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Hernani etude linéaire Acte 1

Hernani etude linéaire Acte 1 

Ne pas oublier de rajouter le numéro des lignes pour les citations du texte.

Etude linéaire de « Serait-ce déjà lui… » à « …pas un voleur », extrait de l’acte I scène 1 de Hernani, de Victor Hugo, 1830.

Plan:

1 er Mouvement: La surprise de Don Carlos

2 ème Mouvement: La décision de Dona Josepha

Le XIX ème sera le siècle du romantisme. Dans ce mouvement qui place l’homme au centre de la nature, la figure du jeune homme incompris de tous se dégage comme un « topos » qui marquera la littérature des années suivantes. En France, Victor Hugo, poète, dramaturge, homme politique français, s’empare de ce courant dans différentes oeuvres qui marqueront les esprits et les moeurs. Dans Hernani, une de ses rares pièces de théâtre, il nous donne à voir une intrigue amoureuse tragi-comique se tenant à la cour d’Espagne. Dans l’acte I scène I, l’auteur nous présente les personnages et les ressorts de l’intrigue de façon tout à fait originale. Alors, à quoi tient cette originalité? En quoi cette scène d’exposition nous présente t-elle les personnages et l’intrigue à venir? Afin de répondre à ce projet de lecture, nous analyserons ce texte en deux mouvements distincts. Le premier ira de la ligne 1 à la ligne 25, et nous montrera à quel point l’incursion au palais de Don Carlos surprend Dona Josepha. Le deuxième mouvement verra la  réaction de la jeune dame de la ligne 25 à la fin du texte.

1 er Mouvement: La surprise de Don Carlos

  • La scène débute par des didascalies nous donnant des informations sur le corps de Dona Josepha, qui est considéré comme « vieille ». Cette dernière est seule sur scène et est interrompue par un coup donné sur une petite porte.
  • La ligne 1 débute avec une interrogation sans point d’interrogation. Cela nous indique que Dona Josepha connait, ou du moins se doute de l’identité de celui qui frappe.
  • La ligne 2 nous indique que Dona Josepha est désormais certaine de connaître l’auteur du bruit, avec le circonstanciel de lieu. Le rejet « dérobé » de la ligne 3 peut nous faire penser que cet escalier est caché. C’est aussi une façon de respecter l’alexandrin qui domine le passage.
  • La ligne 4 nous montre Dona Josepha se parlant à elle-même, à l’impératif présent: « vite, ouvrons ».
  • Les salutations sont assez froides, le seul adjectif qui caractérise le « cavalier » est « beau ». Cette périphrase désigne un homme dont le spectateur et le lecteur ignorent l’identité. La figure de style permet un effet de suspens.
  • Les quatre exclamatives qui suivent montrent bien la surprise de Dona Sol qui ne s’attendait pas à recevoir Don Carlos. C’est dans son exclamation que l’on comprend le nom de celui qu’elle attendait vraiment: « Hernani ». Les phrases non verbales « main-forte » et « au feu » vont dans la même idée.
  • La réplique de Don Carlos montre la colère du personnage. Ce dernier s’exprime lui aussi avec une première partie de proposition qui est non verbale: « deux mots de plus, duègne ». Placer la menace en fin de proposition accentue l’effet menaçant: l’hyperbole n’en est pas peut-être pas une pour Dona Josepha.
  • Les didascalies nous renseignent sur la communication non verbale entre les deux personnages.
  • Dans sa tirade, Don Carlos se renseigne sur les lieux. Il débute son inquisitoire par une interrogation totale.
  • Les virgules permettent de créer un peu de suspens sur les qualificatifs de l’oncle de Dona Sol. L’impératif présent « Dites » presse Dona Josepha de répondre.
  • Le « cavalier sans barbe et sans moustache encore » est ici une périphrase pour désigner Hernani.
  • Don Carlos nous fait ensuite voir une scène qui a l’air de se répéter, comme on peut le voir avec le circonstanciel de temps « les soirs » accolé de l’adverbe « tous ».
  • La nouvelle périphrase qui désigne « le jeune amant » permet à Victor Hugo de jouer sur le double sens du substantif « barbe », qui signifie ici « caché ». L’usage de ce calembour rappelle la situation tragi-comique.
  • Don Carlos clôt sa longue réplique par une nouvelle interrogative. Toutes ces informations à l’acte 1 scène 1 nous présentent en quelques répliques tous les personnages de la pièce et l’intrigue.
  • L’usage de l’adverbe « peut-être », montre que Don Carlos doute de la réponse de Don Josepha.
  • Cette dernière répond avec un trait d’esprit, qui montre qu’elle ne se laisse pas faire. Néanmoins elle marque tout de même son respect en l’appelant « maître ».
  • Don Carlos est déterminé à obtenir la réponse qu’il souhaite. Dans l’empressement, il formule son interrogation de manière positive: « ta dame est bien Dona Sol de Silva? ». La seule marque de l’interrogation sera le point d’interrogation pour le lecteur, et le ton pour le spectateur.
  • Don Carlos s’enquiert de savoir où est le duc sa réplique suivante.
  • La jeune femme répond par l’affirmative aux deux interrogations totales de Don Carlos.
  • Don Carlos donne dans le registre élégiaque au moyen de la subordonnée: « Que je meure! »
  • L’homme ordonne à la jeune femme de le cacher « céans », c’est à dire ici. Il lui ordonne à l’impératif.
  • Saisie d’étonnement, la jeune femme répond au moyen du pronom exclamatif « pourquoi ».
  • Don Carlos propose un marché à Dona Josepha qui prend la forme d’un parallélisme relié par une conjonction de coordination : « cette bourse ou bien cette lame ».
  • La servante cède et se saisit de la bourse, comme nous le montre la didascalie: « Elle se saisit de la bourse ».
  • Elle continue avec une interrogative totale attributive à valeur rhétorique: « Vous êtes donc le diable? ».
  • Don Carlos répond par l’affirmative: « Oui, duègne ».

