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Etude linéaire de « Les pèlerins ainsi dévorés… » jusqu’à « …en salade avec du sel », Extrait de Gargantua, Chapitre XXXVIII, Rabelais, 1534, 4 pages

Ne pas oublier de rajouter le numéro des lignes pour les citations du texte.

Etude linéaire Gargantua, de « Les pèlerins ainsi dévorés… » jusqu’à « …en salade avec du sel ».

Chapitre XXXVIII, Rabelais, 1534.

Plan détaillé:

1er mouvement: Le trajet des pèlerins dans la bouche de Gargantua

2 ème mouvement: Un texte à la portée satirique

Le XVI ème siècle est celui de l’audace. Si le Moyen-âge avait négligé le grec, les auteurs du XVI ème siècle feront la part belle à cette langue et à ses textes. Ce trait sera d’ailleurs l’une des principales caractéristiques de l’humanisme. Ce mouvement littéraire mettra un point d’honneur à développer l’idée d’un « honnête homme ». S’opposant à toute forme de dogmatisme et cherchant à faire rire le lecteur, Rabelais, figure littéraire du XVI ème siècle, sera avec Erasme l’un des principaux représentants de l’humanisme. L’auteur utilise les personnages des géants pour illustrer les tords des hommes. Dans cet extrait de Gargantua, situé au chapitre XXXVIII, l’auteur marque une pause dans la narration de la guerre qui oppose Gargantua au seigneur Pichocrole. Gargantua dévore ici des pèlerins qui s’étaient cachés dans des salades. De manière humoristique, l’auteur relate comment les tristes sires échappent au géant. Mais plus encore, l’auteur profite de ce moment pour laisser éclater une critique féroce de l’Eglise – d’un point de vue humaniste. Comment? Avant de parler de l’écho satirique de leur mésaventure, l’auteur s’atteler d’abord à raconter leur trajet dans la bouche du géant.

1er mouvement: Le trajet des pèlerins dans la bouche de Gargantua

  • Le premier verbe de cet extrait au passé simple montre à quel point les actions s’enchaînent rapidement une fois que Gargantua a procédé à « l’avalage » (motif littéraire du géant qui dévore sa nourriture). Les dents du géant deviennent des « meules » rappelant le minoterie, sur le point de broyer les pauvres pèlerins. Ces derniers pensent être en prison, comme on peut le voir avec: « pensant qu’on les avait jetés en prison » et « quelque trou de basse fosse ».
  • La circonstancielle de temps « Quand Gargantua but sa longue rasade » amène le torrent de vin que le géant boit. De manière hyperbolique, les pèlerins pensent « se noyer » dans la bouche du géant.
  • De manière tout aussi hyperbolique, l’estomac de ce dernier est assimilé à « un gouffre ».
  • L’adverbe de concession « toutefois », associé au participe présent « sautant », les pèlerins arrivent à s’accrocher au fond des dents de Gargantua grâce à leurs « bourdon ». Un bourdon est une canne que les pèlerins utilisent pour marcher. C’est d’ailleurs à cause de ce bourdon que Gargantua les a avalés, car il les a de prime abord pris pour des escargots.
  • La conjonction de coordination « mais » indique que leur repos ne sera pas long. En effet, l’adverbe « par malheur » nous indique que l’un des pèlerins touche un « nerf » et fait mal à Gargantua. On remarque qu’ici Rabelais use et abuse du vocabulaire médical pour faire rire, rappelant à chaque homme qu’il n’est fait que de moelle et de chair.
  • Gargantua a très mal, l’adverbe et l’adjectif « très forte » qualifient sa peine. Le complément circonstanciel de manière « de rage » insiste sur cette idée.
  • Comme pour le « mais » précédent, la conjonction de coordination « donc » introduit la péripétie à venir. On remarque que la circonstanciel de but « pour soulager son mal » est antéposée à la principale « il fit apporter son cure-dents » afin de mettre en valeur la solution que Gargantua choisit.
  • L’apostrophe « vous dénicha » crée une complicité avec le lecteur pour qui l’image est très drôle.
  • L’énumération des parties physiques que le cure-dent accroche afin d’attraper les pèlerins renforce l’aspect comique de cette scène, comme on peut le voir avec « l’autre par les épaules, l’autre par la besace, l’autre par la bourse, l’autre par l’écharpe ». On imagine les pèlerins secoués dans tous les endroits.
  • Rabelais n’épargne pas les endroits les plus sensibles, le pauvre « hère étant lui accroché « par la braguette ». On retrouve le comique du « bas » cher à Rabelais.
  • Néanmoins c’est un moindre mal, en effet « ce fut une chance pour lui », car le cure dent perce « une bosse chancreuse qui le martyrisait depuis qu’ils étaient passés par Ancenis ». Ici on retrouve l’ironie de Rabelais qui s’exprime à travers le vocabulaire médical et le « bas » qui le fait tant rire. L’allusion à cette infection (alors que les pèlerins étaient censés marcher) peut nous laisser penser que Rabelais critique aussi les occupations des pèlerins. Ici le grivois sert à la critique de la religion et des pratiques monastiques.
  • Leur fuite « apaisa la douleur ».

2 ème mouvement: Un texte à la portée satirique

  • Le trajet des pèlerins est interrompu par le groupe prépositionnel « à ce moment là » qui permet une rupture dans l’enchaînement de leurs aventures. Les péripéties continuent: gargantua doit aller dîner (il vient de boire et manger): « tout était prêt ».
  • L’incursion du discours direct rend la remarque du géant tout à fait comique, même s’il va « pisser son malheur ». Ici l’aspect est burlesque est relevé par le langage familier  de « pisser ». Le torrent d’urine est un motif cher à Rabelais, qui l’a déjà utilisé dans les chapitres XIX et XXXVI.
  • On remarque l’adverbe « copieusement » qui appartient au champ sémantique du repas, son utilisation est donc tout à fait étonnante ici.
  • Le texte prend alors une visée tout à fait épique, le pèlerins passant « par l’orée du bois de la Touche ». Leur épopée épargne Fournier, qui grâce à son « ingéniosité », « coupe tous les noeuds et cordages du filet ». Le personnage apparaît alors comme le héros ayant survécu à toutes les épreuves.
  • Les pèlerins se reposent dans une « cabane près du Coudray »: Rabelais rappelle ici les localités d’Anjou qu’il connaît bien.
  • Les pèlerins récitent des prières: le « Lasdaller » qui porte ici bien son nom « las » étant un synonyme de « fatigués », « d’aller » un synonyme  « de voyager ». La référence à la prière et au texte de David paraît incongru: Rabelais se moque ici de ceux qui pensent que leur vie peut être prédite dans des textes religieux. On retrouve la veine humaniste qui plus tard, permettra aux Lumières de faire triompher la raison sur l’obscurantisme religieux. Le texte recopié en latin souligne la même idée.

Dans cet extrait de Gargantua, nous retrouvons tous les éléments qui font le style de Rabelais: utilisation précise de termes médicaux, goût pour le « bas » corporel, humour, et surtout satire de la religion. Dans une première partie, nous avons montré le trajet de pèlerins dans la bouche du géant, avant de montrer l’aspect satyrique d’un tel extrait. Cette satire annonce le chapitre XLV, lorsque Grangousier condamnera les religieux qui « empoisonnent les âmes »: la satire se fera carrément critique dans la suite du texte.

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