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Etude linéaire de Madame Bovary, Chapitre XII, de « Emma ne dormait pas… » à « auvents de la pharmacie », 5 pages

Etude linéaire Madame Bovary Chap XII de « Emma ne dormait pas… » à « auvents de la pharmacie »,1856.

Ne pas oublier de rajouter le numéro des lignes pour les citations du texte.

Etude linéaire de « Emma ne dormait pas… » à « auvents de la pharmacie », chapitre XII de Madame Bovary, 1856.

Plan:

1er mouvement: Un rêve merveilleux…

2ème mouvement: … Pour un réveil d’autant plus brutal.

Le XIX ème siècle est celui du roman réaliste. Dans les oeuvres de Balzac, Zola ou encore Maupassant, la réalité dépeinte n’est pas toujours belle à voir. Peu de place est laissée à l’imagination, au rêve. Les rêves seront surtout moqués ou réduits en poussière. D’ailleurs, l’un des chefs de file de ce mouvement sera Gustave Flaubert, qui, dans Madame Bovary, livre le portrait d’une grande rêveuse. Inspiré d’un fait divers, ce roman relate la vie dissolue de l’héroïne éponyme, épouse d’un médecin de campagne. Madame Bovary lit beaucoup et s’ennuie tout au long de sa vie. Souhaitant vivre comme dans les romans qu’elle a lu, Emma fera tout ce qui est en son pouvoir pour tenter -tragiquement- de transformer ses rêves en réalité. Au chapitre XII, l’héroïne et don mari dorment l’un à côté de l’autre. Emma rêve à des aventures incroyables et très vite, la réalité du réveil qui sonne la rattrape. Le réveil est brutal, presque comique. En effet, comment l’auteur réussit-il à anéantir le rêve d’Emma? Une analyse en deux mouvements nous permettra de mesurer quelles seront les épaisseurs du rêve de la jeune fille. Enfin, le second mouvement nous montrera que ce rêve passe doucement du chant onirique au chant du quotidien et du retour à la réalité.

1 er mouvement: Un rêve merveilleux…

  • Le champ lexical est très présent dans la première phrase du texte, comme on peut le voir avec: « dormait », « s’assoupissait » et « réveillait ». L’adjectif « endormie » complète ce réseau lexical. Le temps et la valeur de ces rêves sont l’imparfait de description. « Elle » qualifie Emma, « il », son mari. Le parallélisme « il s’assoupissait à ses côtés » et « elle se réveillait en d’autres rêves » nous montre l’opposition entre les deux actions des personnages: elle rêve éveillée alors qu’il dort profondément à ses côtés.
  • On peut noter un retour à la ligne après le nom « rêves » ce qui marque une coupure entre la réalité et le rêve. Le rêve d’Emma commence alors à partir de : « Au galop de quatre chevaux », complément circonstanciel de manière. Le complément circonstanciel de temps « depuis huit jours » exagère de manière hyperbolique la durée de cette course. Emma et son amant- dont nous ne connaîtrons pas le nom- se rendent « vers un pays nouveau ». L’indéfini « on » ne permet d’identifier ni le pays, ni le compagnon d’Emma. Le lecteur semble évoluer dans le rêve d’Emma. D’ailleurs le texte est passé à la focalisation interne, qui nous permet de nous mettre à la place de la jeune femme.
  • La répétition « ils allaient, ils allaient, ils allaient » montre à quel point Emma est emballée et embarquée par son rêve. Le rythme ternaire accentue la vitesse de ses pensées. Les deux compléments de manière « les bras enlacés » et « sans parler »insistent sur l’amour qui unit les deux personnages. On peut penser que le langage rendrait les choses trop réelles pour Emma.
  • Le premier tableau du rêve d’Emma est celui du « pays nouveau » décrit quelques lignes plus haut. Le complément circonstanciel « du haut d’une montagne » précise ce lieu. Emma et son amant toisent ce pays, le surplombent. L’indéfini « quelque » ne précise pas de quelle cité Emma parle. Le décor est celui d’un conte de fées, L’énumération « des dômes, des ponts, des navires, des forêts de citronniers » insiste sur la beauté du paysage. Dans son rêve, la vue d’Emma est très sollicitée, et l’auteur penche vers l’exagération pour décrire tout ce qu’elle voit: tous ces éléments architecturaux semblent se superposer les uns après les autres. Avec les citronniers, un nouveau sens, l’odorat, entre en éveil. Néanmoins, les cathédrales de marbre blanc » se détachent du reste de la description au moyen de la conjonction de coordination « et ». Un traitement spécial sera réservé à cette cathédrale, qui sera décrite au moyen d’un complément du nom « de marbre blanc » et d’une subordonnée relative apposée « dont les clochers aigus portaient des nids de cigogne ».
  • La vision d’Emma est ainsi revenue à taille humaine, et c’est devant cette cathédrale que son carrosse passe. « On marchait au pas » indique la description. Le rythme de ce qu’il nous est donné à voir est ralentit. La subordonnée relative « que vous offraient des femmes habillées en corset rouge » qualifiant le nom « bouquet de fleurs » montrent des couleurs symbolisant, traditionnellement, le mariage et l’amour.
  • « On entendait sonner les cloches, hennir les mulets ». La reprise anaphorique du pronom indéfini « on » décrit à nouveau ce qu’il se passe dans le rêve d’Emma. Grâce à cet indéfini, le lecteur entend tout ce que la jeune femme entend. L’ouïe continue d’être développée dans le « murmure des guitares et le bruit des fontaines ». Le parallélisme de construction (nom + complément du nom) montre l’harmonie qui se dégage de l’ambiance. Harmonieuse aussi la forme des tas de fruits, parfaitement posés en « pyramide ». Les couleurs des fruits sont des couleurs chaudes. Rien ne dérange l’oeil dans ce rêve idyllique. Le champ lexical du jardin est ici développé, comme on peut le voir avec les substantifs « fontaines », « fruits », « statues », « jets d’eau ». De cet endroit se dégage une atmosphère rafraîchissante, très romantique. La personnification des statues qui « souriaient » renforce le côté accueillant de l’endroit.

