Image commentaire composé de Texte
Commentaire rédigé de la scène VII de l’Acte I, Les Fausses Confidences, Marivaux, 1737

Commentaire Les Fausses Confidences de Marivaux

Commentaire rédigé de l’acte I scène VII des Fausses Confidences, Marivaux, 1737

Plan détaillé:

I Un stratagème qui se met en place

1) Araminthe dupe

2) Les valets dans la confidence

II Dorante: un prétendant pour Araminthe

1) Un homme de droit

2) Secrètement amoureux d’Araminthe

Le XVIII ème siècle sera celui de l’influence du théâtre italien en France. En effet, la Commedia dell’arte inspirera les plus grands auteurs français, de Molière à Marivaux. Ce genre nouveau fait la part belle aux « zanni », ces servants qui feront tout en leur pouvoir pour se jouer de leurs maîtres. Ces derniers mettront en place de nombreux stratagèmes pour arriver à leurs fins. Dans Les fausses confidences, Marivaux nousprésente Dorante et Araminthe. Le jeune homme aime follement la jeune femme qui ne sait pas qu’il existe. Dorante fait appel à Dubois, son valet, afin de l’aider à se faire introduire chez Araminthe comme homme de droit. Les deux hommes sont aidés de Marton, la servante d’Araminthe. Dans la scène VII de l’acte I, Dorante est présenté à Araminthe pour la première fois. Il faudra alors se demander comment cette présentation sert-elle au stratagème de Dorante et Dubois? Dans une première partie, nous montrerons comment la présentation de Dorante prend-elle la forme d’un stratagème pour introduire le jeune homme chez Araminthe. Dans une deuxième partie, nous verrons quels seront les ressorts de ce stratagème.

Dans une première partie, nous verrons qu’Araminthe est dupe du stratagème que Dorante et Marton ont mis en place pour elle. Marton et Arlequin, l’autre valet, font partie intégrante de la machination qui est en train de se mettre en place. Araminthe est une belle jeune femme que Dorante tente de courtiser. Elle a besoin d’un intendant (quelqu’un qui va régler ses affaires) et une personne de son entourage lui a conseillé quelqu’un. Elle emploie le pronom indéfini « un de mes amis » pour parler de cette personne. Mais elle reste évasive, elle ne dit pas qui est cet ami exactement. Elle s’exprime au passé simple pour montrer l’enchaînement des actions dans le passé, comme on peut le voir dans: « Un de mes amis me parla avant-hier d’un intendant qu’il doit m’envoyer aujourd’hui. ».

Le point virgule qui vient juste après cette phrase produit un basculement, Araminthe s’exprimera désormais au présent, comme onpeut le voir: « mais je m’en tiens à vous ». D’ailleurs, la conjonction de coordination à valeur d’opposition « mais » montre qu’elle ne suivra pas les conseils de cet ami.Araminthe pense décider d’elle-même, et choisir celui qu’il lui plaît. Araminthe pense qu’elle emploiera correctement Dorante, elle dit en effet s’ « il y avait occasion de vousr endre service », elle n’y manquerai pas. Comme elle s’exprime au futur et non au conditionnel, cela souligne que l’emploi de Dorante est une certitude, alors qu’il n’en est rien pour lui.

C’est Marton, la servante d’Araminthe, qui introduit Dorante dans les appartements d’Araminthe. Elle dit à Dorante « Madame vous attend ». Marton répètera« Madame » à chacune de ses répliques, montrant son obéissance sans faille àAraminthe. La servante insiste sur l’honnêteté de sa maîtresse: « Madame n’a qu’une parole ». Dans une pièce qui se nomme « Les fausses confidences », ce lexique d’apparente honnêteté paraît faux. La servante insiste un peu trop sur l’honnêteté de sa maîtresse. Elle poursuit dans le lexique de la vérité avec la réplique « je la reconnais »,précédée par le présentatif « Voilà ». Dans ces répliques très courtes relevant de la stichomythie, Marton se présente comme une servante tout à fait honnête.

Araminthe désigne Marton lorsqu’elle parle des « honnêtes gens sans fortune ». Elle implique totalement sa servante dans la décision de celui qui servira Dorante. A nouveau, le lexiquede l’honnêteté semble hors de propos ici. Elle interpelle en fin d’extrait Arlequin, qui sera le servante de Dorante, comme on peut le voir: « Arlequin, parlez à Madame ».

Araminthe croit vraiment avoir choisi Dorante d’elle-même. Elle ne sait pas que les valets, et surtout Marton, font partie de la confidence. Dorante se présente en effet comme un homme de droit, pourtant secrètement amoureux d’Araminthe. Araminthe demande tout de go à Dorante s’il est « au courant des affaires ». D’ailleurs elle répète ce mot « affaire », la première étant relative au choix de Dorante. Dorante explique dans une réplique que son père était avocat. Il utilise pour cela trois pronoms personnels dans la même réplique, comme on peut le voir « mon père était avocat, et je pourrais l’être moi-même ». Cette exposition sur le personnage montre bien qu’il tente de se mettre en valeur. Néanmoins, on peut remarquer que « je pourrais » est au conditionnel, pas au futur. Cette nuance rappelle que la pièce est aussi faite pour être lue, Araminthe pensera que Dorante souhaite être avocat. Le conditionnel montre ici que nous sommes dans le stratagème: que Dorante devienne avocat, rien n’est moins sûr. Elle considère que Dorante doit réussir, afin qu’il obtienne une « fortune ».

Dès sa première réplique, Dorante laisse croire que « rien ne m’affligerait tant à présent ». Ce conditionnel du verbe « affliger » introduit le doute et la crainte d’être renvoyé après avoir été enfin admis dans les appartements d’Araminthe. La proposition complétive à valeur de complément direct « que de la perdre » montre de façon hyperbolique que les sentiments de Dorante pour Araminthe sont bien présents. Rappelons qu’il s’agit des premières paroles de Dorante à Araminthe: son « zèle » est bien présent. Dorante rappelle « l’honneur » qu’il a à servir une « dame » comme Araminthe. Il se place ici dans la droite lignée des chevaliers courtois du Moyen-âge, le nom « dame » nous le rappelant. Araminthe a d’ailleurs l’air intéressée par Dorante, elle demande son âge sous la forme d’une question directe qui pourtant porte la marque de la négation: « vous n’avez que trente ans tout au plus ». L’adverbe « tout au plus » cherche à atténuer le nombre des années. Les deux amants commencent presque à se rapprocher, Araminthe lançant une phrase au présent de vérité générale « vous avez le temps de devenir heureux » à quoi répond Dorante: « je commence à l’être aujourd’hui, Madame ».

Le stratagème pour que Dorante se place chez Araminthe a fonctionné et Dorante fait ses débuts sur la scène du cœur de la jeune fille. Dans cet extrait qui présente une forme de séduction déguisée, le stratagème prend toute son ampleur, avec l’aide des deux valets, Marton et Arlequin. Nous avons montré dans la première partie comment le stratagème se met-il en place, avant de montrer dans une seconde partie les enjeux d’une telle manipulation. Dans la suite du texte, la situation se renversera et ce sera Araminthe qui prendra les rênes de l’usurpation d’identité, en faisant notamment écrire une fausse lettre au Comte qui souhaite l’épouser à Dorante.

Visitez notre boutique pour plus de cours et de fiches.

Notre Blog

Compte Youtube: @mesfichesdefrancais
Compte Tik Tok: @mesfichesdefrancais

Compte TIk Tok Brevet: @mesfichesdefrbrevet

Instagram: @mesfichesdefrancais

Toutes nos fiches

Notre Blog

Toutes nos fiches