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Commentaire composé de « Je lui commande absolument… » à « Voilà pour me faire mourir. », Extrait de l’Acte I, Scène 5 du Malade Imaginaire, Molière, 1673, 4 pages

Commentaire Malade Imaginaire, Molière, 1673

Commentaire Malade Imaginaire: commentaire composé entièrement rédigé de  « Je lui commande absolument… » à « Voilà pour me faire mourir. ».

Ne pas oublier de rajouter le numéro des lignes pour les citations du texte.

Commentaire rédigé de l’acte I scène 5 du Malade Imaginaire, de « Je lui commande absolument… » à « Voilà pour me faire mourir. » Molière, 1673. 

Plan:

I Une scène aux nombreux ressorts comiques

II Illustrant les rapports conflictuels d’Argan

Le XVII ème siècle est celui du théâtre en France. C’est en s’inspirant de la comedia dell’arte – genre nouveau venant d’Italie- que les auteurs vont donner un souffle nouveau sur le théâtre français. Parmi eux, Molière, l’auteur favori du roi Louis XIV, sera celui qui s’inspirera le plus de ces types de comédiens: les valets, les maîtres, les belles jeunes filles trouveront tous et toutes leurs places dans ses pièces. En effet, on sait que les valets sont particulièrement impertinents chez Molière, on se rappelle de la scène du sac dans Les Fourberies de Scapin, une pièce précédente: Scapin le valet fait croire à son maître que des hommes viennent l’attaquer, le fait se cacher dans un sac et le roue de coups. Ici, c’est le personnage de Toinette qui joue le rôle du valet impertinent. Le malade imaginaire est la dernière pièce de Molière. Datant de 1673, cette comédie-ballet met en scène un bourgeois hypocondriaque, nommé Argan, qui veut absolument marier sa fille Angélique à un médecin. Malheureusement, cette dernière est amoureuse d’un autre jeune homme, Cléante. Toinette, l’insolente servante d’Argan, s’invite dans cette décision et prend le parti de la jeune fille contre son père. Dans la scène 5 de l’acte I, le ton monte entre Toinette et Argan. Dans quelle mesure cette scène de querelle entre maître et valet a des allures comiques ? Tout d’abord, nous montrerons les ressorts comiques de cette scène avant de nous intéresser au véritable objectif d’Argan: assouvir son rôle de père et de maître.

Tout d’abord, c’est le culot de Toinette qui participe au comique de la scène, même si c’est aussi l’affrontement des deux personnages qui fait rire le spectateur.

C’est l’audace de la servante qui frappe d’emblée le lecteur de cette scène du Malade Imaginaire. D’un point de vue onomastique, Toinette est le diminutif d’Antoinette, lui même la version féminisée d’Antoine, un prénom d’homme. On pourrait donc croire que le combat sera mené d’égal à égal. Mais c’est presque pour la femme d’Argan que Toinette se prend, agissant dans cet extrait comme la mère d’Angélique. C’est bien le sens de sa première réplique, qui répond directement à la première d’Argan: « Et moi, je lui défends absolument d’en faire rien ». On note ici les deux pronoms personnels juxtaposés, insistant sur son avis, sur ce qu’elle pense être le mieux pour Angélique. Ce sera aussi le cas plus loin: « Non! Je ne consentirai jamais à ce mariage! ». C’est ensuite au présent de vérité générale que Toinette s’exprime, faisant de ses énoncés des principes avec la litote portée par la conditionnelle « Quand un maître ne songe pas à ce qu’il fait », elle même selon un parallélisme reprenant la première réplique d’Argan. C’est bien le ton du défi qui est le sien, accentuant l’effet comique de cette dispute entre maître et valet, où ce dernier dépasse les limites de sa fonction. Nous sommes bien dans un comique de situation très marqué. Dans une de ses dernières répliques “Et moi, je la déshériterai, si elle vous obéit » le chiasme ici montre bien que Toinette est en position de force, car elle utilise la rhétorique paternelle pour la retourner contre le père lui-même. La conjonction de coordination « et » et le pronom « moi » montrent que Toinette tient à en rajouter, et ne veut pas avoir le dernier mot. Elle pousse son attitude subversive jusque dans ses derniers retranchements: Toinette reproche à Argan d’avoir choisi pour Angélique, et l’accuse dans la réplique: « Je ne veux point qu’elle épouse votre Thomas Diafoirus ». Ici, la négation syntaxique montre que Toinette affirme encore plus sa position autoritaire et son pouvoir. Elle ne fléchit pas devant Argan, au contraire, elle réplique de plus en plus fortement. Ce déterminant démonstratif sonne comme une critique car il est porteur de tout le reproche qu’adresse Toinette à Argan, lui reproche implicitement de choisir un mari pour sa fille qui lui conviendra à lui. Selon la servante, refuser fait même partie de « son devoir ».

