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Commentaire rédigé de « Puis une forme gigantesque atteignit la rive … » à « …il n’est personne au monde qui puisse l’empêcher de l’obtenir. » Les Mille et une Nuits, traduction René R. Khawam

Commentaire composé des Mille et une nuits.

Devoir entièrement rédigé de « Puis une forme gigantesque atteignit la rive … » à « …il n’est personne au monde qui puisse l’empêcher de l’obtenir. » Les Mille et une Nuits, traduction René R. Khawam

 

Ne pas oublier de rajouter le numéro des lignes pour les citations du texte.

Commentaire rédigé de « Puis une forme gigantesque atteignit la rive … » à « …il n’est personne au monde qui puisse l’empêcher de l’obtenir. » Les Mille et une Nuits, traduction René R. Khawam

Plan:

I Un récit à la structure similaire à celle du reste de l’ouvrage

  1. L’enchâssement du récit et la répétition infinie

2)  La parole dans le conte merveilleux

II La femme et la morale: deux autre clés qui annoncent le thème des contes

  1. Raconter la femme…

2) …pour délivrer la morale

Intro: L’orient et ses contes passionnent les foules depuis le XIX ème siècle. Racontés, écrits, traduits, les contes d’Orient sont sans cesse remis au gouts du jour et sont toujours d’actualité. Dans les Mille et une Nuits, recueil de contes sans auteur mais rassemblés et traduits par le traducteur René R. Khawam, l’ouvrage se compose de quatre parties distinctes. La première partie qui s’intitule « L’histoire du roi Chahriyâr et de la belle Chahrazade », est la plus célèbre de l’ouvrage.

Dans ce récit- cadre, le narrateur raconte comment Chahrazade en est arrivée à raconter, chaque nuit, un conte pour sa survie. Notre extrait traite de l’aventure des deux rois ayant été trahis par leurs femmes, et qui partent, désabusés, hors de leur royaume. Sur leur chemin, ils rencontrent un ifrite et sa femme, et à cette rencontre que nous nous intéresserons.

En effet, plusieurs indices nous mettent sur la piste d’un récit dans le récit cadre qui nous annoncera de nombreux thèmes fonctionnant comme fils conducteurs du reste de l’ouvrage. Véritable prélude à ce qui va suivre, cet extrait présente notamment un élément clé du récit: la parole de la femme, garante de sa survie et de la suite de l’histoire.

Alors, comment cet extrait préfigure t-il le reste des Mille et une Nuits? Quelles clés le conteur nous donne t-il pour comprendre l’ouvrage? Afin de répondre à cette question, il faudra se pencher sur les indices de forme que l’extrait propose. Enfin, nous verrons que c’est surtout dans les thèmes exposés que le conteur propose un véritable prélude aux Mille et une Nuits.

L’extrait débute avec un connecteur logique « puis ». Le paragraphe est déjà entamé, nous arrivons dans le récit alors que les deux rois sont déjà perchés dans l’arbre. Le conteur ne fait que continuer son récit, dans un flux qui ne s’interrompt pas. Arrive alors l’élément perturbateur, l’irrite, et le récit se terminera par une morale, comme une conclusion.

Sur la forme, nous sommes en présence d’un récit qui pourrait être autonome de celui du reste du récit, sauf par son début qui est la suite logique du début de l’aventure des deux rois. La répétition est au coeur de l’extrait.

Ainsi, c’est à cinq reprises que la jeune fille quémande aux rois de descendre de l’arbre. Les deux frères, de manière répétitive, se soumettront à la jeune fille. « Ils la conjoignirent donc tous les deux, d’abord l’aîné et ensuite le cadet ». La femme leur demande ensuite de leur donner leurs anneaux pour prouver qu’ils sont allés avec elle. Symbole ultime du recommencement, l’anneau symbolise à la fois le malheur exponentiel des rois, et la suite infinie de l’histoire de Chahrazade.

