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Etude linéaire de « En entendant le bruit…» à « … par le fondement.» Extrait du chapitre XXVII de Gargantua, Rabelais, 1534.

Etude linéaire du chapitre XXVII Gargantua

Etude linéaire de « En entendant le bruit…» à « … par le fondement.» Extrait du chapitre XXVII de Gargantua, Rabelais, 1534.

Ne pas oublier de rajouter le numéro des lignes pour les citations du texte.

Plan:

1er Mouvement: L’attaque et la discussion avec les moines de l’abbaye

2 ème Mouvement: Le combat de Frère Jean

Le XVI ème siècle est celui de l’audace. Si le Moyen-âge avait négligé le grec, les auteurs du XVI ème siècle feront la part belle à cette langue et à ses textes. Ce trait sera d’ailleurs l’une des principales caractéristiques de l’humanisme. Ce mouvement littéraire mettra un point d’honneur à développer une idée de « l’honneur de l’homme » (dignitas hominis). S’opposant à toute forme de dogmatisme et cherchant à faire rire le lecteur, Rabelais, figure littéraire du XVI ème siècle, sera avec Erasme l’un des principaux représentants de l’humanisme. L’auteur utilise les personnages des géants pour illustrer les tords et les vices des hommes. Dans cet extrait des chapitre XXVII de Gargantua, nous assistons aux débuts de la guerre entre Picrochole et Grandgousier, le père de Gargantua. Les terres sont envahies et les combats entre les deux armées sont féroces. C’est notamment l’abbaye de Seuilly qui se trouve attaquée mais un des moines, Frère Jean des Entommeures, refuse de laisser les ennemis faire le sac de l’abbaye et se bat avec courage. Néanmoins, le texte se révèle fidèle à une tradition littéraire bien ancrée dans le style de Rabelais. En effet, qui est véritablement visé dans ce passage? Comment les chevaliers et les religieux sont-ils critiqués? Dans un premier mouvement, nous verrons les discussions que les moines ont avec Frère Jean alors que les ennemis arrivent dans le clos. Dans un deuxième mouvement, nous montrerons que la critique de Rabelais passe par une description du combat de Frère Jean.

1er Mouvement: L’attaque et la discussion avec les moines de l’abbaye

• Le gérondif « En entendant » de la première ligne nous plonge directement au coeur de l’action. La subordonnée relative qui complète le nom « bruit » décrit le son que font « les ennemis ». Le complément circonstanciel « dans le clos de la vigne » donne encore plus de détails.

• L’action se poursuit en dans les lignes suivantes, répétant le même schéma que dans la ligne 1: gérondif « en s’apercevant », imparfait « vendangeaient ». Frère Jean change de chemin et « retourne dans le choeur de l’église ». Le complément circonstanciel de lieu nous donne les détails de sa destination. Ce parallélisme de construction nous montre que c’est alors que Frère Jean constate ce que font ses ennemis qu’il décide de prendre la décision d’agir.

• Quelle n’est pas sa surprise de constater que les moines de son abbaye ne font rien pour contrer l’ennemi. L’auteur utilise la comparaison « comme fondeur de cloches » pour insister sur le manque de mouvement des moines.

• La ligne 5 est constituée des sons que font les moines. Ces onomatopées sont censées rappeler les chants liturgiques. Ici Rabelais se moque des chants latins qui s’enchaînent sans véritable intention.

• Dès la ligne 6, Frère Jean s’adresse aux moines au discours direct. Le Frère jure, comme on peut le voir avec « Vertu Dieu » et interpelle les autres frères et leur propose un autre chant dans une interrogative négative: « Que ne chantez-vous pas…? ».

• La ligne 7 nous montre Frère Jean proposer à ses Frères de chanter une chanson paillarde « Adieu, vendanges sont faites ». Dans la même ligne, l’homme blasphème avec le COD « au diable ». Frère Jean explique aux Frères que les ennemis sont dans la clos au moyen de la circonstancielle « s’ils ne sont en notre clos ».

• Dans la ligne 9, Frère Jean utilise l’hyperbole pour expliquer les dégâts des ennemis. Il explique que ces dernier détruisent tant le clos qu’il n’y aura rien à grappiller pendant quatre ans ». On comprend que Frère Jean souhaite protéger ses vignes plus que le clos, et que c’est cette raison qui va le pousser au combat. Il pose ainsi la rhétorique: « Que boirons-nous pendant ce temps-là? », espérant rallier les autres Frères à sa cause au moyen du pronom personnel « nous » ligne 9.

• Frère Jean est traité d’ivrogne lorsque le « prieur caustal » ligne 11 lui reproche d’interrompre le service.

• Dans la suite du dialogue lignes 13 à 16, les autres Frères répondent en allant dans le sens de Frère Jean, jouant sur la sonorité similaire de « service divin » (ligne 12) et « service divin » (ligne 13).

2 ème Mouvement: Le combat de Frère Jean

• Le passé simple nous indique que l’action va commencer pour Frère Jean: « il mit bas son grand habit et se saisit ». L’arme de Frère Jean est un « bâton de la croix ». La subordonnée relative qualifie ce bâton: « qui était en coeur de cornier ».

• Dans la ligne 18, le bâton est comparé à une « lance » au moyen de l’outil de comparaison « comme », montrant bien l’usage que Frère Jean va en faire.

• Les adjectifs qualificatifs sont coordonnées grâce à la conjonction de coordination « et » répétée à deux reprises.

• Frère Jean ressemble à un véritable chevalier: c’est ce que nous indique le lexique du combat et de l’armement ligne 19, comme on peut le voir avec « casaque », « ennemi » ligne 20, « enseigne », « trompette », « tambour », « porte drapeaux » ligne 21 et 22.

• Cette très longue phrase (ligne 19 à 26) énumère grâce aux les verbes d’action et aux virgules les étapes du combat: « asséna », « renversait », « en frappant ». Le plus que parfait « avaient défoncé » montre que l’action se fait devant nos yeux.

• Les verbes d’action continuent dès la ligne 27: « il écrabouillait », « il cassait », « démettait », « disloquait », « faisait tomber », meurtrissait », « déboitait ». Le combat est féroce et l’énumération de ces verbes à l’imparfait nous indique que les actions s’enchaînent les unes après les autres.

• Les deux conditionnelles débutant par les conjonctions de subordination « Si l’un d’eux …» reprises en anaphore aux lignes 33 et 35, donnent un effet de suspens qui nous permet d’attendre la principale dont le verbe est à l’imparfait.

Dans un premier mouvement, nous avons vu que cet extrait du chapitre XXVII de Gargantua nous montre une discussion entre les moines alors que les ennemis arrivent. Dans un deuxième mouvement, nous avons montré le combat des Frères. Frère Jean ne fait preuve d’aucun comportement chrétien, et c’est tout le clergé et les croyances infondées de la religion catholique qui sont critiqués ici. De plus, ce sera aussi le cas dans la description de l’abbaye de Thélème à la fin du roman, que Rabelais montrera une critique en négatif du mode de vie des moines.

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