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Etude Linéaire Mariage de Figaro, Acte III scène 16, 1784

Etude linéaire Mariage de Figaro, Acte III scène XVI du Mariage de Figaro,  de Beaumarchais, 1784.

Du début jusqu’à « C’est clair, il ne l’épousera pas ».

Ne pas oublier de rajouter le numéro des lignes pour les citations du texte.

Etude linéaire de l’acte III scène XVI du Mariage de Figaro,  de Beaumarchais, 1784,

Du début jusqu’à « C’est clair, il ne l’épousera pas ».

Plan:

1 er mouvement: La dernière chance de Figaro

2 ème mouvement: La reconnaissance inattendue

Le XVIII ème siècle est celui de la comédie. Ce genre provoque tout le long du siècle en France un engouement phénoménal. L’un des principes de la comédie de cette époque est de construire une histoire amoureuse suivie de nombreux rebondissements qui raviront le public. Beaumarchais sera l’un des auteurs qui s’illustrera dans ce genre. L’une de ses pièces, Le Mariage de Figaro, peut se lire comme une succession d’étapes plus rocambolesques les unes que les autres. Présentée pour la première fois au public en 1784, la pièce raconte les obstacles qui s’opposent au mariage de deux domestiques: Figaro et Suzanne. Outre l’opposition du Comte, maître de Figaro, qui préférerait garder Suzanne pour lui, le couple doit faire face à la passion de Marceline. Cette dernière est éprise de Figaro et veut le contraindre de l’épouser par un procès pour dette. Dans l’acte III scène 16, Beaumarchais a recours à un expédient bien connu: la reconnaissance. Par quel tour de force Beaumarchais réussit-il à provoquer le rire du public dans une scène qui révèlera une fin inattendue? Une analyse du texte en deux mouvements permettra de commenter ces deux temps successifs. Dans un premier mouvement, nous montrerons le dernier stratagème que Figaro cherche à mettre en place. Dans un second mouvement, nous verrons comment Beaumarchais réussit-il à renverser la situation et à rendre obsolète son mariage avec Marceline.

1er mouvement: La dernière chance de Figaro

  • Au début du texte, les répliques des deux personnages ennemis sont construites en opposition. L’opposition des personnages est frontale. L’antithèse « je respire » et « j’étouffe » insiste sur cette idée.
  • Les deux répliques en aparté (indiqué dans la didascalie « à part ») font du public un confident: le but est de placer le spectateur dans une situation qu’il croît connaître pour mieux le surprendre. En effet, les deux personnages ne font que répéter ce que l’on sait déjà, à savoir que: le Comte veut se venger car il a compris que Suzanne se jouait de lui et ne badinait avec lui que pour épouser Figaro en cachette.
  • La situation semble complètement bloquée. Malgré l’interpellation de Figaro le Comte s’en va.
  • Beaumarchais provoque le rire dans l’échange entre Figaro et Bridoison. Pour ce faire, il utilise le comique de mots en insultant le juge qu’il qualifie d’ « enflé », c’est-à-dire d’imbécile. Comme le juge bégaie et qu’il se contente de répéter la phrase de Figaro, l’auteur provoque le rire du public.
  • Figaro utilise alors son argument favori: c’est un enfant noble qui a été perdu, il ne peut épouser une roturière sans autorisation.
  • Le valet fait face à l’intransigeance de Bartolo. Ce dernier sait que si Figaro n’épouse pas Marceline il sera contraint de le faire. Il utilise donc la phrase déclarative sur le ton de l’ordre (« vous l’épouserez » ainsi que deux impératifs (« nommez-les, montrez-les »). Le parallélisme de construction fait rire le spectateur, car il provoque la répétition des pronoms.
  • La réponse de Figaro fait alors rire le spectateur car le jeu est totalement faussé sur la causalité: il les cherche depuis longtemps donc il va forcément bientôt les trouver.
  • Avec l’intention du Comte, la scène tourne à l’affrontement et on repère l’émotion du personnage. Pour le souligner, l’auteur utilise la répétition des participes passés utilisés comme adjectifs « volés, perdus » sur lesquelles l’auteur insiste, en utilisant l’italique notamment. L’alternance des exclamatives et des interrogatives insistent bien sur ce point.
  • Seul Figaro garde son calme au milieu de la tempête: c’est le personnage du valet rusé cher à la comédie. Il demande à ce qu’on lui laisse « le temps » de trouver ses parents.
  • Figaro appelle Bartolo « docteur », il le corrige en reprenant ses termes, sans céder à la passion. On le voit aussi dans la déclaration finale. Figaro tente de justifier sa naissance noble en faisant correspondre son discours avec sa qualité. Le propos est soutenu: on note la proposition subordonnée conditionnelle placée en exergue, le rythme ternaire (« langes », « tapis », « joyaux »), l’absence d’article devant les objets pour sous-entendre leur profusion et le terme savant de « hiéroglyphe » pour un tatouage).

