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Etude linéaire de l’acte II scène 5 du Malade Imaginaire, de « Allons, Thomas, avancez…» à « … serviteur et mari » Molière, 1673.

Etude linéaire Molière Malade Imaginaire

Etude linéaire de l’acte II scène 5 du Malade Imaginaire, de « Allons, Thomas, avancez…» à « … serviteur et mari » Molière, 1673.

 

5 pages entièrement rédigées par un enseignant certifié. Ce document peut être utilisé tel quel pour un devoir de français.

Plan:

1 er mouvement: La présentation au père

2 ème mouvement: La présentation à Angélique

Etude linéaire Molière Malade Imaginaire

Ne pas oublier de rajouter le numéro des lignes pour les citations du texte.

Le XVII ème est celui des monarchies absolutistes en Europe. En effet, les souverains justifient leurs puissances en se disant être les représentants de Dieu sur terre. Dans le même temps, en France, la langue française se stabilise. C’est le temps de la naissance des dictionnaires et des grammaires. Afin de fixer les règles du français contre le latin, la littérature se fera avant tout morale. De 1660 à 1685, le classicisme se posera comme le mouvement littéraire ayant ce projet. Représenté par La Fontaine, Molière, Perrault ou Boileau, les pièces ou fables classiques respecteront des règles très précises. Si Molière vise des traits de caractère, (L’Avare, Le Misanthrope), une de ses cibles favorites sont les médecins. Ils seront l’une des cibles favorites de Molière dans sa dernière pièce, Le Malade Imaginaire.

Ironiquement, c’est sur scène, le 17 février 1673, lors d’une représentation de cette même pièce dans laquelle il tient le rôle titre, que Molière meurt d’une pneumonie. Véritable florilège comique, la pièce met en scène Argan, noble du siècle, et son souhait de marier sa fille Angélique à un médecin de renommée, Thomas Diafoirus. Dans cet extrait de l’acte II scène 5, ce dernier et son père viennent se présenter à Argan et sa fille. Nous suivrons donc le projet de lecture suivant: comment Molière présente t-il Thomas Diafoirus comme un personnage ridicule? Cette présentation se déroulera en deux temps, d’abord en présentant Thomas à Argan, ensuite en présentant Thomas à Angélique.

1er mouvement: La présentation au père

  • La première phrase de cet extrait exprime deux ordres qu’un père fait à son fils. Le père de Thomas Diafoirus pousse véritablement son fils, tel un enfant, vers Argan. Il utilise pour cela trois verbes à l’impératif: « Allons », « avancez », « faites ». La ponctuation hésitante souligne les gestes peu sûrs de Thomas.
  • Le garçon répond à l’ordre par une question: ce qui montre son désaccord avec la pression que lui met son père. L’interrogation est directe et partielle. Néanmoins, l’interrogation est à la forme négative, ce qui interroge les conventions sociales. Thomas respecte les conventions de la politesse, « qu’il convient » tente de raccrocher sa présence à une politesse extrême. Le terme générique « le père » montre que Thomas ne s’adresse pas à Argan, qui est pourtant dans la pièce. D’ailleurs, les Diafoirus se parlent entre eux, comme le montre la didascalie de la réplique. La présence d’Argan et de sa fille ne les préoccupe pas. Tout ce qui compte, c’est dire « ce qu’il convient » de dire. Par ce comique de situation, Molière se moque de Thomas et de son père, qui apparaissent comme un couple de pédants.
  • Le père répond: « oui ». Et Thomas reprend la parole, alors que les deux hommes ont statué qu’Argan devrait normalement parler en premier. A nouveau, le comique de ces deux personnages qui ne pensent qu’à eux résonne.
  • Le premier compliment de Thomas débute comme une lettre: « Monsieur », alors qu’Argan est sur scène depuis le début de la pièce. L’énumération des verbes à l’infinitif permet la gradations dans les intentions de Thomas, comme on peut le voir avec: « saluer, reconnaître, chérir ». On note que le verbe « révérer » et séparé de la gradation au moyen de la conjonction de coordination « et ». Le terme « révérer » est ainsi mis en exergue. Argan serait le « second père » de Thomas. L’impossibilité d’une telle situation rend la formule ridicule. D’ailleurs, la répétions « mais un second père » insiste sur le manque de vocabulaire de Thomas, qui pense pourtant bien parler. La complétive « que je me trouve plus redevable qu’au premier » montre l’exagération, avec le superlatif « plus redevable que »: Thomas exagère. De plus on peut noter que parler de la sorte devant son propre père montre à quel point il est prêt à tout pour séduire Argan et sa fille.
  • Le parallélisme de construction semble montrer l’apparente harmonie de cette idée: « m’a engendré; mais vous m’avez choisi ». Néanmoins, il y a un un « mais » à valeur d’opposition: l’idée n’est finalement pas si harmonieuse que ça. De plus, l’incursion  du pronom « vous » brise le parallélisme.
  • Ce parallélisme brisé continue dans la phrase suivante « reçu par nécessité; mais vous m’avez accepté par grâce ». Le champ lexical de la nécessité insiste sur la volonté de Thomas, comme on peut le voir avec « reçu », « nécessité », « accepté », « grâce ».
  • La formule à propos de l’héritage de son père continue dans le parallélisme suivant avec « un ouvrage de son corps » et « un ouvrage de votre volonté ». De même les complétives à fonction sujet « ce que je tiens de lui » et « ce que je tiens de vous » placent le compliment sous le signe de l’anaphore: Thomas veut répéter, marteler, qu’il aime Argan, qu’il veut le « révérer » comme il le dit plus haut. La coordonnée « et, d’autant plus que » ajoute encore une raison de vénérer Argan. Cette fois-ci, Thomas invoque sa qualité de médecin avec un précepte qui ne veut rien dire « les facultés spirituelles sont au-dessus des corporelles », on retrouve ici la verve médicale que Molière déteste tant. Les mots appartenant apparemment au registre médical sont transformés en vérités générales (c’est d’ailleurs la valeur du temps du présent du verbe « sont), pour s’en moquer.
  • Toujours de manière anaphorique, Thomas Diafoirus rajoute que « d’autant plus » il doit tenir « précieuse » la « future filiation ». Cette allusion directe au mariage avec Angélique sous forme de périphrase donne un écho juridique à l’acte. On peut aussi noter que « future filiation » ce sont aussi les  futurs enfants que Thomas aurait avec Angélique: Thomas se croit en très bonne position dans le coeur d’Angélique et de son père. La fin du compliment appartient au registre épistolaire, Thomas termine sa prestation comme il terminerait une lettre: « je viens aujourd’hui vous rendre, par avance, les très humbles et très respectueux hommages ».
  • La réplique de Toinette rend la conclusion de Thomas particulièrement comique. Le comique est souligné par l’antiphrase de la proposition.
  • Thomas souhaite une réaction de la part de son père, qui lui répond en latin, ce qui permet à Molière de se moquer de cette langue morte. Cette boutade rappelle Sganarelle parlant latin dans Le Medecin malgré lui.

