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Commentaire composé Fantaisie Gérard de Nerval extrait du recueil Odelettes, 1831, 3 pages

Commentaire composé de Fantaisie, Gérard de Nerval

extrait du recueil Odelettes, 1831.

Ne pas oublier de rajouter le numéro des lignes pour les citations du texte.

Commentaire rédigé de « Fantaisie» extrait du recueil Odelettes, Gérard de Nerval, 1831.

Plan:

I Un poème lyrique

II Pour un rêve éveillé

Le XIX ème siècle est celui de la modernité. Si les villes se développent et démarrent leur course vers le progrès, la littérature se postera comme à rebours de cette frénésie. En effet, le romantisme, mouvement littéraire célébrant les inspirations anciennes, fera la part belle aux images du Moyen Age et de l’Antiquité. Gérard de Nerval, poète français né en 1809, sera l’un des représentants du mouvement romantique. C’est notamment avec la traduction d’auteurs allemands que l’auteur se distingue. De 1832 à 1853, il compose Odelettes, un recueil rendant hommage au genre de l’ode, typique de l’Antiquité. Gérard de Nerval nous invite à un véritable voyage dans le passé, en nous proposant des tableaux du temps jadis. Dans Fantaisie (1831), un des poèmes du recueil, son inventivité est à son paroxysme. Les thèmes du passé sont les thèmes de prédilection de Gérard de Nerval: légendes anciennes, ambiance médiévale, rêve vaporeux… Mais dans ces quatre quatrains en vers décasyllabiques, comment le poète s’y prend t-il pour faire ressurgir ces images d’un passé qu’il n’a pas connu? Ou plus précisément: comment le lyrisme sert-il à la description du rêve de Gérard de Nerval? Dans une première partie, nous verrons que c’est grâce à la tonalité lyrique du poème que le rêve se fait précis. Enfin, nous verrons dans une deuxième partie les images rêvées que provoque la nostalgie de l’auteur.

C’est d’abord la tonalité lyrique que l’on remarquera de prime abord dans ce poème. La place du « je poétique tient un rôle prédominant dans l’extrait. Mais c’est aussi la nature qui prend une place importante dans le rêve de Nerval.

En effet, la récurrence des pronoms personnels de la première personne est forte: « je », « pour moi », « mon », « je » à nouveau etc. La première personne est présente dans trois quatrains sur quatre. En plaçant la première personne si en avant dans on poème, le poète fait de lui-même et de ses sentiments le principal sujet du poème. Le lecteur rentre dans son intimité, dans ses rêves, dans son coeur. Le lyrisme s’explique aussi par la présence du conditionnel de la première ligne. C’est ce conditionnel qui nous place d’emblée dans le rêve du poète. L’exagération anaphorique du vers 2, « tout Rossini, tout Mozart et tout Weber » nous montre que le poète exagère: son rêve surpasserait toute la musique qu’il aime. Les sensations sont nombreuses, mais imprécises: au vers 7 « je crois voir s’étendre » confirmé par l’adverbe de l’avant dernier vers « peut-être ». Ainsi, la voix personnelle s’implique dans sa vision, faisant le lien entre le présent et le passé fictif.  C’est la musique qui entraîne le poète dans la rêverie du passé.

Le rêve de Nerval évolue dans une nature idéalisée. Toutes les couleurs évoquées dans le poème sont celles du cycle de la vie. Le poète passe du « vert », au couchant « jaunit », qui devient « rougeâtre », et enfin « noir » rappelant le passage des saisons, de la nature qui nait et qui meurt du printemps à l’hiver. Le côté cyclique de la nature qui nait et meurt est rappelé par le verbe « ceint » qui entoure les « grands parcs ». Le substantif « fleurs » en clausule du dernier quatrain nous montre bien le thème floral de l’extrait. On a aussi le lexique de la nature: « coteau », « couchant », « pierre », « parcs », « rivière », « fleurs ». On remarque que les objets ont même des qualités physiques, comme on peut le voir dans la personnification de la rivière « baignant ses pieds », et coulant entre les fleurs.

C’est dans un décor de féérie que le rêve du poète nous transporte, avant de nous faire rencontrer la femme qui anime sa vision.

Dans cette seconde partie, on s’intéressera au trajet que le poète prend pour nous montrer son rêve. Le poème débute par un présentait « Il » qui nous rappelle celui débutant chaque conte de fées « Il était une fois ». Ici, pas d’imparfait mais du présent d’énonciation: « Il est un air ». D’emblée, nous le lecteur est transporté dans le passé, avec la présence très forte d’indicateurs de temps: « très vieux », « rajeunit », « sous Louis XIII ». Nous pouvons remarquer que si les indicateurs de temps sont nombreux, le rêve reste vaporeux et que la vision est imprécise: « sous Louis XIII », « vieux ». La construction du décor se fait en trois s temps, correspondant à chacun des quatrains: d’abord le cadre, puis le château, et enfin la dame à sa fenêtre. Si le point de vue est définitivement interne (présence multiple du « je »), le narrateur se place au dessus du château, comme s’il surplombait ce qu’il voyait. Comme il s’approche, la vision de la dame devient de plus en plus précise.C’est la femme qui est au centre de ce rêve. Les conjonctions de coordination qui encadrent les quatrains s’enchaînent logiquement: « or », « puis », et « puis ». Les images se succèdent. C’est dans le dernier quatrain que la dame apparaît. Cette femme a tout de la princesse des contes de fées. Elle est « blonde », aux « yeux noirs », porte des « habits anciens ». Elle apparaît comme dans un tableau, d’une « haute fenêtre ». Jeune aristocrate, elle ne semble présente que pour le rêve du poète. Le poème construit l’image d’une femme idéale, qui n’existe que dans l’imagination du poète. L’apparition de cette femme constitue le point final de le vision. Elle est le point d’ancrée du souvenir, activée par la musique. Le dernier vers passe ainsi du passé composé « j’ai déjà vue », au présent « je me souviens ». Le rêve est maintenant très clair, visible, possible.

Dans Fantaisie, Gérard de Nerval fait du rêve personnel une caractéristique de sa nostalgie. Activé par la musique, le souvenir s’active dans une introspection toute personnelle de l’auteur. Dans une première partie, nous avons vu que le lyrisme et la nature sublimée participent à la réactivation du souvenir. De plus, c’est dans la description imprécise du lieu et de la femme aimée que le poète nous donne à voir le tableau de son rêve. Cette atmosphère vaporeuse n’est pas sans nous rappeler le poème  plus tardif (1866) Mon rêve familier, de Paul Verlaine, qui commence en ces termes: « Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant. D’une femme inconnue, et que j’aime, et qui m’aime ». Le rêve, exploré au XIX ème siècle par la psychanalyse, est bien l’un des thèmes principaux de la poésie romantique.

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