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Fragment 82 Pensées Pascal étude linéaire

Fragment 82 Pensées Pascal étude linéaire

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Etude linéaire de l’extrait du fragment 82 des Pensées de Pascal, de « Nos magistrats » à « tout du monde », 1669.

Plan:

1er Mouvement:  Les habits magistrats et les médecins développent notre imagination et influencent nos jugements

2 ème Mouvement: Seuls les gardes du Roi sont légitimes pour porter haut les valeurs du royaume

Le XVII ème siècle est le siècle de la raison. En effet, le philosophe français Descartes développe le mouvement du cartésianisme, cette foi en l’homme et en son doute intrinsèque. Blaise Pascal, proche des jansénistes, philosophe et mathématicien, pense que la vie humaine est vaine et trompeuse. A sa mort, ses proches trouvent vingt sept liasses de fragments portant ses réflexions sur la nature humaine, publiées en 1669 sous le titre de Pensées. Dans le fragment  « Imagination », l’auteur nous donne à voir une leçon sur le pouvoir des apparences en prenant trois exemples: les magistrats, les médecins, et les hommes de guerre. Comment cette démonstration permet-elle à Pascal de critiquer l’imagination et de nous placer dans une vision du monde toute rationaliste? Dans un premier mouvement, nous verrons que c’est d’abord aux magistrats et aux médecins que Pascal reproche de porter un habit trompeur. Dans un deuxième mouvement, nous verrons que selon l’auteur, seuls sont dignes de porter un habit de valeur les gardes du Roi, car ils protègent de la sorte le souverain.

1er Mouvement: Les habits des magistrats et les médecins développent notre imagination et influencent nos jugements

  • Dès la ligne 1, Pascal nous invite à réfléchir avec lui, grâce à l’utilisation du pronom possessif « nos ». L’adverbe « bien » insiste sur la manière, alors que le démonstratif « ce » ne renvoie à rien pour le moment: ainsi, placer ce pronom devant le nom « mystère » renforce l’aspect énigmatique de cet élément. Pascal nous invite à la réflexion tout en pensant que nous savons ce qu’est « ce mystère ». Cette stratégie permet d’augmenter notre envie de lire la suite du texte.
  • La répétition du pronom possessif « leurs » indique que l’auteur va parler de la façon de se vêtir des « magistrats » dont il a parlé dans la ligne 1. Il est maintenant temps pour lui de parler de leur habits de fonctions, caractérisés entre autre par la subordonnée relative « dont il s’emmaillotent en chats fourrés » ligne 2. Les « palais où ils jugent » est ici complément circonstanciel de lieu complétant le verbe « était bien nécessaire ». L’adverbe « fort nécessaire » est ici attribut du sujet « appareil ». Grâce à l’accumulation, l’auteur souhaite montrer l’ironie et nous rappelle que cet apparat fait partie de ce qu’il nomme « imagination ».
  • C’est aussi le cas de la ligne 3 qui débute par la conjonction de coordination à valeur d’opposition « Et ». Pascal, après nous avoir parlé des magistrats, nous parle désormais des « médecins ». La subordonnée conditionnelle « si les médecins » dotée de la négation « n’avaient que » nous montre bien ce que critique pascal: l’apparence des professions ne fait pas des professionnels des hommes de confiance. Il développe ici la même idée que pour les magistrats de la ligne précédente. Le champ lexical de l’habillement renforce cette idée, comme on peut le voir ligne 4: « soutanes », « mules », « bonnets », « robes ». Tous les pluriels permettent la généralisation, il s’agit pour Pascal de généraliser pour démontrer son propos. Le subjonctif plus que parfait « n’eussent” »nous place dans l’hypothèse, dans la condition, dans l’irréel, dans ce qui pourrait être. L’adverbe « jamais » s’inscrit ici dans l’hyperbole, agrémentée du conditionnel passé « auraient dupé » et du COD « le monde »: les habits des médecins leurs permettent de « duper » le monde. Le « monde » ici est décrit comme ne pouvant « résister à cette montre si authentique ». Le superlatif « si » participe encore à l’hyperbole.
  • Les conditionnelles qui suivront dans les lignes 7 et 8 montrent que l’habit ne permet pas de se donner une légitimité. Selon Pascal, la « véritable » justice et le « vrai » art ne nécessitent pas d’accoutrements. Les deux adjectifs dérivés « véritables » et « vrai » insistent sur le manque d’honnêteté des magistrats et des médecins. La principale « ils n’auraient que faire des bonnets carrés » au conditionnel présent nous place dans l’hypothèse, l’habit ne fait pas un professionnel qui ne l’est pas.
  • Pascal nous donne sa thèse dans la ligne suivante. Cette dernière est exprimée au conditionnel, comme on peut le voir avec le verbe « serait ». La « majesté » est ici personnifiée, étant « assez vénérable » en elle-même.
  • La phrase suivante débute par la conjonction de coordination à valeur d’opposition « mais », suivie de la négation « ne que ». Ici l’euphémisme des « sciences imaginaires » sert aux professionnels pour se donner une légitimité. La complétive « qu’ils prennent ces vains instruments » complète le verbe « faut ». La subordonnée relative « qui frappent l’imagination » complète le nom « instruments » est en position apposée. On note ici la première occurrence du terme « Imagination » qui est le titre du fragment.
  • C’est parce que leurs sujets croient en ces habits, que les magistrats et les médecins mobilisent les « instruments », la faute est aussi à rechercher du coté du public, comme l’explique la périphrase « ils ont affaire ». C’est de ce « respect » que parle Pascal dans ce texte.

