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Acte I scène VI île des esclaves marivaux étude linéaire

Acte I scène VI île des esclaves marivaux étude linéaire. Ne pas oublier de rajouter le numéro des lignes pour les citations du texte.

Etude linéaire de l’acte I scène VI de L’île des esclaves, de « Qu’on se retire à dix pas… » jusqu’à « … partis pour eux » Marivaux, 1725:

Plan détaillé:

1er Mouvement: Un jeu galant

2 ème Mouvement: Les ordres de Cléanthis

3 ème Mouvement: La critique des maîtres

Le XVIII ème siècle sera celui de l’influence du théâtre italien en France. En effet, la Commedia dell’arte inspirera les plus grands auteurs français, de Molière à Marivaux. Ce genre nouveau fait la part belle aux « zanni », ces servants qui feront tout en leur pouvoir pour se jouer de leurs maîtres. Ces derniers mettront en place de nombreux stratagèmes pour arriver à leurs fins. Dans L’île des esclaves, Marivaux nous présente une situation hors du commun. Cléanthis et Arlequin, une servante et un valet, se retrouvent sur une île déserte avec leurs maîtres. Ils se prennent alors pour eux et n’hésitent pas à prononcer des critiques à leurs égards. Comment cette critique se déploie t-elle? Afin de répondre à ce projet de lecture, nous découperons le texte en trois mouvements. Le premier montrera le jeu galant de Cléanthis et Arlequin. Le deuxième mouvement révèlera les directives de Cléanthis. Enfin, le dernier mouvement verra la critique de leurs maîtres se mettre en place.

1 er mouvement: Un jeu galant

• La première réplique d’Arlequin donne un ordre. Ce dernier ordonne à Iphicrate de « se retirer » de le laisser seul. Cette réplique peut paraître comique comme les personnages sont sur une île déserte qui ne permettra pas beaucoup d’intimité.

• La réplique d’Arlequin à Cléanthis est une interrogative partielle, avec inversion du sujet. Cette inversion est le signe d’un langage soutenu. Arlequin parle de « la clarté du jour ».

• Cléanthis réplique avec un verbe d’état et un attribut du sujet accompagné d’un superlatif « le plus beau temps du monde ». La jeune femme qualifie le jour de « tendre », nous laissant voir une personnification du jour.

• Arlequin répond sur le ton de la badinerie, dans une interrogation totale: « un jour tendre? ». Il se qualifie de « tendre » au moyen de la comparaison du verbe « ressembler ».

• Cléanthis répond par une interrogation partielle introduite par le pronom interrogatif « Comment ».

• Arlequin fait fi du registre soutenu en jurant « Eh! Palsambleu ». Le « sang bleu » est une périphrase pour désigner la noblesse. Il donne dans le comique lorsqu’il répète les onomatopées « oh, oh, oh! ». Ici Arlequin se fait presque bouffon.

• Cléanthis le fait revenir à la raison en lui reprochant ses manières au moyen de l’interrogation partielle: « Qu’avez-vous? ». Elle lui reproche de « défigurer » la « conversation »: le lecteur comprend que les deux jeunes gens ne sont pas nobles et qu’ils jouent un rôle.

• Arlequin la rassure au moyen de la négation totale « Ce n’est rien ».

2 ème Mouvement: Les ordres de Cléanthis

• Cléanthis continue de donner des ordres à Arlequin et souhaite rester dans son rôle. Elle décrit une situation qui serait celle qui arriverait si Cléanthis et Arlequin étaient nobles. Elle lui décrit ses gestes « vous me dîtes », puis « je vous dispense ».

• Arlequin répond en commentant son propre geste: « Et moi, je vous remercie de vos dispenses ».

• Cléanthis s’adresse à Arlequin au futur « Vous m’allez dire » avec une subordonnée complétive COD « que vous m’aimez ». La jeune fille répète à deux reprises « dîtes ».

• Arlequin est vexé et demande à l’aide de l’interrogative « Faut-il m’agenouille? ». Il joint le geste à la parole comme nous l’indique la didascalie. Il utilise la métaphore du feu pour communiquer l’idée d’une passion qui brule.

• Cléanthis enchaine les interrogations dans la réplique suivante, ce qui traduit son agacement. Elle qualifie le comportement d’Arlequin comme « étrange ».

• Arlequin rit dans la réplique suivante. Il enchaine les onomatopées « Ah, ah, ah ». Il révèle sa véritable identité, celle d’être un valet, en se moquant de ses « patrons ».

• Mais Cléanthis ne veut pas redevenir servante et reproche à Arlequin de « gâter tout ». Elle désigne leur déguisement, leur mise en scène au moyen de la périphrase « tout ».

• Arlequin se montre calculateur dans la réplique suivante: il pense voir clair dans le jeu de Cléanthis. Il lui reproche de ne pas l’aimer.

• Cléanthis répond par un simple pronom exclamatif « Quoi? » traduisant son rang social et sa surprise.

3 ème Mouvement: La critique des maîtres

• Arlequin reproche à Cléanthis de ne pas l’aimer, sinon « comme le grand monde ».

• Les deux valets continuent leur mise en scène dans une mise en abyme, quand ils se demandent l’un l’autre « Comment trouvez vous mon Arlequin? » et « Comment trouvez vous ma suivante ».

• En décrivant Cléanthis comme « friponne » Arlequin introduit un jeu de séduction encore plus présent qu’auparavant.

• Arlequin caricature les jeux de ses patrons en donnant un ordre à « sa ». Ainsi il se place dans le rôle de son maître.

• Cette situation plait à Cléanthis qui lui répond qu’elle « rit assez ». Dans cet extrait, Marivaux développe l’un de ses thèmes les plus développés: le travestissement. Cet outil lui donne des possibilités scénaristiques comiques très fortes. Dans ces trois mouvements, nous avons expliqué comment la critique sociale se cache t- elle derrière la pure comédie et le travestissement. En effet, sous le jeu se cache bien la critique sociale qu’on retrouve dans d’autres pièces du XVIII ème siècle comme Le Mariage de Figaro, de Beaumarchais.

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