Image étude linéaire Baccalauréat
Hémisphère dans une chevelure Baudelaire Etude Linéaire

Ne pas oublier de rajouter le numéro des lignes pour les citations du texte.

Etude linéaire de « Un hémisphère dans une chevelure », Extrait des Petits poèmes en prose, Charles Baudelaire, 1869

Plan détaillé:

1 er Mouvement: La chevelure comme un monde infini… l. 1 à 15

2 ème Mouvement: … qui rappelle la finitude de Baudelaire l. 15 à la fin

De 1853 à 1870, la ville de Paris connaît d’immenses bouleversements : le paysage urbain est en effet profondément modifié par des grands travaux initiés par Haussmann. Paris se métamorphose : les ruelles insalubres cèdent la place à de grands boulevards dessinant une géographie nouvelle. C’est dans ce contexte que paraît, en 1869, les Petits poèmes en prose de Charles Baudelaire. Dans la partie Le Spleen de Paris, Charles Baudelaire développe sur le spleen, ce mal intrinsèque au poète. Peu de choses peuvent sortir le poète de l’état de torpeur, parmi lesquelles la femme. Ses attributs physiques, ici sa chevelure, seront décrits par Charles Baudelaire, au moyen d’images inattendues qui feront toute la beauté du texte. Ainsi, quelles images Baudelaire fait-il naître des images dans son poème? Nous montrerons d’abord que c’est d’abord un monde infini que nous décrit Baudelaire dans la chevelure de la femme. Malheureusement, c’est aussi sa propre finitude qui est rappelée à Baudelaire dans la caresse de cette chevelure. Ces deux axes seront analysés dans deux mouvements analysés l’uns à la suite de l’autre.

1 er Mouvement: La chevelure comme un monde infini…

  • Le groupe prépositionnel « dans une chevelure » complète le nom féminin « hémisphère », qui rappelle la forme ronde de la tête d’une femme, et donne un aspect global à la chevelure. Parler de l’infiniment grand dans l’infiniment petit permet à Baudelaire, dans un jeu de contraste, de mettre en avant la chevelure.
  • La première ligne évoque à la fois l’odorat et la vue. le poète implore la bien-aimée à l’impératif: « Laisse-moi ». On note la répétition de l’adverbe « longtemps » qui nous frappe par son côté indéfini. Le pronom adverbial « y » introduit le groupe verbal « plonger tout mon visage ».
  • On constate que les visages des deux protagonistes sont côte à côte. La comparaison avec l’eau rappelle l’aspect fuyant des cheveux, au moyen de l’outil de comparaison « comme ». Le complément du nom « d’une source » rappelle le côté nécessaire, vital, de l’eau. La femme est aussi essentielle que l’eau au poète.
  • Une nouvelle comparaison concerne la main qui touche la chevelure, et se poursuit avec la métaphore « secouer des souvenirs dans l’air ». Le poète peut ainsi s’évader, tout en se rappelant le passé.
  • La conditionnelle qui ouvre le deuxième paragraphe est au conditionnel et se termine par triple une exclamation débutant par un adverbe « tout », rappelant à nouveau les deux sens déjà évoqués plus haut, et en en ajoutant un nouveau: l’ouïe.
  • La ligne 10 est composée d’une métaphore toujours « Mon âme voyage sur le parfum », et se poursuit par une comparaison au moyen de l’outil de comparaison comme. L’évocation de la « musique » rappelle l’ouïe juste évoquée. On sait que Baudelaire se sait mortel, est conscient de sa propre finitude. Néanmoins, le Spleen, une femme, l’exotisme lui permettent de s’élever, de penser qu’il est au dessus des autres. Jusque là, c’est l’objectif du poème.
  • Le pronom possessif « tes » contraste avec le possessif « Mon » de la ligne précédente. La focalisation semble changer. On constate la rime riche « voilures/ mâtures », qui compare la femme à un port.
  • Le COD « de grandes mers » précise l’image du poète, tout comme la subordonnée relative « dont les moussons … climats », et les circonstancielles « où l’espace … profond et « où l’atmosphère… humaine ». Le tableau qui est dépeint est celui d’un Idéal, d’un monde rêvé par les deux amants. La caresse de la chevelure donne lieu à une rêverie qui dépasse les frontières.

