères spatiaux (« en face » ligne 13), et temporels, comme on peut le voir dans la ligne 15 « cette nuit où le temps n’existait plus », ligne 15.
  • Les deux verbes à l’imparfait « répétait » et « devait » de la ligne 14 et 15 nous invitent dans les pensées de Tchen.
  • Le chiasme « pris ou non, exécuté ou non » permet de montrer les obstacles auxquels fait face Tchen. Son esprit est embrouillé, les deux issues sont les mêmes pour lui.

2 ème Mouvement: Le dilemme de Then

  • La négation exceptive « rien n’existait que ce pied » montre que l’objectif de Tchen tourne à l’obsession.
  • A la ligne 18, l’imparfait du subjonctif « sans qu’il s’en défendit » nous permet de voir que Tchen va alterner avec ses propres certitudes, car les verbes suivants sont au conditionnel présent « s’il se défendait, il appellerait ». Tchen passe de l’éventualité à la certitude.
  • Devant la mort, Tchen est surpris de ce qu’il découvre en lui comme on peut le voir à la ligne 20: « Tchen découvrait en lui, non le combattant qu’il attendait, mais le sacrificateur ».
  • Le complément du nom « sacrifice » nous indique toutes les intentions de Tchen: il doit tuer un homme mais découvre en lui les ténèbres : « sous son sacrifice à la révolution grouillait un monde de profondeurs auprès de quoi cette nuit écrasée d’angoisse n’était que clarté ». Tchen porte en lui une complexité que développe ici Malraux.
  • La ligne 23 au discours direct et au présent de vérité générale« « assassiner n’est pas seulement tuer… » montre que Tchen avait prémédité son acte. En découvrant l’instinct du meurtre, il prépare son avenir de terroriste et sa véritable identité se dévoile ainsi: c’est un assassin.
  • Tchen manifeste son hésitation au moyen du parallélisme: « un rasoir fermé », « un court poignard » de la ligne 24. Tchen réfléchit à la manière de tuer sa victime. Il y a donc à la fois action et paralysie qui produit comme un arrêt sur image, c’est un moyen de donner du suspens.
  • Tchen préfère le poignard qui « lui répugnait moins » : ligne 27. L’acte est selon lui moins lâche. On remarque la personnification de l’arme.
  • Tchen est « stupéfait » du silence de son geste, qui contraste avec le bruit de la rue.
  • La conjonction de coordination à valeur d’opposition « Mais » nous indique que le silence n’y fait rien. L’adverbe « toujours » indique que Tchen doit « agir ».

En alliant entrée in medias res et effet de ralenti, André Malraux nous présente le personnage de Tchen de façon très originale. Nous pouvons remarquer que l’auteur ne nous propose aucun portrait physique de Tchen. En montrant la fascination que Tchen éprouve devant l’homme qu’il va tuer, Malraux suggère une réflexion sur le sens et la valeur de la vie et sur le respect qu’un homme a pour autrui. En ce sens, le personnage de Tchen n’est pas sans nous rappeler le personnage de Julien Sorel et l’assassinat de Mme de Rênal que ce dernier opère dans Le Rouge et le noir. Elle aussi racontée « ralenti », ce passage nous rappelle le meurtre soumis à notre étude dans cet extrait de La Condition Humaine.

Visitez notre boutique pour plus de cours et de fiches.

Notre Blog

Compte Youtube: @mesfichesdefrancais
Compte Tik Tok: @mesfichesdefrancais

Compte TIk Tok Brevet: @mesfichesdefrbrevet

Instagram: @mesfichesdefrancais

Toutes nos fiches

Notre Blog

Toutes nos fiches