2 ème Mouvement: Seuls les gardes du Roi sont légitimes pour porter haut les valeurs du royaume

  • Dans les lignes suivantes, Pascal explique que « seuls les gens de guerre » ont selon lui, le droit de porter des habits correspondants à leur rôle. C’est ainsi que le terme « déguisé », métaphore de l’habit professionnel des magistrats et des médecins. Pascal considère qu’ils sont les seuls à pouvoir porter ces habits car leur part est « plus essentielle ».
  • Le parallélisme de la ligne suivante « ils s’établissent pas la force, les autres par grimace », permet la critique du deuxième élément, ceux qui s’établissent par « la grimace ».
  • Pascal justifie l’habit militaire car il protège le roi, qui a besoin de protection. Le champ lexical se fait alors un peu plus militaire, comme on peut le voir avec « gardes », « hallebardes », « troupes armées » dans la ligne suivante. Le verbe « masqués »connote le domaine de la ruse.
  • Le démonstratif « ces » désigne « troupes armées » décrit la protection du roi, à l’aide de la subordonnée relative « qui n’ont de mains et de force que pour eux » et « qui marchent au devant ». Le verbe d’action « marchent » et les métonymies « mains », « force », « trompettes » et « tambours » accentuent l’effet « saynète » que Pascal nous donne à voir. L’auteur nous montre un champ de bataille pour rendre son discours plus percutant.
  • La phrase suivante est percutante « ils n’ont pas l’habit seulement, ils sont la force » est au présent de vérité générale, valeur du temps énonçant une maxime, presque une morale.
  • Pascal justifie alors la « pureté » d’une raison, imaginant ce pourquoi une ennemi potentiel viendrait attaquer un roi si bien protégé. Le conditionnel nous place encore une fois dans l’image, dans ce qu’imagine Pascal pour justifier son propos. L’adjectif numéral « quarante mille » rend l’image encore plus impressionnante, mais indique aussi l’exagération de l’auteur. La référence au « sérail » place le souverain royal dans une veine orientale, on se souverain des ennemis de la France à l’époque.
  • C’est enfin la conclusion de cet extrait que nous donne à voir Pascal dans les lignes 27 à 30. Dans ces phrases, l’auteur reprend le pronom personnel « nous » du début, créant ainsi un cadre à ses exemples. Pascal répète que l’habit ne garantit pas la compétence d’un professionnel.
  • Enfin, la dernière phrase énoncée au présent de vérité générale donne tout de même un peu d’importance à l’imagination, qui, bien que critiquée par l’auteur, garantie la fiction et de fait, l’art.

Dans ce fragment, Pascal dénonce l’imagination qui nous trompe et ne nous permet pas d’identifier les véritables valeurs des gens autour de nous. Les magistrats et les médecins utilisent ainsi, selon Pascal, leurs attributs pour assouvir leur autorité. Seuls les gardes du Roi et le Roi ont selon l’auteur, les prérogatives pour revendiquer de tels habits. Ainsi, l’auteur se place dans la lignée de Molière, son contemporain qui critique les médecins.

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