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Acte II scène 8 Malade Imaginaire Etude linéaire

Ne pas oublier de rajouter le numéro des lignes pour les citations du texte.

Etude linéaire de l’acte II scène 8 du Malade Imaginaire, de « Qu’est-ce que vous voulez… » à « Je n’en puis plus. » Molière, 1673. 

Plan:

1er mouvement: L’interrogation d’Argan (jusqu’à « Assurément »)

2 ème mouvement: La punition d’Argan (d’ « Assurément » à « vous mentez »)

3 ème mouvement: L’aveu de Louison (de « vous mentez » à la fin »).

Le XVII ème siècle est celui du théâtre en France. C’est en s’inspirant de la comedia dell’arte – genre nouveau venant d’Italie- que les auteurs vont donner un souffle nouveau sur le théâtre français. Parmi eux, Molière, l’auteur favori du roi Louis XIV, sera celui qui s’inspirera le plus de ces types de comédiens: les valets, les maîtres, les belles jeunes filles trouveront tous et toutes leurs places dans ses pièces. En effet, on sait que les valets sont particulièrement impertinents chez Molière, on se rappelle de la scène du sac dans Les Fourberies de Scapin, une pièce précédente: Scapin le valet fait croire à son maître que des hommes viennent l’attaquer, le fait se cacher dans un sac et le roue de coups. Ici, c’est le personnage de Louison, la fille d’Argan qui est impertinente. Le malade imaginaire est la dernière pièce de Molière. Cette comédie-ballet de 1673 met en scène un bourgeois hypocondriaque, nommé Argan, qui veut absolument marier sa fille Angélique à un médecin. Mais elle est amoureuse de Cléante. Ce dernier s’est introduit dans sa chambre et Argan vient de l’apprendre. Il interroge donc Louison, la soeur d’Angélique, pour en savoir plus. Malheureusement, l’interrogatoire tourne mal et nous donne à voir toute une gamme d’éléments comiques qui feront rire le spectateur. Comment? Comment, dans cette scène de dispute, Molière nous laisse t-il voir tous les ressorts comiques du personnage d’Argan. Afin de répondre à ce projet de lecture, nous répondrons en trois mouvements à cette question. Le premier mouvement verra l’interrogation d’Argan, le deuxième sa punition et enfin l’aveu de Louison.

1er mouvement: L’interrogation d’Argan (jusqu’à « Assurément »)

  • Louison est la fille d’Argan.
  • La première interrogation est une interrogation directe. Louison s’adresse en termes affectueux à son père, usant du pronom possessif « mon ». Elle utilise aussi le pronom possessif « Ma » pour parler de sa belle-mère. Louison utilise les affectueux « papa » et « belle-maman ». La complétive « que vous me demandez » donne des circonstances sur l’appel du père.
  • Le parallélisme « venez ça » et « avancez, là » donne des ordres clairs à l’impératif. Les ordres se poursuivent « Tournez-vous, levez les yeux ». C’est une véritable osculation, qui rappelle les relations entre Argan et les médecins: il y a donc comique de situation. La réplique d’Argan se termine par un exclamatif « Eh! ».
  • Louison continue par un pronom interrogatif au sein d’une phrase non verbale: « Quoi, mon papa? »
  • Louison et son père enchaînent les stichomythies, dans un jeu qui rappelle leur complicité.
  • L’interrogative négative rhétorique « N’avez-vous rien à me dire? » indique qu’Argan soupçonne Louison.
  • La jeune fille botte en touche et répond de manière provocante au futur « Je vous dirai » et au moyen de la conditionnelle « si vous voulez ». Elle cite deux textes bien connus qui rappellent pourtant son jeune âge. La référence à Peau d’Ane rappelle l’amour extrême d’un père pour sa fille et les mauvaises intentions que ce dernier peut avoir pour elle. La référence au corbeau et au renard de La Fontaine est ici une référence aux flatteurs: on pensera à M. Diafoirus et à son fils, qui viendront flatter Argan, ou encore à tous ceux qui se jouent de lui dans la pièce.
  • Argan répond par la négation totale: « Ce n’est pas ce que je demande ».
  • La référence à La Fontaine se poursuit dans l’usage de l’adjectif « rusée » qu’utilise Argan pour parler de sa fille.
  • Louison avoue et demande pitié grâce à l’usage de l’affectif « Mon papa ».
  • Trois interrogations vont suivre. Dans la dernière Argan laisse planer le suspens sur l’objet de la réprimande au moyen de l’adverbe « tout ».
  • La jeune fille répond à deux reprises par l’adverbe « Oui », et par l’affectueux « mon papa ». Elle poursuit au passé « suis venue » comme pour se justifier d’une mauvaise conduite.
  • L’insistance des questions d’Argan continue au moyen de la périphrase « rien vu » qui désigne la faute de Louison que le lecteur ou spectateur ne connait pas encore.
  • A la réponse négative Louison Argan pose une autre question sous forme d’adverbe « Non? ».
  • Les adverbes « Assurément » sont répétés, participant au comique de mots.

