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Jacques le Fataliste Denis Diderot Etude Linéaire

Ne pas oublier de rajouter le numéro des lignes pour les citations du texte.

Etude linéaire de « Comment s’étaient-ils rencontrés..? » à « …de tes amours. » Extrait de Jacques le Fataliste de Diderot, 1785.

Plan détaillé:

1er Mouvement: Le récit de la bataille de Jacques

2 ème Mouvement: Le récit des amours de Jacques

Le XVIII ème siècle sera celui de la raison. C’est en effet à ce moment-là de l’histoire de France que les philosophes, écrivains et penseurs se rebellèrent contre la société d’Ancien régime (Louis XIV, XV, XVI). Cette rébellion s’organise sous la forme d’un mouvement littéraire: le mouvement des Lumières. Les membres de ce mouvement développeront dans des salons des groupes de discussion amenant des idées nouvelles sur la façon d’organiser la société. C’est la raison qui triomphera de l’obscurantisme religieux. Parmi les auteurs des Lumières, Diderot se fera le porte-parole de la défense des droits humains et de la pensée éclairée. C’est notamment dans la forme du conte philosophique que cet écrivain excellera. Ce genre nouveau est un genre court, didactique, fait pour être compris de tous. Dans des œuvres comme Jacques le Fataliste, Diderot prendra utilisera ses héros pour faire passer ses idées. Jeune homme naïf, Jacques découvre le monde avec son maître. C’est dans l’incipit que Diderot nous présente Jacques, et son maître à penser. Mais derrière cette présentation, on entrevoit tout de suite les critiques de Diderot et quelques cibles apparaissent déjà. Par quel tour de force Diderot nous présente t-il ses personnages en annonçant déjà les cibles de son réquisitoire philosophique? Nous tenterons de répondre à ce projet de lecture en découpant le texte en deux mouvements: le récit de la bataille de Jacques, et le récit des amours de Jacques dans un second mouvement.

1er Mouvement: Le récit de la bataille de Jacques

  • Le premier verbe est à l’imparfait, celui des contes. L’interrogation est directe et totale.
  • Le narrateur nous donne la réponse à cette question dans la ligne suivante. Il répète une nouvelle interrogation, portant cette fois ci sur l’identité des deux personnages.
  • L’interrogation suivante interpelle directement le lecteur? L’enchaînement des questions insiste sur cette idée. Les questions deviennent de plus en plus philosophique, car le narrateur utilise l’indéfini « on » dans la question « est ce que l’on sait ou on va ».
  • La réponse « le maître ne disait rien » répond à la question « que disaient-ils ? » Les verbes de parole introduisent le dialogue qui arrive. La répétition du verbe « disait » auquel sont ajoutées les conjonctions de subordination permettent un effet de suspens sur ce qui va arriver.
  • L’idée du « maître » enseignant à son élève quelque chose sur la vie, sur ce qui est « écrit » est une référence directe au chapitre 1 de Candide de Voltaire. La métaphore « écrit là haut » nous laisse penser que le destin guide nos pas.
  • Les lignes qui suivent sont présentées sous forme de dialogue direct. C’est une forme de rupture, qui brise vraiment avec le côté descriptif du passage précédent.
  • L’échange entre Jaques et son maître nous est retranscrit comme se serait le cas. Le maître nous laisse voir un registre épique « balle » « fusil », et l’expression « avait son billet » qui dénote le registre familier de Jacques.
  • Le registre familier se poursuit dans la ligne suivante dans l’expression « que le diable l’emporte ».
  • La réponse du maître rappelle les principes chrétiens dans une négation totale « n’est pas très chrétien » et qui donne un ton moralisateur à la réplique.
  • Jaques relate la scène comme si le lecteur et le maître étaient présents près de lui. « Tandis que » est un adverbe qui crée une opposition avec l’action de premier plan. Le présent « je m’enivre » « j’oublie » « s’en aperçoit » est utilisé par Jaques pour nous placer aux premières loges de cette scène.
  • L’abondance de ponctuation nous indique que la scène va vite, et que Jacques fait un effort pour nous la donner à voir. L’alternance entre les pronoms « il » et « je » permet de faire un aller-retour entre du point de vue du lecteur.
  • Des indicateurs de lieux « devant Fontenoy » précise l’anecdote de Jaques. Son récit devient plus vivant.
  • Le présent permet à Jacques d’abréger ce qu’il décrit et qui aurait été un peu long à raconter.
  • Jacques relate sa blessure et lui donne de l’importance avec les conjonctions de subordination qui introduisent les conditionnelles. L’expression « ni plus ni moins » va dans le même sens. Jacques précise que cette blessure est responsable de son amour. Ce qui l’amène à relater l’autre thème de l’extrait: l’amour. 

