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Commentaire composé du Chapitre 57 de Gargantua, Rabelais, 1534.

Commentaire composé abbaye de Thélème

Devoir entièrement rédigé du Chapitre 57 de Gargantua, Rabelais, 1534.

 

Ne pas oublier de rajouter le numéro des lignes pour les citations du texte.

Commentaire rédigé de

« Toute leur vie…» à « …premiers temps de leur noces.»

 Extrait du chapitre 57 de Gargantua, Rabelais, 1534.

Plan détaillé:

I La description d’une société harmonieuse

II Une utopie humaniste

Le XVI ème siècle est celui de l’audace. Si le Moyen-âge avait négligé le grec, les auteurs du XVI ème siècle feront la part belle à cette langue et à ses textes. Ce trait sera d’ailleurs l’une des principales caractéristiques de l’humanisme. Ce mouvement littéraire mettra un point d’honneur à développer une idée de « l’honneur de l’homme » (dignitas hominis). S’opposant à toute forme de dogmatisme et cherchant à faire rire le lecteur, Rabelais, figure littéraire du XVI ème siècle, sera avec Erasme l’un des principaux représentants de l’humanisme. Dans Gargantua, l’auteur utilise les personnages des géants pour illustrer les tords et les vices des hommes. Dans le chapitre 57, la guerre contre le tyran Piccrochole est terminée. La victoire est en partie due au secours de Frère Jean. Pour le remercier de son aide, Gargantua lui fait don d’une abbaye. Le moine est libre d’y faire régner les principes qu’il souhaite. Dans la description de cette abbaye, Rabelais en profite pour nous livrer ce qu’il considère comme une société idéale. C’est le principe de l’utopie, genre hérité de Thomas More, écrivain britannique de l’époque de Rabelais. Il faudra donc se demander comment l’abbaye de Frère Jean véhicule t-elle les principes humanistes? Dans une première partie, il faudra montrer que c’est parce qu’ils vivent en harmonie que les moines sont si heureux. Ensuite, nous verrons dans une deuxième partie que c’est dans les valeurs qui imprègnent l’abbaye que la doctrine humaniste se développe le plus.

La société que décrit Rabelais dans l’abbaye de Thélème est une société où règnent la paix et l’entente entre les moines, d’abord parce que les moines sont des êtres raffinés, puis parce qu’ils vivent dans un environnement permettant le développement du raffinement.

Leurs habitudes sont décrites grâce à l’imparfait de description « ils sortaient du lit… buvaient, mangeaient ». L’énumération des verbes à l’imparfait montre à quel point les activités quotidiennes des moines rythment leur quotidien. Les subordonnées circonstancielles de temps « quand bon leur semblait » et « quand le désir leur venait » encadrent cette énumération. Le temps de l’abbaye est le leur. Le futur « voudras » de la devise de l’abbaye de Thélème le montre bien: leur plaisir est la seule ligne directrice de leurs vies. D’ailleurs « nul », pronom indéfini, ne pourra leur dire le contraire. Cette devise contraste avec les règles de vie très rigoureuses des abbayes de l’époque. Ce pronom « nul » contraste avec le pronom « tous » qui caractérise tous les moines. Les femmes vivent dans l’abbaye, comme on peut le voir dans la fin de l’extrait: « jamais on ne vit des dames si élégantes ». Les moines peuvent donc se marier, ce qui leur garantit amitié et compagnie. Mais on peut voir que cette description de l’activité des moines sert aussi à critiquer les modèles en place. Ici, l’individu n’est pas réglé par un cadre de vie stricte, il est maître de lui même et c’est ce qui fait que l’harmonie règne à Thélème.

La société de l’abbaye est une société raffinée. Les moines sont des aristocrates, ils sont « bien nés, bien éduqués ». Ce parallélisme montre l’insistance de ces termes. Les montures des moines sont de très beaux chevaux, comme on peut le voir: « de belles haquenées, avec leur fier palefroi », leur poing est « joliment ganté ». Tous les moines ont des activités à la fois intellectuelles et sportives « ils étaient tous si bien éduqués », ils savent tous « lire, écrire, chanter, jouer d’un instrument de musique », ils sont « habiles à pied et à cheval ». Parce qu’ils prolongent les idéaux courtois du Moyen-Age, les moines sont présentés comme des hommes complets. Ils cherchent à atteindre l’idéal de l’homme humaniste. Pour insister sur leur aspect exceptionnel, Rabelais utilise l’adverbe « jamais » suivi d’une négation et d’un superlatif: « jamais on ne vit plus… ». Dans cet extrait, on retrouve toutes les figures de l’exagération comme par exemple l’hyperbolique « parler cinq à six langues », ou encore la répétition de le conditionnelle  « si on disait », et enfin l’accumulation « un épervier, un lanier ou un émerilllon ». Thélème est présentée comme la cité idéale.

Mais la description de l’abbaye de Thélème est surtout l’occasion pour Rabelais de montrer une utopie humaniste. Les principes de base en sont le libre arbitre et l’éducation.

C’est parce qu’ils s’occupent des autres que les moines vivent heureux: « pour faire tous ce qu’ils voyaient plaire à un seul ». Le libre arbitre qui règne et qui est le principe de l’abbaye est l’antithèse des principes monastiques de l’époque. C’est Gargantua qui en a décidé ainsi, comme on peut le voir « Ainsi en avait décidé Gargantua ». Il n’y pas de « règlements ». On peut voir aussi que la vertu exercée par les moines s’inscrit dans l’opposition du « vice » et de la « vertu » dans le deuxième paragraphe. Dans le deuxième paragraphe, l’auteur prend la parole pour nous dire au présent de vérité générale débutant par la circonstancielle de temps « quand ils sont affaiblis et asservis ». Cette opposition contraste bien avec la suite du texte: « ils utilisent ce noble penchant ». Le narrateur prend parti, il est contre « ce qu’on lui refuse ». Les adverbes « naturellement » et « vertueusement » vont de pair: la vertu est naturelle pour l’homme. On voit bien les idées humanistes traduites dans cet extrait.

C’est l’éducation qui fait de Thélème un lieu véritablement humaniste. L’apprentissage est artistique et intellectuel: « aucun ou aucune d’entre eux qui ne sût lire, écrire, chanter, jouer d’instruments de musique ». Cette énumération de verbes à l’infinitif le montre bien, les habitants de l’abbaye de Thélème sont éduqués. Néanmoins, les moines restent des moines, et même si leurs vies sont réglées par la religion, Rabelais rappelle l’intérêt d’une vie intellectuellement riche. On reconnait ici les principes de l’éducation en tant que base d’une nouvelle société: les principes à Thélème sont bien ceux de la Renaissance.

Cet extrait de Gargantua se situe à la suite de la guerre contre le tyran Piccrochole. C’est après ce temps de guerre que l’auteur nous invite à un temps de paix et de prospérité. Les moines de l’abbaye vivent dans une micro société dans laquelle règnent la paix et l’entente entre eux. Ils sont raffinés et leur environnement l’est aussi. Le texte laisse la parole à Rabelais: ce dernier montre l’intérêt de l’humanisme. Le libre arbitre et l’éducation rendent la société plus conforme à l’utopie qu’il décrit ici. L’utopie est l’un des moyens pour faire passer un message, concernant généralement les manquements des sociétés. En effet, la critique n’est jamais loin, et comme Rabelais, Voltaire, auteur du XVIII ème siècle, en donnera l’exemple dans Candide, lorsque son héros visite le pays de l’Eldorado.

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