De la même manière, les chiffres insistent sur cette idée d’infini exponentiel: Chazamane est trahi une fois par son épouse, Chahriyâr des dizaines de fois par la sultane et ses favorites, et le djinn une centaine de fois par sa captive.

Les deux rois sont en voyage, ce qui est déjà un déplacement qui va laisser sa place au conte. Par le champ lexical, nous sommes d’emblée transportée dans le récit merveilleux « la forme gigantesque », « prit l’apparence d’un ifrite ». Sa femme le désigne comme « ce monstre ». Dans ce contexte merveilleux, le conteur doit rassurer son auditoire et le convaincre de la véracité de son récit. Il va alors insister: « oui, d’un djinn ». On imagine le conteur insistant face à son auditoire étonné- mais pourtant habitué- à l’apparition de formes étranges dans les contes.

C’est par les symboles que le conteur va préparer l’auditoire au reste du récit. Le djinn est de couleur noire, ce qui rappelle les prétendants ayant subi les sorts des reines. Mais le noir est aussi la couleur de la nuit, seul cadre possible au conte oriental. C’est aussi pendant son sommeil que l’ifrit est abusé: « il tomba dans un profond sommeil et se mit à ronfler ».

Le sommeil est le lieu de tous les possibles. Ce sera aussi le cas pour les euphémismes qu’il utilisera afin de ne pas heurter la sensibilité de son auditoire: la femme dira « faites mon affaire », le narrateur « entrer en action », les rois feront « leur affaire ». La femme se pose aussi comme une créature maléfique, surtout lorsqu’elle révèle ce pourquoi les rois ont été abusés « savez vous ce que sont ces anneaux? ». Créature du fond de l’océan, elle n’en est sortie que pour donner forme au conte et délivrer son récit.

Si ce récit apparaît de prime abord comme un récit autonome dans le récit cadre, nous avons montré comment il préfigure le reste du recueil de contes par son enchâssement et les nombreuses allusions à la parole infinie du conteur. Dans un cadre merveilleux, menaçant, le conteur propose son histoire et attend la réaction de son auditoire avant d’aller plus loin dans son récit. Mais c’est aussi par le thème de ce récit cadre que le conteur prépare son lecteur.

Avant de passer au récit du viol des jeunes hommes par la maîtresse de l’ifrite, le conteur nous prépare à une scène à teneur sexuelle grâce à de nombreux symboles. Les symboles sexuels dans cet extrait sont nombreux: l’arbre « voulant s’assoir à l’ombre d’un arbre, n’en trouva à son goût que celui où étaient perchés les deux rois »  dans lequel sont perchés les rois. Le cadenas est aussi symbole du sexe féminin, la jeune fille sortant du coffre étant vierge « celle que j’ai enlevée la nuit même de ses noces ». Les « cadres cadenas » seraient les mains et les bras et les jambes de la fille.

Une fois ces symboles installés, dès lors, « l’adolescente de taille parfaite » peut sortir du coffre et l’ifrite peut « dormir un peu ». C’est à ce moment là que l’adolescente se révèle plus observatrice que prévu, annonçant alors Chahrazade dont la vision à long terme la sauvera. La jeune femme « leva la tête vers les branches de l’arbre, les considéra d’un oeil attentif et aperçut le roi Chahriyâr et son frère Chahzamane ».

Cette apparition surprend le lecteur: si la jeune femme regarde les rois d’une manière « attentive », être attentif est aussi ce qu’attend le conteur de ses auditeurs.

En utilisant ce terme, le conteur recentre l’attention du lecteur, ce mot lui suggère d’écouter attentivement ce qui va suivre. D’ailleurs, s’en suit un moment de grand suspens, et de peur. Dans ce silence régit l’ordre de la jeune femme. De cette manière, elle montre symboliquement que peut-être les femmes, contrairement aux hommes, n’ont besoin ni d’armes ni de cris, elles se font obéir en un silence, en un « signe ».

