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Commentaire Candide, Chapitre XII, Voltaire

 

Commentaire rédigé de « L’aga, , qui était un très galant homme…» à « … la loi de la guerre » Extrait de Candide, Chapitre XII, Voltaire, 1759. 

 

Ne pas oublier de rajouter le numéro des lignes pour les citations du texte.

Commentaire rédigé de « L’aga, , qui était un très galant homme…» à « … la loi de la guerre » Extrait de Candide, Chapitre XII,

Voltaire, 1759.

Plan détaillé:

I Un plaidoyer contre les conflits armés et l’obscurantisme religieux

II Une critique satirique de l’optimisme

Le XVIII ème siècle sera celui de la raison. C’est en effet à ce moment-là de l’histoire de France que les philosophes, écrivains et penseurs se rebellèrent contre la société d’Ancien régime (Louis XIV, XV, XVI). Cette rébellion s’organise sous la forme d’un mouvement littéraire: le mouvement des Lumières. Les membres de ce mouvement développeront dans des salons des groupes de discussion amenant des idées nouvelles sur la façon d’organiser la société. C’est la raison qui triomphera de l’obscurantisme religieux. Parmi les auteurs des Lumières, Voltaire se fera le porte-parole de la défense des droits humains et de la pensée éclairée. C’est notamment dans la forme du conte philosophique que cet écrivain excellera. Ce genre nouveau est un genre court, didactique, fait pour être compris de tous. Dans des œuvres comme Zadig, l’Ingénu, Zaire, Voltaire prendra utilisera ses héros pour faire passer ses idées. Cette transmission trouve son apogée dans Candide. Jeune homme naïf, optimiste, Candide découvre le monde avec son maître Pangloss. Dans le chapitre XII, le héros relate l’aventure d’un groupe de religieuses pendant un conflit armé. Ces femmes relatent un événement traumatique qui pourtant nous permet de voir les véritables cibles de Voltaire. Comment? Par quel tour de force l’auteur nous donne- t-il à voir un plaidoyer contre les conflits armés et les religions obscures tout en nous livrant un récit plaisant à lire? Avant de montrer les pointes d’espièglerie et de pédagogie qui rendent la plume de Voltaire si reconnaissable dans une seconde partie, nous montrerons dans une première partie le véritable plaidoyer contre la guerre et l’obscurantisme religieux que l’auteur nous livre.

Il est désormais temps de montrer comment Voltaire s’y prend pour nous livrer un plaidoyer contre les conflits armés et l’obscurantisme religieux.

La scène relatée par les religieuses se passe lors d’un temps de guerre, dans un “petit fort”, “gardé par deux eunuques et vingt soldats”. Les soldats sont tués sans la moindre hésitation, comme nous le montre l’adverbe “prodigieusement”. La stratégie militaire est celle de la “famine”, cette tactique cruelle consistant à affamer l’adversaire. Il n’y a pas ici de combat d’honneur comme on l’aurait eu dans les romans de chevalerie. Le combat décrit n’en est en fait pas un. Le siège dure, “les vingt janissaires avaient juré de ne jamais se rendre”. Ce n’est que la faim qui justifie les actions des militaires comme le montre le texte avec le champ lexical de la nourriture comme par exemple: “les ennemis voulurent nous prendre par famine”, “les extrémités de la faim”, “manger”, “ils résolurent de manger”, “bonne chère”, “fait le repas”. Mais cette faim ne peut pas justifier un acte si cruel, et ce qui va arriver aux religieuses n’est pas justifié: c’est en cela que Voltaire critique le choix de l’imam. Rappelons que Voltaire milite pour la raison, pour la justification, les ordres arbitraires n’ont pas lieu d’être et sont soumis à critique dans les œuvres de l’auteur. La “loi de la guerre” apparaît comme absurde et inhumaine.

