Image étude linéaire Baccalauréat
Etude linéaire « Femmes soyez soumises à vos maris! », Voltaire, 1759-68

Etude linéaire Femmes soyez soumises Voltaire

Etude linéaire de Femmes soyez soumises Voltaire, de « L’abbé de Chateauneuf » à « formât un esclavage » extrait de Mélanges, pamphlets et oeuvres polémiques 1759-68.

 

Ne pas oublier de rajouter le numéro des lignes pour les citations du texte.

Etude linéaire de « Femmes soyez soumises à vos maris! » de « L’abbé de Chateauneuf » à « formât un esclavage » extrait de Mélanges, pamphlets et oeuvres polémiques 1759-68.

Plan:

1 er mouvement: un dialogue entre un abbé et une femme révoltée

2 ème mouvement: un discours de philosophe

Le XVIII ème siècle est celui du réveil philosophique, humaniste de la société française. Dans un monde auparavant dominé par la monarchie tenant son pouvoir directement de Dieu, la religion régissait la vie des français. Dans cette société de privilèges, peu de voix s’opposèrent à ce régime. L’une de ces voix fut celle de Voltaire (1694-1778), écrivain français qui fit de sa vie un combat pour l’égalité des personnes et le respect de leurs droits. L’un de ses combats concernera les droits des femmes. C’est ce sujet qui concerne le pamphlet « Femmes, soyez soumises à vos maris », extrait de Mélanges, pamphlets et oeuvres polémiques, rédigés entre 1759 et 68. L’auteur utilise des personnages de fiction, une dame et un abbé, pour nous donner son avis sur la conduite que doit tenir une femme. Comment dans cette conversation apparemment légère entre ces deux personnages, Voltaire arrive t-il à faire passer ses idées concernant la condition féminine? Tout d’abord, l’auteur nous propose un dialogue savoureux entre un homme d’église et une femme campée sur ses positions. Il prend ensuite la parole pour nous proposer la thèse de son discours.

1er mouvement: un dialogue entre un abbé et une femme révoltée

  • Le discours de Voltaire va s’inscrire dans l’anecdote. L’auteur va nous raconter une histoire qui débute dès le début du texte. Des indices nous sont donnés sur la situation d’énonciation. L’abbé de Chateauneuf est désigné dès le début, ainsi qu’un pronom, « la », qui désigne une femme dont on ignore pour le moment l’identité. Ce pronom est qualifié par groupe adjectival « toute rouge de colère », qui traduit l’énervement du pronom « la ». Le temps utilisé est celui du passé simple, à valeur d’action de premier plan. On note l’insertion du discours direct que l’on remarque avec les guillemets qui introduisent la phrase interrogative de l’abbé « Qu’avez-vous donc, madame? ». L’adverbe « donc » indique l’étonnement de l’abbé face à l’expression de la dame.
  • Le dialogue se poursuit avec les paroles de Madame la maréchale. Cette dernière explique qu’elle a « ouvert par hasard », « un livre ». L’adverbe « par hasard », avec le verbe à l’imparfait « traînait » dans la subordonnée relative complément de l’antécédent « livre », montrent bien que cette femme cherchait à s’instruire. Tout le monde n’a pas un « cabinet », et des « livres » qui traînent. L’enchaînement des actions de la femme est marqué par la ponctuation. On note de nombreuses virgules, des points virgules qui montrent les gestes saccadés de la femme, et son empressement à jeter le livre. C’est aussi le cas avec les nombreux pronoms personnels « j’ », « mon », « je », « j’ », et « j’ ». La citation est à l’impératif, elle donne l’ordre aux femmes de se soumettre à leurs maris. L’emploi du possessif « vos » montre bien que l’on s’adresse à elles de manière personnelle. Le ton employé par cette dame est celui de la révolte, de l’indignation.
  • La réponse de l’abbé s’exprime par une exclamation, « Comment, madame! », qui montre l’abbé vraiment choqué par le comportement de la dame. Il précise l’auteur du livre, en espérant qu’elle revienne sur sa réaction. C’est pour cela qu’il cite le titre et l’auteur du livre « de Saint Paul » en espérant que la mention du Père de l’église ramène la dame à la raison.
  • La maréchale répond « Il ne m’importe de qui elles sont », qui montre bien qu’elle n’a que faire de l’auteur. Elle qualifie l’auteur de « très-impoli », groupe adjectival formé d’un adverbe et d’un adjectif. Ce groupe est relié par un tiret, faisant écho à « très-difficile à vivre », dans un parallélisme accentuant à quel point elle dénigre l’homme.
  • Elle poursuit par l’anecdote et parle de sa situation à elle introduit par l’adverbe de négation « jamais », « le Maréchal ne m’a écrit dans ce style ». Le registre devient comique lorsque la maréchale apostrophe l’abbé avec le possessif « votre Saint Paul », induisant une proximité entre les deux hommes d’église. Elle blasphème presque en demandant s’il « était marié ».
  • L’abbé répond par l’affirmative, « Oui, madame », de la ligne. La virgule entre ces deux mots montrerait que l’abbé essaie de faire en sorte de ralentir le rythme de du pamphlet de la dame, en essayant de faire que la conversation reprenne un ton plus calme.