2ème Mouvement: La décision de Dona Josepha

  • Don Josepha ordonne à Don Carlos d’entrer de se cacher dans un placard au moyen de l’impératif « Entrez ».
  • Elle continue aux lignes suivantes: « Va t’en », et insiste au moyen de la circonstancielle de condition « si tu n’en veux pas ». On remarque que Don Josepha est passée du vouvoiement au tutoiement.
  • Don Carlos s’exprime au moyen d’une périphrase imagée pour désigner le moyen de locomotion des sorcières « du balais qui te sert de monture ». En précisant qu’il s’agit d’une « écurie », ce dernier insinue que Dona Josepha utilise régulièrement ses instruments de sorcellerie.
  • Don Carlos continue d’interroger Dona Josepha alors qu’il est toujours dans l’armoire. Il demande à l’aide d’interrogative totale « C’est une femme, est-ce pas, qu’attendait ta maîtresse? ».
  • Dona Josepha continue par le vocatif « O ciel! » qui traduit son désespoir. Elle ordonne ensuite à Don Carlos de fermer la porte grâce à l’impératif « Fermez vite la porte ».
  • Don Carlos profère une dernière menace à l’encontre de Dona Josepha grâce à la conditionnelle antéposée « Si vous dîtes un mot ». La principale arrive donc avec un certain temps de suspens: « vous êtes morte ».
  • Dans une dernière réplique qui clôt notre extrait, Dona Josepha s’interroge elle même: « Qu’est-ce que cet homme? ». Elle désigne comme « l’autre » celui qu’elle attendait vraiment, et qui est Hernani. Elle conclue son dialogue à elle-même en invoquant « le ciel » et en pesant la bourse de Don Carlos: « Après tout, ce n’est pas un voleur ».

Dans cette scène d’exposition originale, Victor Hugo nous donne à voir un portrait en miroir de Hernani, que l’on ne rencontrera que plus tard dans la pièce. C’est parce que l’on rencontre Don Carlos en premier que l’on comprend l’importance du personnage de Hernani dans la pièce. De la même manière, c’est parce qu’on rencontre en premier Don Josepha qu’on comprend le rôle prépondérant que jouera Dona Sol. En donnant un rôle si grand à la suivante, Dona Josepha s’inscrit dans la longue tradition des suivantes célèbres du théâtre français: Toinette dans le Malade Imaginaire de Molière en est un exemple.

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