Voltaire critique aussi la religion musulmane et le fanatisme religieux. C’est en effet l’imam qui décide des mutineries. C’est l’imam qui est d’abord critiqué, dans avec les qualificatifs “très pieux et très compatissant”. Compatissant signifie qui a de l’empathie, et qui est complètement antinomique avec ce qui arrive aux soeurs. Il leur fait “un beau sermon”, ici Voltaire utilise le vocabulaire chrétien: cette religion sera ainsi critiquée par l’auteur. Le religieux réussit à persuader les militaires de ne pas tuer les sœurs “tout à fait”. Les soins apportés par l’imam ne sont pas efficaces, les sœurs sont traitées comme des enfants venant tout juste d’être circoncis. Les religieuses sont consolées: le Ciel vous sera gré d’une action si charitable et vous serez secourus… ”.

Nous avons montré comment Voltaire s’y prend pour nous livrer un plaidoyer contre les conflits armés et l’obscurantisme religieux. Il est désormais temps de percevoir l’ironie et l’humour grinçant de Voltaire dans ce texte: sa véritable cible est l’optimisme.

En effet, c’est dans un récit plaisant à satirique que Voltaire nous montre les véritables cibles de ce texte.

Avant toute chose, rappelons ces mots de Mme de Stael: « Voltaire et sa gaieté infernale ». C’est bien de cette «gaité » dont il est question dans ce texte. Tout d’abord, le passage débute par un compliment sur l’aga. Ce « très galant homme » sera le responsable des malheurs de la vieille, c’est donc avec une certaine ironie que la vieille femme le désigne. Les adverbes sont au service de l’exagération « prodigieusement ». C’est avec humour que la vieille dame utilise l’euphémisme « ils nous le rendirent fort bien ». Les actions du récit s’enchaînent au passé simple: « pardonna », « resta », « voulurent », « résolurent ». A nouveau avec ironie, elle relate que l’imam indique de ne pas les « tuer tout à fait «, dans une litote relevant le sadisme de l’homme. Comme elle relate les paroles de l’iman, on peut imaginer qu’elle mime la scène à Candide, le véritable interlocuteur de ce passage, accentuant l’ironie et la critique. L’opération est qualifiée d’ »horrible », euphémisme quant à la barbarie de l’acte. La vieille religieuse fait même preuve d’humour « on nous appliqua le même baume qu’on mit aux enfants qu’on vient de circoncire ». Le détachement de la vieille femme quant à l’aventure qu’elle relate nous prouve bien le cynisme de Voltaire dans ses paroles.

Car c’est dans l’ironie de cette narration que l’on observe la véritable voix de Voltaire et que la critique nous est permise. Comme ce récit parait exagéré « on tua prodigieusement des Russes » grâce à des procédés comme l’hyperbole, le lecteur saisit d’emblée la critique de Voltaire. L’indéfini « on » ne vise pas de coupable en particulier. C’est véritablement contre la croyance selon laquelle le Bien règne sur Terre, contre cet optimisme que se bat Voltaire. En effet, les tords sont partagés, et chaque armée fait autant de morts d’un côté comme de l’autre. Le mouvement est général, les religieuses vont avec l’aga et « tout son sérail », étant reléguées au rang de prostituées. Comme « les vingt janissaires avaient juré de ne se jamais rendre », le siège doit se tenir et leurs espoirs sont réduits à néants, comme le sont ceux des femmes qui finissent par être mangées. La mutinerie ne suffit pas, le combat reprend et les Russes arrivent au fort. Les femmes sont libérées, et alors qu’enfin l’optimisme pourrait triompher, le chirurgien français fait des avances à la religieuse: « je me souviendrai toute ma vie que, quand les plaies furent bien fermées, il me fit des propositions ». Peu importe l’issue du combat, victoire ou perte, le mal réapparait toujours et la plume acerbe de Voltaire ne perd rien de son cynisme.

Comme nous l’avons montré, le récit de la religieuse à Candide sert à Voltaire pour livrer un plaidoyer contre les conflits armés et l’obscurantisme religieux. Mais c’est aussi dans un récit plaisant à satirique que Voltaire nous montre la véritable cible de ce texte: l’optimisme. C’est ce même optimisme qui sera critiqué lorsque Candide et son valet Cacambo se rendront en Eldorado, au chapitre XVIII de l’ouvrage éponyme.

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