L’effet est terrible: « lorsqu’ils comprirent que la femme les avait découverts, ils furent saisis de frayeur et la supplièrent, par les Celui qui soutient les cieux, de renoncer ». De la même manière, la jeune femme ne s’énervera jamais, elle les menace mais surtout « insista tant et si bien qu’ils résolurent à descendre de leur branche ».

Et comme ils refusent à nouveau « j’aurai à peine le temps de me plaindre de vous qu’il vous aura déjà mis à mort et aura jeté vos cadavres à la mer ». Comme les menaces de la jeune fille, les hommes descendent « le plus doucement possible ». On retrouve les verbes à l’impératif dans le discours de la jeune fille « sachez ».

La femme apparaît comme une collectionneuse d’hommes, les deux rois formant les centièmes victimes de la jeune femme. S’en suit alors l’ordre de la relation sexuelle.

Le récit, comme ce qui précède dans le récit-cadre, présente une relation dans laquelle la femme est l’amuseur de l’homme. C’est bien elle la femme qui somme les hommes de la relation, alors qu’ils refusent.

La femme apparaît tout aussi dominatrice « sinon je n’hésiterai pas à tirer l’ifrite de son sommeil pour qu’il vous tue » et menaçante, la peur des rois est réelle, ils l’implorent », « vois l’épouvante qui nous tient ». Comme elle est perfide, comme elle a trompé tous les hommes, elle sera le lieu du conte et permettra à l’histoire de se développer. Pour la faire taire, elle est gardée dans une « demeure au fond de l’océan, cet océan qui ne cesse de se fustiger de ses vagues mugissantes! ».

Mais telles les vagues de l’océan revenant sans cesse sur le rivage, les contes reviendront nuit après nuit pour sauver la vie de Chahrazade. « Après avoir cru me vaincre ». La femme a gagné son combat contre l’ifrite, comme elle a gagné son combat contre les deux rois. La morale s’inscrit alors dans les deux dernières lignes du récit « Mais il ne savait pas que dans les secrets du destin, on ne peut ni les changer ni s’opposer à leur accomplissement.

Lorsque la femme veut quelque chose, il n’est personne au monde qui puisse l’empêcher de l’obtenir ». En clausule de cet extrait, cette morale annonce la suite du récit et la transformation de la femme perfide à l’héroïne des contes.

C’est ainsi en plaçant la femme au coeur du récit cadre que le conteur nous informe de la place que cette dernière aura dans les Mille et une Nuits. Tour à tour héroïne et sorcière, elle sera la forme ambivalente qui laissera sa place aux contes. C’est notamment dans la morale que nous comprenons l’ampleur de son rôle et la résonance que celui-ci aura dans la suite du texte.

Au coeur du récit-cadre des Mille et une nuits, cet extrait se place à bien des égards comme précurseur de ce qui va suivre. Grâce à lui, nous apercevons l’immense commode que sera le recueil, commode dans laquelle tous les tiroirs s’ouvriront et se refermeront pour laisser la place au conteur de dévoiler toutes ses histoires.

C’est par la répétition que prennent forme les contes. Mais avant tout, le conteur se présente, comme il présente le cadre merveilleux dans lequel certains contes prendront forme. Enfin, ce récit enchâssé dans le récit cadre permet au conteur de passer le flambeau à la femme, qui sera l’héroïne et la conteuse des Mille et une Nuits.

C’est elle qui délivrera la morale en conclusion de l’extrait. Dans le reste du récit-cadre, le conteur continuera son introduction aux contes des Mille et unes nuits en laissant la place aux animaux, qui, absents de l’extrait proposé, seront aussi le sujet de nombreux récits. Bien préparé à ce qui l’attend, le lecteur et l’auditeur ont toutes les clés pour comprendre et se lancer dans la suite de l’ouvrage.

5 pages tapées à l’ordinateur = 10 pages écrites à la main si vous décidez de recopier ce devoir.

 

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