2ème mouvement: La présentation à Angélique

  • Afin de faire écho à la première réplique de l’extrait, le père Diafoirus encourage à nouveau son fils dans le début du second mouvement. Il utilise le même impératif que dans la premier « Allons », « saluez ».
  • Thomas continue de s’adresser à son père, comme nous l’indique la didascalie « à Monsieur Diafoirus ». Le futur « Baiserai-je » montre bien que ce jeune homme ne peut rien faire sans l’assentiment de son père.
  • Le père répond en répétant « Oui, oui », alors que c’est bien Angélique ou Argan qui devrait répondre.
  • Le comique est d’autant plus savoureux lorsque Thomas se trompe de destinataire. En effet, il s’adresse à Angélique en pensant que c’est sa … belle-mère. C’est un quiproquo: un procédé comique classique dans lequel on confond quelqu’un ou quelque chose. A la lumière de la pièce (Béline, la belle-mère, ne cesse de pousser Argan chez le médecin car elle en a après son argent), la mégarde en est d’autant plus comique.
  • Argan le reprend grâce à la négation totale « ce n’est pas ma femme, c’est à ma fille que vous parlez ».
  • Thomas ne s’excuse nullement de sa mégarde et répond par l’interrogation partielle et ouverte « Où donc est-elle? », ce qui est étonnant car la jeune fille est sur scène. Cette question n’a pour but que de montrer à quel point Thomas est centré sur lui-même: il ne voit même pas Angélique.
  • Il continue dans l’interrogation partielle en s’adressant à son père: « Attendrai-je, mon père, qu’elle soit venue? ».
  • Le père répond à nouveau par l’impératif « Faites », auquel il ajoute la concession « toujours ». Thomas peut désormais faire le « compliment de mademoiselle ». Le lecteur se rend bien compte que le discours de Thomas était complètement rédigé par son père et lui, ils avaient prévu un compliment pour le père, et un autre pour la fille.
  • Le compliment de Thomas commence par une double négation qui rend le sens de la comparaison qui arrive assez obscur: « ne plus ne moins que la statue ». L’allusion à Memmon, la déesse de la richesse, paraît hors de propos ici. Elle permet juste la référence à un mythe, et rappelle les véritables intentions de Thomas: l’argent. L’inversion du présent « me sens-je » rappelle à nouveau le langage écrit, une telle forme étant malvenue à l’oral. Le complément du nom « de vos beautés » qui qualifie le nom « soleil » rend l’exagération très forte.
  • Thomas se place dans le registre lyrique en se posant comme un « naturaliste », qui utilise un langage savant alors qu’il aurait simplement pu dire « tournesol » au lieu de « héliotrope ». Ici aussi, le but est de railler les médecins et leurs éléments de langage obscurs et abscons. Le registre du lyrisme continue avec le lexique des étoiles cette fois-ci: « astres », « resplendissants », « pôles », poursuivi par le champ lexical de la divinité: « autel », « charmes », « offrande », « gloire ». Le compliment se termine par un rythme ternaire tous au superlatif « très humble, très obéissant, très fidèle serviteur et mari ».

 

Dans cet extrait, Molière nous permet d’assister à l’un de ses jeux favoris: la critique générale des médecins et de leurs éléments de langage verbeux et pédants. Pour ce faire, il critique le personnage de Thomas Diafoirus qui fait ses « compliments » à Angélique, la fille d’Argan. Après s’être présenté à Argan, Thomas se présente à Angélique sans cesser les éléments de langage qui rendent le personnage comique et ridicule.

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