2 ème mouvement: un discours de philosophe

  • La maréchale débute son réquisitoire par un imparfait du subjonctif « il fallait que sa femme fût », qui montre l’antériorité de ses propos. La conditionnelle « si j’avais été la femme d’un pareil homme » montre que la maréchale ramène tout à elle. Saint Paul n’est plus « qu’un pareil homme » à qui la maréchale « aurait fait voir du pays ». L’euphémisme montre bien les pensées qu’elle a vraiment à propos de cette maxime :« Soyez soumises à vos maris ». On remarque que le « femme » a disparu, pour rétrécir la citation.
  • La maréchale le corrige avec la conditionnelle « s’il s’était contenté de dire » qui introduit une forme de discours direct dans le discours direct listant la liste des adjectifs que la maréchale considère comme nécessaires à une femme « douces, complaisantes, attentives, économes ». Elle dresse un portrait d’une femme docile, qui est tout sauf elle-même. Elle continue le dialogue avec le prétendu Saint-Paul en jugeant sa réponse mais ne lui laisse pas le temps de continuer son discours, car elle enchaîne tout de suite avec une autre interrogative « et pourquoi soumises, s’il vous plaît? ». La question s’adresse tour à tour à l’abbé, à Saint-Paul, et au lecteur.
  • L’adverbe de temps « Quand » marque le début du récit de son expérience en tant que femme mariée, qui se poursuit avec le verbe au passé simple « j’épousai M. De Grancey ». La répétition du verbe « promettre » au passé simple (« nous nous promîmes ») met en évidence l’engagement des deux. Le groupe de mots « être fidèles » exprime l’une des obligations du mariage qui doit être respecté toute au long de la vie. Ainsi l’adverbe « trop » lié avec la négation du verbe « garder » au passé composé « je n’ai pas gardé » nous montre d’une manière claire qu’elle n’a pas fait des efforts pour garder sa fidélité (« sa parole »).
  • La première interrogative qui suit met en avant la thème de l’esclavage « sommes-nous donc des esclaves?’ » en accentuant cette question au moyen de la conjonction « donc ». La deuxième interrogative pose le sujet de la grossesse, assimilé à « une maladie de neuf mois ». L’adjectif « mortelle » rappelle les risques de la mise au monde au XVII ème siècle. La répétition de l’adverbe interrogatif « n’est-ce pas » dénote la liaison entre ses arguments et la forme rhétorique de cette interrogation.
  • En tant que femme, elle décrit l’accouchement comme « jour avec de très-grands douleurs ». La proposition subordonnée relative « un enfant qui pourra me plaider quand il sera majeur » fait référence à la possibilité pour un fils de faire un procès à sa mère pour récupérer l’héritage paternel quand il sera majeur.
  • Sa dernière question s’introduit avec le verbe « suffire » à la forme négative: « ne suffit-il ». L’expression « être sujette » à la première personne montre que c’est bien Madame la maréchale qui nous raconte sa peine d’avoir ses règles chaque mois « tous les mois à des incommodités très-désagréables ». L’expression « pour comble » accentue cette peine. Le verbe obéir qui est à l’impératif (« obéissez ») avec un point d’interrogation à la fin, laisse l’abbé et le lecteur réfléchir à ce qu’elle vient de dire.
  • Selon la maréchale, l’union ne doit pas être « un esclavage », rappelant un thème cher à Voltaire.

Si le premier mouvement nous montrait un dialogue entre un abbé et une femme révoltée, le deuxième mouvement nous montre la parole de Voltaire derrière le personnage de la maréchale. Dans ce discours apparemment anodin, Voltaire nous livre un discours engagé pour les droits des femmes. Le personnage de la maréchale, cette femme haute en couleur, est très vivant, ce qui permet un discours véritablement piquant et engagé. Cet extrait nous permet d’affirmer que Voltaire, auteur des Lumières, sera de ceux qui inspireront les femmes à prendre la parole, au premier rang desquelles Olympe de Gouges, qui rédigera en 1791 la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne.

Visitez notre boutique pour plus de cours et de fiches.

Notre Blog

Compte Youtube: @mesfichesdefrancais
Compte Tik Tok: @mesfichesdefrancais

Compte TIk Tok Brevet: @mesfichesdefrbrevet

Instagram: @mesfichesdefrancais

Toutes nos fiches

Notre Blog

Toutes nos fiches