2 ème mouvement: La punition d’Argan (d’ « Assurément » à « vous mentez »)

  • La patience d’Argan atteint sa limite avec l’exclamatif « Oh çà! ». Le pronom personnel « Je » replace l’attention sur lui. La didascalie nous indique qu’il se dirige vers des instruments pour battre sa fille. Ce mouvement participe au comique de geste.
  • Les nombreuses exclamatives des lignes suivantes montrent la réticence et l’opposition de Louison. Argan appelle Louison « petite masque », rappelant le déguisement de Cléante en maître de musique. L’allitération en « v » rappelle les gestes qui pleuvent autour de Louison.
  • La jeune file avoue et se justifie au moyen de la conjonction de coordination « Mais » qui implique que Louison a changé d’avis et souhaite dénoncer sa soeur.
  • Argan reprend son rôle de père et organise la suite des évènements avec l’adverbe « premièrement », et « puis ».
  • Louison implore qu’Argan ne lui sonne pas le fouet au moyen de de l’impératif négatif. Les remarques d’Argan sont terminées par des points, alors que celles de Louison se terminent par des points d’exclamation, insistant sur l’aspect insensible d’Argan.
  • La jeune fille souhaite ensuite jouer sur la corde sensible d’Argan grâce au comique de geste. La didascalie nous indique qu’elle se jette à terre pour se faire « morte ».
  • Argan répond par des exclamations « Holà! », et des interrogations « Qu’est-ce là? ». L’homme pense qu’il est arrivé quelque chose à sa fille, il dit « ma pauvre fille est morte ». Il répète à quatre reprises son prénom.
  • Louison cesse sa comédie en calmant son père au moyen d’une double négation « ne pleurez point tant ». L’adverbe « tout à fait » permet de comique de situation.
  • Argan reprend le contrôle de la situation au moyen de l’interrogative directe « Voyez-vous la petite rusée? » et n’oublie pas son objectif de base: savoir ce qu’il s’est passé.
  • Louison s’exprime par l’adverbe « oui » et use la possessif « mon papa » pour replacer la discussion sous le signe de l’affection.

3 ème mouvement: L’aveu de Louison (de « vous mentez » à la fin »).

  • Elle explique qu’un homme est venu dans la chambre de sa soeur. Elle introduit deux autres personnages dans la discussion, Angélique et l’homme mystérieux.
  • Le COD « ce qu’il demandoit » nous indique que Louison s’est renseignée sur son identité. Les paroles rapportées rendent vivant son récit.
  • Le dialogue à trois se poursuit dans les lignes suivantes notamment au moyen de l’incursion du discours direct que l’on remarque avec la ponctuation.
  • Les interrogations d’Argan sont toujours les mêmes, sous forme d’anaphores: « Et après? » rendant le personnage très enfantin, tel un enfant qui souhaite connaître la suite de l’histoire.
  • Le présentatif ‘Voilà » introduit la métaphore sur « le petit doigt » qui montre bien qu’Argan se doute de quelque chose. L’effet est renforcé par le comique de geste induit par la didascalie « Il met son petit doigt à son oreille ».
  • Louison rentre dans le jeu et personnifie le doigt d’Argan en le traitant de « menteur ».
  • Argan répète à deux reprises le terme « garde » dans sa dernière réplique, rappelant à la fois à Louison de surveiller la maison mais aussi de bien se tenir. Argan désespère de ne plus avoir « le loisir de songer à sa maladie ». L’emploi du terme « loisir » rappelle son hypocondrie.

Dans un premier mouvement, nous avons montré que l’interrogatoire d’Argan. Dans un second mouvement, nous avons analysé la punition d’Argan avant de montrer l’aveu de Louison. Le dénouement est temporaire: Lison a gagné. Nous pouvons remarquer que la réplique montrant le désespoir d’Argan « je n’en puis plus », clôt aussi la scène 5 de l’acte I. Cette façon d’abdiquer semble familière au personnage, ce qui provoque un élément comique qui fera rire sa famille et le spectateur.

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