2 ème Mouvement: … qui rappelle la finitude de Baudelaire l. 15 à la fin

  • Si le paragraphe précédent avait lieu en hauteur, avec les termes « climats », « atmosphère », l’image du lieu fixe domine pourtant le troisième paragraphe. En ramenant la chevelure de la femme à un endroit fixe, humain, Baudelaire rappelle que le port est aussi un lieu de départ.
  • Le lexique est véritablement marin: « hommes », nations », « navires ». Le parallélisme « hommes vigoureux de toutes nations et de navires de toutes formes » est parfait, et rappelle l’universalité de l’endroit.
  • La personnification de la chaleur qui se prélasse dans le port, à bord des bateaux rajoute à l’aspect vivant de cet endroit. La chaleur est considérée comme « éternelle ».
  • Le cinquième paragraphe débute à nouveau par un groupe prépositionnel, permettant l’anaphore avec le début du quatrième paragraphe et avec celui du sixième. Le pronom personnel « je » reviens. Les assonances de « l » et de « gu » mettent en commun le temps et l’écoulement du temps.
    • Les deux compléments circonstanciels « sur un divan » et « dans la chambre d’un beau navire » complètent la réminiscence du poète. On notera l’utilisation du terme « chambre », commun à l’espace domestique et à l’espace du bateau. Une subordonnée circonstancielle complète le tableau de la ligne 20: « bercées par le roulis imperceptible du port » au moyen de la négation lexicale « imperceptible ».
    • L’ultime subordonnée circonstancielle de lieu se trouve à la ligne 21: « entre les pots de fleurs et les gargoulettes rafraîchissantes ».
    • Le sixième paragraphe est consacré à l’odorat, avec les odeurs de « tabac mêlé à l’opium et au sucre ».
    • La métaphore de la « nuit de la chevelure » contraste et forme un oxymore avec le verbe « resplendit ». Le complément du nom « de l’azur tropical » renseigne sur cette image.
    • Une troisième répétition du groupe nominal « de ta chevelure » nous laisse voir que la fin du poème approche. Après avoir vu « je vois resplendir », le poète goute « je m’enivre » et sent à nouveau « des odeurs ». L’énumération des parfums nous transporte par les odeurs. Force est de constater que l’évocation du goudron est pour le mois étonnante. Cette évocation surprenante rappelle l’attrait de Baudelaire pour le laid qu’il transforme en beau, c’est en particulier le cas dans Une Charogne.
    • L’ordre « Laisse moi » qui ouvre le dernier paragraphe fait écho au premier, encadrant le poème formant un ensemble parfait. Le COD « tes tresses lourdes et noires » contraste avec l’aspect détaché, libéré de la chevelure du début. Ici, le cheveu, à l’image de Baudelaire se referme sur lui-même, et Baudelaire retrouve les reliefs de la terre ferme.
    • La dernière proposition clôt le poème et dresse le bilan de la caresse. Les adjectifs « élastiques et rebelles » font écho à « lourdes et noires » du vers précédent. Une ultime métaphore « mange des souvenirs » rappelle au poète le temps passé.

Dans ces deux mouvements, Charles Baudelaire développe d’une façon inattendue le thème de l’amour et de l’ode à la femme. Les nombreuses images maritimes, inattendues, montrent l’étendue de l’amour et de l’admiration que l’homme porte à sa bien-aimée. Le thème de l’exotisme est un thème que Baudelaire a déjà exploité à de nombreuses reprises dans Les Fleurs du Mal, son recueil paru des années plus tôt, en particulier dans le poème L’Invitation au Voyage.

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