Cours particulier français
Fiche philo 2 L’Etat

Fiche 2:

L’Etat

Définition: L’Etat c’est l’ensemble des éléments qui organisent la société, donc les institutions politiques, judiciaires et administratives. Ces institutions exercent une autorité sur les individus.

L’état d’une personne, sans majuscule, c’est comment elle est, comment elle se sent. L’Etat concerne le domaine privé et le domaine public. A ne pas confondre avec le gouvernement (les hommes politiques élus qui ont le pouvoir exécutif).

Une société, c’est l’état de la vie collective, un groupe d’individus vivant en relation réciproque sous des lois communes.

L’Etat de nature, c’est l’état dans lequel étaient les hommes avant d’être soumis à la société.

Citations à retenir:

L’Etat pour Spinoza: « En vérité, le but de l’Etat, c’est la liberté ».

Thomas Hobbes reprend le poète latin Plaute: « L’Homme est un loup pour l’homme ».

ou encore « L’Etat dispose de tant de puissance et de force assemblées en lui que, par la terreur qu’elles inspirent, il peut conformer la volonté de tous en vue de la paix à l’intérieur et de l’entraide aux ennemis de l’étranger ». Léviathan, 1651

Problématiques:

  • L’État fait le bonheur des citoyens ? Une société sans état est-elle possible? Comment assurer l’ordre et la paix en l’absence d’Etat? L’Etat est-il une convention humaine? Les hommes sont-ils naturellement violents?
  • Qu’est-ce qu’un Etat juste, légitime? Y-a t-il une violence légitime? Qu’est-ce que la raison d’Etat? La morale est-elle la meilleure des politiques?
  • Quelle est l’origine de l’Etat? Quelle est la finalité de l’Etat? Comment définir l’Etat? A quelles conditions peut-on parler d’Etat?

Premier point de passage: l’Etat juste

Aristote définit ce qui est juste et injuste dans Les livres I et II de La Politique. Pour lui, le douloureux et l’agréable sont des sensations que nous partageons, avec les animaux. Le juste et l’injuste sont des valeurs qui ordonnent la constitution des lois.

L’Etat de droit est un Etat dont le pouvoir n’est pas absolu. C’est ce qu’explique le philosophie français Montesquieu, dans son oeuvre, De l’Esprit des Lois, 1748. Tous les citoyens sont soumis aux mêmes lois. Un contre pouvoir c’est lorsque la société contrôle l’Etat grâce à des moyens de pression. Pour Condorcet, les lumières désignent les capacités rationnelles de l’homme qui pense par lui-même de façon critique. Le philosophe l’explique dans le livre V de Cinq mémoires sur ll’Instruction publique, en 1791. Cette façon de voir l’Etat, elle nous est familière car c’est celle de la démocratie. Mais attention, une démocratie c’est fragile.

Alors, pourquoi se soumettre au pouvoir politique?

Lorsque l’homme n’est pas soumis aux codes de la société, on dit qu’il est dans l’Etat de nature. C’est l’hypothèse des philosophes des XVII et XVIII ème siècles. Les hommes seraient sortis de leur Etat de nature en formant des sociétés, en se soumettant à des lois, à des pouvoirs politiques. Pour Hobbes, dans Le Léviathan en 1651, l’état de nature peut être vu comme un état de guerre de tous contre tous. Pour Rousseau, les hommes vivent dans la peur permanente, ils craignent pour leurs vies, leurs biens. Le philosophe l’explique dans Le Contrat Social en 1762. Les hommes vont donc abandonner leur liberté naturelle et donnent le pouvoir à un souverain ou à la volonté générale. C’est ce que Rousseau appelle le contrat social. L’État est une création humaine.

Hobbes et Rousseau sont tous deux pour le contrat social.

Deux citations de Rousseau:

« En aliénant l’indépendance naturelle, on accède à la liberté civile garantie par la loi ». « L’obéissance à la loi qu’on s’est prescrite est liberté ».

Deuxième point de passage: l’Etat juste

L’État juste nous libère de la peur, de l’arbitraire. Il garantit nos droits fondamentaux : la liberté de pensée et d’expression. C’est ce que dit Spinoza, dans Le Traité théologico-politique en 1670. Selon John Locke, dans le Traité du gouvernement civil, les droits naturels que nous perdons en quittant l’état de nature sont compensés par des droits politiques, garantis par l’État.

Pour Montesquieu, dans un État juste, tous les pouvoirs ne sont pas concentrés entre les mêmes mains. Il s’agit de la séparation des pouvoirs. C’est ce qui a donné lieu à l’éclatement de la monarchie absolue, car le roi possédait alors tous les pouvoirs: religieux, judiciaire, législatif.

On rejoint ici Kant et sa vision de la liberté, qui est l’action incessante de la volonté pour lutter contre la servitude. Mais cet exercice n’est possible que si le système politique propose un espace public d’échanges et une éducation au jugement critique.

Troisième point de passage: quand l’Etat dépasse son pouvoir

Le despotisme est le règne de l’arbitraire : « Un seul, sans loi et sans règle, entraîne tout par sa volonté et par ses caprices », comme l’indique  Montesquieu, dans De l’esprit des lois. Pour Machiavel, dans Le Prince, le despote n’est lié par rien et peut utiliser la violence et la ruse pour se faire craindre.

Le despotisme éclairé est une forme plus insidieuse de despotisme, car il prétend faire le bonheur du peuple. C’est le « despotisme doux » tel que le décrit Diderot dans La Réfutation suivie de l’ouvrage d’Helvétius intitulé L’Homme en 1783.

Le totalitarisme peut être vu comme une excroissance de l’État qui envahit les sphères de la société. L’État totalitaire s’appuie sur un pouvoir instable, mobile, comme le montre Hannah Arendt en 1951 dans Le Système Totalitaire, qui entretient la peur, car les citoyens ne savent plus à qui ou à quoi ils doivent obéir.

Il semble facile de distinguer l’État juste, légitime, de l’État injuste, illégitime. Pascal, philosophe français, énonce que la justice n’est qu’un autre nom pour la force. Même dans une démocratie, l’État juste peut user de violence, il a le « monopole de la violence physique légitime » comme le dit Max Weber dans Le Savant et le Politique ainsi que Michel Foucault dans Surveiller et Punir, en 1975.

Pour Marx et Engels, dans L’idéologie allemande, loin d’être neutre et impartial, l’État est un instrument au service de la classe dominante.

Pour Alain, dans les Propos d’un Normand, en 1952, ne rien attendre de l’Etat c’est lui résister. Ainsi, on arrive à l’anarchie. Il dit: « Obéir en résistant, c’est tout le secret. Ce qui détruit l’obéissance, est anarchie, ce qui détruit la résistance est tyrannie ».

Exemple de plan détaillé:

Sujet: La force de l’Etat est-elle nécessaire à la liberté des citoyens?

I Oui, la force de l’Etat est nécessaire à la liberté des citoyens.

Hobbes

II… Mais cette force n’est pas suffisante

Montesquieu

III Comment garantir la liberté des citoyens sans la force?

Apprentissage éducatif de cette liberté (Tocqueville, De la Démocratie en Amérique).

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