2 ème Mouvement: Le récit des amours de Jacques

  • Le dialogue reprend dans ce troisième paragraphe. C’est le maître qui commence avec une interrogation totale modalisée par l’adverbe « donc » qui reprend ce dont Jacques dans le deuxième paragraphe.
  • Ce dernier répond par l’affirmative, dans une phrase exclamative qu’il débute par un adverbe: « si ».
  • Le maître poursuit son interrogatoire en demandant à Jacques les circonstances de cet amour.
  • Jacques réponds « Je le crois bien », ici encore l’adverbe « bien » permet à Jacques de préciser sa pensée.
  • A la question suivante du maître, Jacques répond par une négative formée de deux adverbes en « ni ». La négation et le superlatif « plus » forment un parallélisme qui s’annule avec les deux adverbes « tôt » et « tard ». La réponse de Jacques peut ainsi être considérée comme absurde.
  • Le maître rebondit sur cette absurdité, en insistant auprès de Jacques et en débutant son interrogation par une conjonction de coordination.
  • Jacques répond par une question: « Qui le sait? » rappelant les interrogatives du premier paragraphe.
  • Le passé simple de « commença » embraye le récit sur les amours de Jacques.
  • L’indicateur de temps « C’était l’après-midi », nous indique des précisions sur le temps de l’action et le second verbe à l’imparfait « s’endormit » permet une prolepse: un saut dans le temps.
  • Jacques relate une mésaventure avec son maître, qui apparait comme violent « tombant à grands coups de fouet sur son valet ».
  • L’incursion du discours direct rend la remarque de Jacques « Celui-là était… » encore plus absurde que ce qu’elle n’est déjà, Diderot se moque frontalement de toute forme de religion qui verrait une autorité au ciel commander sur Terre.
  • Le narrateur reprend la parole en pleine action. Il interpelle le lecteur: « Vous voyez, lecteur, etc ».
  • Les quatre interrogatives sont destinées au lecteur et nous replacent dans notre position de lecteur. En lançant ces questions rhétoriques au lecteur, le narrateur rappelle qu’il est le maître du tempo du récit, que Jacques est son personnage et que le lecteur doit se soumettre aux désirs du narrateur.
  • Le récit reprend tout de même « L’aube du jour parut ».
  • Dans l’interrogative qui suit « Et où allaient-ils? » le narrateur exprime son exaspération à l’égard du lecteur.
  • L’incursion au discours direct ramène le récit au premier plan: « Eh bien Jacques, où en étions-nous dans tes amours? ».

Dans cet incipit original, Denis Diderot nous présente Jacques et son maître. Néanmoins, le lecteur constate tout de go la présence d’un narrateur qui tirera les rennes du récit. Cette place prépondérante pose la question de l’énonciation dans un roman d’un manière qui n’avait pas encore été travaillée avant Diderot. Le registre épique est aussi confronté au registre du conte afin d’instruire. Cette façon de faire rappelle Voltaire et ses contes philosophiques, Candide, ou l’Ingénu.

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