2ème mouvement: La reconnaissance inattendue

  • Beaumarchais interrompt brutalement ce récit grandiloquent et réintroduit du comique. En effet, la mention d’un tatouage sur le bras de Figaro fait réagir vivement Marceline. Sans même l’avoir vu, cette dernière identifie le tatouage du valet qui répond à sa question par une autre: « d’où savez-vous que je dois l’avoir? ».
  • A l’exclamation pleine d’émotion de Marceline (« Dieux! C’est lui! »), il répond sans aucune émotion: « Oui, c’est moi. ».
  • Comme Marceline, Bartolo a compris la situation mais n’arrive pas à y croire. Dans sa courte intervention, interrogative et exclamatives se succèdent pour montrer la surprise.
  • En révélant le nom de baptême de Figaro, Marceline confirme sa déclaration et relance encore le comique, car le nom Emmanuel peut être considéré comme comique. Ce nom signifie Dieu, Figaro peut apparaître comme l’enfant du miracle, écho avec l’exclamation de Marceline plus haut.
  • Bartolo commence à croire à l’histoire de Marceline. Il reconnaît son enfant mais reste soupçonneux. D’ailleurs il passe au tutoiement dans cette réplique. Son interrogation totale et au registre familier confirme ses soupçons, tout en précisant les circonstances de l’enlèvement de l’enfant.
  • Toujours incrédule, Figaro renoue avec le comique. Il se laisse emporter une fois de plus par ses illusions et défend une prétendue ascendance aristocratique. Il vouvoie donc Bartolo. Sur un ton exalté, il s’exprime à nouveau avec un registre soutenu. Ainsi, il utilise une hyperbole (« des monceaux d’or »), le champ lexical de la noblesse (« noble », « illustres », « chateau ») et traite Bartolo comme un domestique en l’appellant familièrement « mon bon docteur ».
  • La révélation finale renverse définitivement la situation et provoque le rire du spectateur par son dynamisme. Les personnages échangent des répliques en stichomythie et répètent quatre fois le mot « mère » de manière mécanique.
  • La déception du Comte est aussi importante que celle de Figaro qui ne veut toujours pas y croire. Il prend le second sens de « mère »  et tente d’identifier Marceline comme sa nourrice.
  • Cependant, la révélation de la paternité de Bartolo est encore plus douloureuse pour Figaro: le valet ne répond que par des gémissements.
  • Le comique de la scène est encore redoublé par Marceline. Sa question est incongrue et ponctuée par l’hyperbole (« mille fois »). Ici, elle sous entend qu’un lien naturel de maternité existait depuis toujours entre eux.
  • Après une nouvelle exclamation du Comte (sa mère! ») qui relance le rire des spectateurs, la conclusion de la situation est prononcée par le juge « c’est clair, il ne l’épousera pas ». Figaro ne peut pas épouser Marceline, ce serait de l’inceste. Cette déclaration est cependant totalement décalée face à l’énormité de la révélation précédente.

Dans cet extrait du Mariage de Figaro, Beaumarchais joue avec les codes de la comédie classique pour laisser au dénouement de sa pièce. Il peut le faire en deux temps: d’abord en permettant à Figaro d’établir un dernier stratagème concernant son identité, puis en révélant à tous son origine. Ici, Figaro fait écho aux nombreux enfants volés de la comédie. Dans L’Avare (V,5), le récit de Valère et Mariane fait mention de rubis et d’un bracelet d’agates permet à Anselme de reconnaître ses enfants.

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