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Etude linéaire « Quand vous voyez quelquefois… » à « …contre les loups » Extrait du Livre X, Du souverain ou de la République des Caractères de La Bruyère, 1688.

Etude linéaire les Caractères de La Bruyère

Etude linéaire « Quand vous voyez quelquefois… » à « …contre les loups » Extrait du Livre X, Du souverain ou de la République des Caractères de La Bruyère, 1688.

Ne pas oublier de rajouter le numéro des lignes pour les citations du texte.

Plan:

1 er mouvement: Un tableau pastoral (jusqu’à « brebis »)

2 ème mouvement: Le berger prince de son royaume (de « brebis » jusqu’à « servitude »)

3 ème mouvement: La morale de La Bruyère (de « servitude » à la fin).

Le XVII ème siècle sera le siècle de l’absolutisme. Lors de ce siècle, les gouvernants utiliseront l’argent public à leur guise. En effet, leur pouvoir, leur légitimité vient de Dieu, ce qui empêche toute remise en question du peuple. Pourtant, des voix se font entendre et amorcent le mouvement des Lumières qui renversera cet absolutisme. La Bruyère, critique virulent de la cour et de ses souverains, publiera anonymement ses Caractères en 1688. Dans ce texte, l’auteur nous propose une parabole pastorale à propos de l’usage de l’argent public. Comment la critique se fait-elle voir derrière ce texte proposant un tableau si paisible? Afin de répondre à ce projet de lecture, nous analyserons le texte en trois mouvements. Le premier s’attèlera à montrer le tableau pastoral que La Bruyère dépeint, puis les actes du berger au milieu de ses brebis dans le deuxième mouvement, et enfin la morale que l’auteur nous livre dans le troisième mouvement.

1 er mouvement: Un tableau pastoral

  • La première circonstancielle de temps se poursuit sur 8 lignes. Elle interpelle le lecteur en le nommant « vous ». L’adverbe « quelquefois » nous place dans le domaine de l’indéfini, la situation temporelle est floue. Le verbe au présent d’énonciation nous interpelle et nous donne une situation à voir. L’antéposition de l’adjectif « nombreux » à « troupeau » met en avant le nom « troupeau ».
  • Le groupe prépositionnel « sur une colline » est aussi composé d’un déterminant indéfini complété par le complément circonstanciel « vers le déclin d’un beau jour ». Le tableau dépeint est volontairement imprécis.
  • Le cadre bucolique est développé au moyen du champ lexical de la prairie, nous avons en effet « troupeau », « colline », « thym et serpolet », plus loin « prairie » et « herbe ».
  • La personnification de l’herbe « ayant échappé à la faux du moissonneur » rend le récit vivant.
  • Le personnage principal de l’action est désigné par un article « le », décrit au moyen des épithètes « soigneux et attentif ». Le verbe d’état « est » nous montre ce berger statique, en observation. Le tableau est décrit de manière un peu plus précise.

2 ème mouvement: Le berger prince de son royaume (de « brebis » jusqu’à « servitude »)

  • L’énumération des verbes d’action qui décrivent ses mouvements nous le dépeint comme actif: « il ne les perd pas de vue, il les suit, il les conduit, il les change de pâturage ». La conditionnelle « si un loup avide apparaît » nous indique que le berger est prêt à tout.
  • La subordonnée relative « qui le met en fuite » complète le nom chien, nous laissant voir une action se déroulant sous nos yeux. Le parallélisme « il les nourrit, il les défend » montre l’harmonie des gestes du berger face à ses brebis.
  • La personnification de « Aurore » qui « le trouve » nous laisse voir une symbiose directe entre la nature et le berger. Le lyrisme est ici à son comble.
  • La gradation « quels soins! quelle vigilance! quelle servitude! » montre l’admiration du narrateur face aux actes du berger.

3 ème mouvement: La morale de La Bruyère (de « servitude » à la fin).

  • La question rhétorique qui suit interpelle directement le lecteur. La question philosophique qui est posée est donc celle de la liberté, thème cher aux penseurs du XVII ème siècle.
  • Le parallélisme parfait « ou du berger ou des brebis » nous permet de prendre de la hauteur sur les sujets de la fable contée par La Bruyère.
  • C’est la question de l’origine de la servitude, du premier maître, qui est posée en suite.
  • La proposition suivante n’a pas d’article et commence tout de go, à la manière de la morale d’une fable au présent de vérité générale: « Image naïve des peuples et du prince qui les gouverne ». Cette absence de déterminant et d’article rend la sentence encore plus sévère, et le jugement sur cette image naïve encore plus dur. La conditionnelle « s’il est bon prince » induit encore un autre facteur à prendre en compte.
  • La Bruyère nous livre enfin la morale de sa parabole dans le second paragraphe. Il nous donne à voir une image incohérente, celle du berge habillé « d’or et de pierreries », qui bien qu’étonnante, sera claire pour le public qui reconnaîtra facilement le roi. Le complément du nom « d’or » revient à cinq reprises dans ces dernières lignes. Ici La Bruyère compare le peuple aux brebis du troupeau.
  • La dernière question relève de la rhétorique: elle nous demande à quoi sert l’argent donné au roi si son rôle peut être aussi simple que celui d’un berger gardant des brebis. « Les loups » peut ici être une paraphrases des ennemis extérieurs ou intérieurs du royaume de France.

Cette dernière question qui forme la conclusion peut paraître comme une critique faite au roi. Ici La Bruyère pose la question de l’utilisation des richesses du royaume. Il joue pleinement son rôle de moraliste. C’est ce but qu’il poursuivra dans d’autres critiques du fonctionnement de la société, notamment la question de l’origine sociale dans Giton et Phédon, qui sera repris dans Le mariage de Figaro, la pièce de Beaumarchais.

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