Toinette et Argan s’affrontent dans une joute verbale se déplaçant vers le jeu du chat et de la souris. Très vite, les actions dépassent les paroles. S’il commande « absolument », l‘adverbe choisit est bien celui de l’irrévocable, du choix catégorique sur lequel le personnage ne reviendra pas. Très vite, le maître se met à courir contre Toinette. Il « court après sa servante », comme l’indique la didascalie. Leur poursuite produit une mise en scène comique. Cette deuxième partie reprend un motif farcesque récurrent dans la comédie (et la farce) : la bastonnade (une querelle grotesque et risible entre deux personnages). La mise en scène participe de ce côté farcesque de la pièce. Dans les lignes « Viens, viens, que je t’apprenne à parler », la répétition du verbe « venir » conjugué à l’impératif présent, place la réplique sous le signe de l’injonction, indique que la tension monte. Argan commence à perdre patience et à se mettre de plus en plus en colère. Cette métonymie renvoie ici à la bonne façon de parler pour une servante. Argan perd patience et cherche à corriger sa servante qui fait mauvais usage de son langage. Les injures « chienne! », « pendarde! », « carogne! » relèveront du comique de mots, puisque celui-ci ne va cesser d’insulter Toinette. L’exclamation donne un ton plus intense à l’injure. Argan est vaincu par Toinette, comme le montre la dernière didascalie «  se jette dans sa chaise, étant las de courir après elle » indique la fatigue physique et mentale d’Argan, il abdique. L’ultime insolence de Toinette semble avoir eu raison d’Argan, autant physiquement que moralement. Son entêtement l’a épuisé, comme le témoignent les interjections de douleur (« ah! Ah! »). Cette ultime réplique (« je n’en puis plus ») marque la victoire de Toinette. Cependant, cette victoire n’est que temporaire, car Argan ne renoncera pas à son projet.

Dans une première partie, nous avons montré que le culot de Toinette participe au comique de la scène. C’est aussi l’affrontement des deux personnages qui donne son côté comique à l’extrait. Il est désormais temps de montrer le véritable objectif d’Argan dans cet affrontement: assouvir son rôle de père et son rôle de maître.

Angélique est uniquement désignée par des pronoms, et ce dès le début de l’extrait « je lui commande ». Ce n’est qu’à la fin de l’extrait qu’Argan interpelle sa fille dans une apostrophe, alors que cette dernière est présente sur scène depuis le début. Argan lui demande d’intervenir dans cette dispute farcesque, dans les lignes: « Angélique, tu ne veux pas m’arrêter cette coquine-là ? ». Cette apostrophe et cette interrogation directe traduisent la fatigue physique d’Argan. Celui-ci est las de se battre contre Toinette : non seulement il arrête de courir sur scène mais en plus de cela, il demande à sa fille d’intervenir. Ce à quoi elle lui répond: « Eh ! mon père, ne vous faites point malade ». Dans sa réponse, on voit un écho au titre de la pièce et au trait de caractère d’Argan. Son père lui répond directement; « Si tu ne me l’arrêtes pas, je te donnerai ma malédiction ». Ce chiasme montre que l’attitude subversive de Toinette culmine et fatigue Argan. Il en vient à  menacer sa fille de fatigue.
Mais Argan se révèle être surtout être un maître peu commode. Il essaie par tous les moyens d’assouvir son autorité sur Toinette, mais cette dernière lui tient tête, comme on peut le voir dans la réplique « je lui dis de n’en faire rien ». Dans cette réplique, Toinette défie Argan et ose lui répondre. Nous pouvons observer un parallélisme de construction dans les répliques de Toinette : elle reprend les répliques de son maître. Cela crée un effet de parallélisme comique car elle reprend le phrasé d’Argan. Ainsi, elle se place sur le même plan que lui, et défie son autorité de père (car elle s’insère dans une question familiale) et de maître. Pourtant Argan sait très bien où est sa place, et où est celle de Toinette, comme on peut le voir dans les lignes « Où est-ce donc que nous sommes? Et quelle audace est-ce là à une coquine servante de parler de la sorte à son maître? ». Ces deux interrogations directes à valeur rhétorique témoignent de l’indignation d’Argan quand sa servante lui répond. Le terme de « coquine » caractérise bien Toinette. Observons aussi le déterminant possessif qui produit un effet de possession, et qui crée cet effet de défi. Le défi et l’audace de Toinette contrastent avec la servitude qu’elle doit à Argan. Alors que cette dernière lui répond plus loin: « Et elle m’obéira plutôt qu’à vous »., on peut voir dans cette conjonction de coordination, Toinette rajoute des arguments en sa faveur. Cependant, nous pouvons commenter l’usage de ce verbe qui n’est pas anodin: bien que Toinette semble agir dans l’intérêt d’Angélique en s’opposant à ce mariage, le spectateur comprend que la servante cherche tout de même à avoir un ascendant sur la jeune fille, et à l’amener à obéir. Elle est donc bien consciente de l’ascendant de son maître sur elle, malgré sa victoire toute relative sur lui dans la fin de l’extrait.

Dans une première partie, nous avons montré que l’audace de Toinette participe au comique de la scène, dans la pure tradition de la comedia dell’arte: le maître bat son valet. C’est pour assouvir son rôle de père et son rôle de maître qu’Argan doit se battre. On remarque qu’il est le seul homme du passage, les femmes étant ici en position de force, comme ce sera le cas dans d’autres pièces de Molière, L’Ecole des femmes par exemple.

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