Le rêve d’Emma semble être une parenthèse enchantée. Néanmoins, dans le deuxième mouvement du texte, la réalité prendre progressivement le dessus pour laisser la place à une réveil agressif.

2 ème mouvement: … Pour un réveil d’autant plus brutal.

  • La conjonction de coordination semble arrêter la vision d’Emma. D’ailleurs, elle et son amant s’arrêtent. Le complément circonstanciel de lieu « dans un village de pêcheurs où des filets bruns séchaient au vent, le long de la falaise et des cabanes » décrit l’endroit où se sont arrêtés les deux amants pour vivre.
  • Le choix du conditionnel « ils s’arrêteraient » marque l’arrêt du rêve. Le rêve semble ne devenir qu’une illusion avec l’intrusion du conditionnel dans la rêverie d’Emma. Notre champ de vision s’est d’ailleurs considérablement rétréci, nous sommes passés du haut d’une montagne à une « maison basse ». Le présentatif « c’est là » arrête notre regard. Le point virgule, de la même manière, ralentit notre regard et le mouvement des personnages. L’accumulation des éléments de description de « la maison basse » nous permet une vision très claire de l’endroit. Les adjectifs ne sont plus ceux du rêve éclatant ni de la vitesse, mais bien la réalité d’une petite maison « basse », à toit « plat ». La lumière s’éteint presque: la maison est « ombragée ». Le parallélisme des deux compléments de lieu « au fond d’un golfe, au bord de la mer » renforcé par l’anaphore de la préposition « au », complète cette description.
  • Le parallélisme de leurs actions montre à quel point les mouvements d’Emma et son amant sont coordonnés, comme on peut le voir avec « ils se promèneraient en gondole, il se balanceraient en hamac ». Néanmoins le substantif « gondole » semble inapproprié pour voyager en mer, la gondole étant une embarcation réservée aux cours d’eau fluides. Le texte se brouille de comparaisons n’ayant ni queue ni tête: leur existence est « facile » comme leurs vêtements. De la même manière, le rapprochement de « toute chaude et étoilée » pour qualifier ici les sensations s’opposent, car c’est la froideur qui caractérise les étoiles. Le rêve commence à se brouiller, les comparaisons ne sont plus aussi fécondes que dans le premier mouvement.
  • L’adverbe « cependant » illustre la rupture qu’il y aura dans le rêve d’Emma. La subordonnée relative épithète du nom « avenir », « qu’elle se faisait apparaître » nous le rappelle: nous sommes dans un rêve. La construction « rien de particulier » contraste avec le trop plein décrit dans le rêve. Dans son rêve, l’uniformité des journées d’Emma ressemble « aux flots », qui coulent près d’un horizon « bleuâtre ». Le suffixe « âtre » rend négative l’aspect de cette couleur. L’ensemble est qualifié de « tout cela », qui contraste à nouveau avec les descriptions très précises du premier mouvement.
  • Le réveil est brusque avec la conjonction de coordination « Mais » à valeur d’opposition brise le rêve. Emma revient brusquement à sa réalité de mère au foyer « l’enfant se mettait à tousser dans son berceau » et d’épouse avec « Bovary ronflait plus fort ». Après cette nuit de rêverie, Emma « s’endormait seulement au petit matin ». Contrairement au rêve, les noms sont donnés « Bovary », « Justin ». La métaphore « quand l’aube blanchissait les carreaux » nous ramène à la réalité de son logement. La couleur blanche fait écho aux flots de couleur « bleuâtre ». Les couleurs froides dominent désormais et sont en opposition avec les blancs et rouges des premières lignes. Les « auvents de la pharmacie » résonne avec la toux de « l’enfant »: le réveil est brutal.

A travers l’évocation du rêve d’Emma, Flaubert nous dresse le portrait d’une jeune femme qui idéalise la vie et que la réalité rattrapera toujours. Pour montrer ce mouvement de va et vient entre la réalité et le rêve, nous avons montré le merveilleux du rêve dans un premier mouvement. Ce conte de fées est anéanti dans la suite du texte, et nous avons montré dans un deuxième mouvement comment Flaubert rappelle la réalité à elle même dans cet extrait. Dans ce chapitre, Emma ressemble fortement à Jeanne, l’héroïne de Une vie, de Maupassant, auteur que Flaubert prendra sous son aile.

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