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Giton Les Caractères Etude linéaire

Ne pas oublier de rajouter le numéro des lignes pour les citations du texte.

Etude linéaire « Giton a le teint frais… » à « …il est riche » Extrait du Livre VI, Des biens de fortune des Caractères de La Bruyère, 1688.

Plan:

1 er mouvement: Un portrait en mouvement

2 ème mouvement: Giton dans les yeux de son public

Le XVII ème siècle sera le siècle de l’absolutisme. A Versailles se pressent les courtisans qui entourent les rois de France pour essayer d’obtenir ses faveurs. Ce comportement ne réussit pas à tout le monde, et certains, comme Fouquet, s’approcheront trop près du soleil et se bruleront les ailes. Les courtisans sont aussi soumis au regard perçant des portraitistes, dont le plus célèbre sera La Bruyère qui publiera anonymement ses Caractères en 1688. Dans ce texte, l’auteur vise de nombreux courtisans et ne se prive pas pour les critiquer. C’est ce qu’il fera avec le portrait de Giton, au livre VI, Des biens de fortune, des Caractères. Comment le comportement de ce personnage montre-t-il l’importance des biens et son influence sur les autres? Afin de répondre à ce projet de lecture, nous analyserons le texte en deux mouvement. Le premier s’attèlera à montrer Giton en action et comment chaque geste montre la richesse du pédant. Enfin, c’est aussi son public que La Bruyère le dépeint, comme nous le verrons dans le deuxième mouvement.

1 er mouvement: Un portrait en mouvement

• Dès la première ligne du texte, La Bruyère nous présente Giton, qui occupe la première place en raison de sa seule richesse. En effet, le lexique du visage et corps est associé à des termes à connotation méliorative, qui montrent la bonne santé et l’assurance de Giton. Ce dernier a: « le teint frais, le visage plein et les joues pendantes » ; « l’œil fixe et assuré, les épaules larges, l’estomac haut »; « la démarche ferme et délibérée ». L’accumulation de groupes nominaux COD du verbe avoir montrent une apparence avantageuse une manière gracieuse d’occuper l’espace par son seul corps. En effet, les possessions de Giton se traduisent dans son corps.

• Les trois propositions dont « il » est sujet montrent l’assurance de Giton dans la conversation.

• L’adverbe « médiocrement » montre qu’il écrase les autres dans les échanges verbaux, dévalorise ses interlocuteurs en les « (faisant) répéter », pour marquer qu’il ne leur a pas prêté attention, et en marquant sa désapprobation à leurs paroles « il ne goûte que médiocrement tout ce qu’il lui dit ». Hormis son autosatisfaction, c’est ce qui marque sa grossièreté, qui lui semble permise.

• Giton manque de délicatesse vis-à-vis des autres dans les manifestations corporelles jugées grossières ou dégoûtantes et où l’on attend des égards pour les autres: se moucher, cracher, éternuer.

• Les deux parties de la proposition montrent Giton comme envahissant l’espace physique et sonore: Giton « déploie », « ample », « avec grand bruit » ; « fort loin », « fort haut ». On remarque l’anaphore de l’adverbe d’intensité « fort ». Son comportement écœurant en fait le contraire de l’homme d’agréable compagnie.

• L’anaphore « Il dort le jour, il dort la nuit » montre d’abord sa quiétude d’esprit, son absence de préoccupations ainsi que sa mollesse par deux compléments circonstanciels de temps qui se complètent. Néanmoins, « il ronfle en compagnie » relève cette fois de la grossièreté, puisqu’il marque par là son mépris et son manque d’intérêt pour les autres.

2 ème mouvement: Giton dans les yeux de son public

• Si Giton est envahissant partout et dans toutes les circonstances, les autres lui accordent des privilèges, en effet, « Il tient le milieu » « en se promenant avec ses égaux ». L’anomalie de la situation est suggérée par « ses égaux », qui le traitent en supérieur.

• Giton s’impose et les autres font comme si cela allait de soi, leurs comportements étant complémentaires, ce que marquent les parallélismes et la répétition dans la ligne 8: « il s’arrête, et l’on s’arrête ; il continue de marcher, et l’on marche ». La conjonction « et » marque ici la conséquence, l’enchaînement logique. La règle générale de ces deux exemples liés à la promenade arrive en fin de phrase : « tous se règlent sur lui ».

• On lui laisse une place privilégiée dans la conversation, marquée par l’opposition des attitudes, avec le même jeu de parallélismes que pour la promenade : « Il interrompt », « on ne l’interrompt pas », « il redresse ceux qui ont la parole », « on l’écoute aussi longtemps qu’il veut parler ». Le pronom indéfini « on » englobe tous ses suiveurs, et permet une tournure qui oppose les pronoms sujets désignant Giton.

• Les égards des autres se marquent par l’approbation générale et systématique dont il jouit: « on est de son avis, on croit les nouvelles qu’il débite ». Le présent de vérité générale montre que c’est une approbation de principe, sans rapport avec la valeur des propos de Giton.

• Dans un salon aussi, Giton prend ses aises et en profite pour marquer sa supériorité au moyen de la subordonnée conditionnelle: « S’il s’assied, vous le voyez s’enfoncer dans un fauteuil, croiser les jambes l’une sur l’autre, froncer le sourcil ».

• Giton multiplie les signes extérieurs, parfaitement creux, et en opposition avec sa véritable valeur, puisqu’il est constamment déplaisant. Les signes extérieurs sont introduits par « vous le voyez », qui apostrophe le lecteur et induit le comportement des autres.

• Son spectacle de lui même le conduit à donner des signes contraires, juste pour tenir son rôle : « abaisser son chapeau sur ses yeux pour ne voir personne, ou le relever ensuite ». Les causes avancées de ces gestes destinés seulement à son public, « par fierté et par audace », sont donc ironiques. Il s’agit de l’apparence que souhaite donner Giton, alors que ce ne sont pas ses caractéristiques véritables.

• Le paragraphe se termine par une accumulation d’attributs du sujet au nombre de huit qui le montrent sûr de lui et à l’aise: « enjoué, grand rieur », déplaisant dans ses rapports avec les autres « impatient, présomptueux, colère, libertin », calculateur « politique », vaniteux « mystérieux sur les affaires du temps ; il se croit des talents et de l’esprit ».

• La brièveté de la conclusion à tirer de tous ces signes, de toutes ces apparences: « Il est riche », contraste avec la longue période constituée par le reste du paragraphe. Cette conclusion en constitue aussi l’explication : la seule raison des égards des autres et de la fatuité de Giton est son aisance matérielle. Ce caractère est à mettre en rapport avec le portrait de Phédon, qui sera dépeint juste après. En somme, le parallèle entre les deux portraits antithétiques du riche et du pauvre, dont la place dans la société n’est déterminée que par la comédie sociale qui décide que les biens sont un critère plus important que le mérite, constitue aussi une critique du fonctionnement de la société, au même titre que Le mariage de Figaro, la pièce de Beaumarchais, au siècle suivant constituera une critique de la société.

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